| identifiant | CG10-23553.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1810/05/05 00:00 |
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| titre | Napoléon à Mollien, ministre du Trésor public |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG10</i> - 23553. - </b>À Mollien, ministre du Trésor public</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Anvers, 5 mai 1810
</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur le comte Mollien, je vois dans
votre rapport du 2 que vous pensez que la Banque a trop d'actions et
pas assez de comptables. Je pense comme vous ; mais la raison en
est que la Banque ne remplit pas son titre et reste Banque de Paris
au lieu d'être Banque de France. Je suis intimement persuadé que
200 millions de billets qu'elle mettrait en émission ne suffiraient
pas, si elle voulait remplir le but de son institution avec plus
d'étendue et d'utilité pour les provinces de France. Pourquoi
n'escompte-t-elle pas à Valenciennes, à Cambrai, à Saint-Quentin,
à Lille ? Par exemple, à Saint-Quentin, elle a un
correspondant qui lui envoie le papier qu'il trouve, tous les trois
mois, pour l'escompter à 4 pour 100 ; mais il prend un 1/2 pour
100 de commission pour trois mois, ce qui fait 6 pour 100. À
Valenciennes, la Banque n'a pas de correspondant. À Anvers, elle en
a un qui, depuis six mois, ne fait rien. Il est connu que c'est un
juif, lequel faisait bien escompter à la Banque à 4 pour 100, mais
qui prenait le plus de commission qu'il pouvait. La Banque répond à
cela que, lorsqu'elle reçoit de bons papiers ayant pour troisième
signature celle de son correspondant, elle escompte. Il est facile de
voir combien cette raison est insignifiante. Ayez avec le gouverneur
et le sous-gouverneur de la Banque une conférence pour porter à 200
millions la masse des actions et pour faire mettre en émission les
15 millions qu'elle a en portefeuille. Mes volontés ne sont pas
exécutées quand la Banque a 15 millions d'actions en réserve, au
lieu de les mettre en circulation. Je désire établir l'escompte des
billets à Rome et à Lyon, et avoir quatre autres succursales de
cette espèce. Ces six succursales, l'une portant l'autre, peuvent
soutenir 5 millions de papier ; cela fait 30 millions. Je désire
que, dans les villes de France où il y a une chambre de commerce et
autres qui seraient désignées, ce qui peut aller au nombre de
trente ou quarante, la Banque ait, non un correspondant, mais un
commissaire ; que ce commissaire soit autorisé à prendre du
papier à 4 pour 100, n'ayant d'autre commission qu'un dixième pour
trois mois, selon l'usage adopté dans les villes des départements,
et ne pouvant augmenter l'intérêt de plus de 1/2 pour 100 par an.
On aurait alors de l'argent à volonté à 4 et 1/2 pour 100 par an.
En prenant ces mesures, la Banque aurait bientôt 200 millions
d'actions, et elle remplirait son titre et son but. En Piémont,
l'intérêt est immensément cher ; il y a des manufactures, des
maisons de commerce, et le Piémont seul peut soutenir 20 millions de
papier.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Occupez-vous de cela, et présentez-moi
un projet de décret ou une délibération de la Banque dans ce sens.
Il faut, 1<sup>o</sup> que, dans toute l'étendue de l'Empire, on
trouve de l'argent contre de bonnes valeurs à 4 pour 100 et à 1/2
de commission par an ; 2<sup>o</sup> que toutes les actions de
la Banque soient mises entre les mains des particuliers, et que la
Banque ne puisse, sous quelque prétexte que ce soit, en retenir
aucune, afin d'éviter le jeu d'agiotage auquel participent souvent
les premiers membres de la Banque, qui sont les régents. S'il y a
dans toute l'étendue de mon Empire des provinces où, avec de bons
papiers, on ne puisse se procurer de l'argent à 4 pour 100 et un 1/2
de commission par an, je m'en prendrai à la Banque, qui manquera au
but de son institution, qui ne réalisera pas mes espérances, et qui
perdra ses droits à la faveur que je lui avais accordée en la
faisant jouir d'un si grand privilège.[^1]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Nap</h3>
[^1]: <span></span> Photocopie d’expédition, Archives nationales, fonds Mollien, 132 AP 1. [<i>C </i>16438]</body> |
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