| identifiant | CG10-23621.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1810/05/16 00:00 |
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| titre | Napoléon à Champagny, ministre des Relations extérieures |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG10</i> - 23621. - </b>À Champagny, ministre des Relations extérieures</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Laeken, 16 mai 1810
</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur le duc de Cadore, par le
courrier que vous enverrez en Russie vous pourrez écrire à Berlin[^1]
pour faire connaître à mon ministre que je le laisse maître
d'approuver la rentrée de M. de Hardenberg au ministère[^2],
si les circonstances du pays sont telles qu'elle soit utile à mes
intérêts. Son discours doit être clair. Il ne doit promettre que
ce que je peux tenir. Il doit dire à M. de Hardenberg : « On a
pris des engagements avec l'Empereur ; il veut qu'on les tienne.
On pouvait, dans la guerre d'Autriche, se prévaloir d'une conduite
ferme et loyale, et, en échange, se libérer d'un énorme fardeau.
Qui peut en effet mettre en doute que, quand l'Autriche nous a
déclaré la guerre, si le ministre de Prusse à Vienne eût quitté
cette capitale en disant que son maître avait des engagements
secrets avec l'Empereur, si la Prusse eût mis sur pied 15 000 hommes
pour faire cause commune avec la Saxe et la Bavière, si le roi[^3],
pour montrer sa confiance, fût revenu à Berlin, qui peut douter que
cette conduite franche et loyale de la Prusse, non à l'époque de la
bataille de Ratisbonne, mais avant, n'eût inspiré à l'Empereur des
sentiments de bienveillance, n'eût effacé le souvenir du passé,
mis la Prusse à même de se libérer de sa dette, et n'eût rétabli
son crédit dans les affaires du monde ? Qu'a fait, au lieu de
cela, la Prusse ? Elle a armé, formé des camps, montré de
mauvaises dispositions. Elle a eu les yeux sur la Russie ; elle
a tout fait pour fomenter les troubles en Allemagne ; sa
conduite a été hostile, et une partie de ses troupes a même porté
les armes contre la France. On a poussé la dérision jusqu'à dire
que ces camps étaient pour fournir à l'Empereur les 16 000 hommes
que la Prusse devait joindre à son armée. De là le mépris qu'a
témoigné l'Empereur pour la conduite vacillante de la Prusse. Et
certes l'Empereur a montré de la générosité en laissant après
cela exister la Prusse et en ne l'attaquant point dans la
circonstance actuelle. L'Empereur ne pourrait se justifier, ni à ses
yeux ni aux yeux de personne, s'il se relâchait de ses prétentions.
On fait beaucoup d'éclat des diamants et de la vaisselle qu'on a
vendus : quels misérables moyens que ceux-là, quand on a des
camps inutiles, qu'on lève des chevaux et qu'on fait sans objet
des dépenses militaires qui absorbent les revenus du pays !
Quand la Prusse voudra rétablir son crédit, être une puissance,
avoir de la considération et jouir de quelque félicité, on s'en
apercevra à sa contenance, à la loyauté de sa conduite ; sa
réorganisation intérieure, sa considération extérieure, son
crédit, tout y gagnera ; mais pour cela il ne faut pas qu'elle
nage entre deux eaux, mais qu'elle marche d'un pas ferme et droit. Il
faut que les contributions qu'elle doit soient payées ; et les
moyens existent, puisqu'on emploie tant d'argent à une armée qui
est inutile. »[^4]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Np</i></h3>
[^1]: Asinari de Saint-Marsan.
[^2]: Hardenberg a été rappelé par le roi de Prusse il deviendra officiellement chancelier le 6 juin 1810.
[^3]: Frédéric-Guillaume III.
[^4]: <span></span> Expédition, Archives du ministère des Affaires étrangères, M.D., France, vol. 1785, fol. 66. [<i>C </i>16479]</body> |
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