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CG10-23618.md| identifiant | CG10-23618.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1810/05/16 00:00 |
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| titre | Napoléon à Champagny, ministre des Relations extérieures |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG10</i> - 23618. - </b>À Champagny, ministre des Relations extérieures</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Laeken, 16 mai 1810
</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur le duc de Cadore, après avoir
pris connaissance des dépêches de Stockholm, je désire que vous
envoyiez sur-le-champ à Stralsund[^1]
un consul ou vice-consul[^2] ;
que vous demandiez par écrit que le séquestre soit mis sur toutes
les marchandises coloniales qui existent dans la Poméranie,
déclarant qu'à défaut de cela le traité fait avec la Suède se
trouvera annulé[^3].
</p><p style="margin-bottom: 0cm">Donnez ordre que mon ministre en Suède,
Alquier[^4],
ne parte pas, et envoyez un courrier à Stockholm pour porter l'ordre
à mon chargé d'affaires[^5]
de présenter une note, en déclarant que, si, sous cinq jours, il
n'a pas obtenu satisfaction, il repassera en France, et que le traité
sera par-là annulé. Par cette note le sieur Désaugiers<sup>
</sup>demandera : 1<sup>o</sup> que le ministre ou consul
anglais soit renvoyé de Suède, et que le ministre suédois à
Londres soit rappelé ; 2<sup>o</sup> que les marchandises
coloniales sur bâtiments suédois ou autres qui aborderaient en
Poméranie soient séquestrées ; 3<sup>o</sup> que
Fauche-Borel[^6]
et tous autres agents de la même clique soient arrêtés et me
soient livrés ; 4<sup>o</sup> que tous les Suédois qui portent
la croix de Saint-Louis soient tenus de la quitter, ainsi que toute
autre décoration appartenant à l'ancienne France ; que mon
intention est de faire la guerre à la Suède plutôt que de souffrir
d'être ainsi outragé chez elle. Vous chargerez le consul que vous
enverrez à Stralsund de requérir le séquestre de toutes les
marchandises anglaises qui se trouvent en Poméranie, et de déclarer
qu'à défaut d'obtempérer à cette réquisition j'y ferai entrer
10 000 hommes pour en prendre possession.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Après avoir expédié votre courrier à
Stockholm, vous passerez une note au ministre
suédois à Paris[^7],
dans le même sens, vous lui ferez connaître que je ne suis pas
accoutumé à faire des traités qui ne s'exécutent pas ; que
la Suède a été sincère ou de mauvaise foi avec moi ; que
j'ai été de bonne foi et que j'en suis mal récompensé ; que
j'ai rendu la Poméranie pour faire une chose agréable au roi[^8],
et non pour la voir devenir l'entrepôt et le débouché du commerce
anglais[^9].
Vous l'inviterez à envoyer un courrier extraordinaire à sa cour
pour lui donner communication de cette note. Vous insisterez pour que
les articles du traité soient exécutés à la rigueur. Vous lui
ferez connaître que j'ai retardé le départ de mon ministre de
Paris ; que mon chargé d'affaires à Stockholm recevra ordre de
demander ses passeports, si, au reçu du courrier, je n'ai pas
satisfaction, et que je regarderai le traité comme nul et rompu.
Cela est urgent. Écrivez à mes consuls dans les ports de
Mecklembourg de faire les mêmes instances, et prévenez mes
ministres en Russie et à Copenhague.[^10]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Napol</i></h3>
[^1]: Principal port de la Poméranie suédoise.
[^2]: <span></span> Ce sera Mahélin. Il sera destitué en 1812. Voir <i>Correspondance
générale</i>, vol. 12, n° 29909, 29954.
[^3]: Le traité de paix entre la Suède et la France du 6 janvier 1810, qui remettait la Poméranie à la Suède en échange d’une participation réelle au blocus.
[^4]: Nommé ministre plénipotentiaire en Suède en mars 1810.
[^5]: <span lang="nl-NL">Désaugiers depuis mars 1810. </span>
[^6]: Napoléon confond ici Louis Fauche-Borel le célèbre espion de Louis XVIII qui vit à Londres depuis 1806 et son frère cadet Pierre François Fauche, imprimeur à Hambourg qui s’était réfugié en Suède à Göteborg.
[^7]: Gustave de Lagerbielke avait négocié le traité de janvier 1810 entre la France et la Suède et avait été appointé comme ambassadeur à Paris.
[^8]: Charles XIII.
[^9]: Article 4 du traité de paix du 6 janvier 1810.
[^10]: <span></span> Expédition, Archives du ministère des Affaires étrangères, M.D., France, vol. 1785, fol. 70. [<i>C </i>16476]</body> |
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