| identifiant | CG10-23650.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1810/05/21 00:00 |
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| titre | Napoléon au général Clarke, ministre de la Guerre |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG10</i> - 23650. - </b>Au général Clarke, ministre de la Guerre</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Ostende, 21 mai 1810</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur le duc de Feltre, j'ai trouvé
à Ostende un colonel du génie[^1]
extrêmement borné. Aucun officier qui connût rien à la place,
aucun nivellement, aucun plan ; le génie des Turcs va mieux.
Les projets proposés pour le fort de Slyckens sont de la dernière
absurdité. Il est très important, 1<sup>o</sup> d'envoyer ici un
officier intelligent ; 2<sup>o</sup> de faire lever la place à
1 200 toises autour, et d'avoir des nivellements pour
l'inondation ; car tout est ignoré ici, de sorte qu'on ne peut
rien déterminer.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Vous recevrez un décret par lequel je
porte à 400 000 francs les fonds pour la place d’Ostende.
Je désire qu’il soit fait un fort fermé à Slyckens. Le fort
Saint-Philippe était bon lorsqu'il couvrait l'écluse. Vous me
présenterez les projets de 2 forts à construire, l'un sur les dunes
du côté de Dunkerque, de 350 à 500 toises de la place, l'autre,
sur les dunes, à 800 toises du fort de Slyckens et à 500 ou 600
toises du bout de la jetée ; et d’un 3<sup>e</sup> fort sur
la digue à 300 toises des dunes et à 250 toises de l'écluse de
chasse, couvert par 300 toises d'inondation.
</p><p style="margin-bottom: 0cm">La place d'Ostende est de la plus haute
importance ; il faut s'occuper sérieusement de la mettre en
parfait état, c'est la clef de la Belgique. Envoyez-y promptement un
officier intelligent. Il n'est pas question à Ostende de craindre un
bombardement. Le port ne peut pas contenir de flotte ou d'escadre
assez importante. C'est la place qu'il faut défendre, parce que, si
l'ennemi en était maître, il pourrait cheminer soit dans la
Belgique soit sur Anvers[^2].
C'est ce qui me porte à désirer avant tout deux forts sur les
dunes, à droite et à gauche, à 4 ou 500 toises des remparts de la
place. Présentez-m'en les projets, ainsi que celui du 3<sup>e</sup>
fort, du fort de l'écluse de Slyckens ; enfin un plan complet
de défense de la place. Je crois donc que trois ou quatre millions y
seront très bien employés.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Ostende a assez d'artillerie en bronze,
mais pas assez de pièces en fer. Je désire, 1<sup>o</sup> que vous
y fassiez envoyer douze pièces de 36 en fer, lesquelles seront
placées sur les demi-lunes et digues, au lieu des pièces de 16, et
autres qui s'y trouvent ; plus 6 mortiers de 12 pouces à la
Gomer ; 2<sup>o</sup> que vous ordonniez qu'on fasse double
plate-forme pour les mortiers à plaque, et trois plates-formes pour
deux mortiers à la Gomer.[^3]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Nap</h3>
[^1]: Le sous-directeur des fortifications pour Ostende est le chef de bataillon Richaud.
[^2]: Au printemps 1810, Napoléon craint un nouveau débarquement anglais sur les côtes de la mer du Nord. Il est très attentif, au cours de son voyage en Belgique, à la défense des places de Belgique et de Hollande.
[^3]: <span></span> Copie d’expédition, S.H.D, Guerre, 17 C 323 (minute, Archives nationales, AF IV 884, mai 1810, n° 131). Extrait [catalogue de vente], Michel Castaing expert, <i>Lettres
Autographes et Documents historiques</i>, Paris, septembre 1997, p. 45, n° 45419. [<i>C </i>16495]</body> |
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