| identifiant | CG10-23523.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1810/04/30 00:00 |
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| titre | Napoléon au vice-amiral Decrès, ministre de la Marine et des colonies |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG10</i> - 23523. - </b>Au vice-amiral Decrès, ministre de la Marine et des colonies</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Laeken, 30 avril 1810</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Je reçois votre lettre du 29 avril.</p><p style="margin-bottom: 0cm">La communication du commissaire
anglais[^1]
avec l'Angleterre, par parlementaire, est de droit commun. Je ne vois
pas de difficulté non plus à ce qu'il communique avec ses parents
et amis qui sont prisonniers en France.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Écrivez à M. de Moustier[^2]
qu'il ne doit remettre aucune note par écrit que la minute ne vous
en ait été soumise et qu'elle ne vous ait été renvoyée
approuvée.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Vous pouvez faire répondre par votre
chef de division, en réponse à la lettre du 22 avril du commissaire
anglais, qu'il est probable que, sa négociation une fois terminée,
il n'y a aucune espèce de difficulté à ce qu'il se rende à Paris.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je vous envoie un projet de note à
présenter par M. de Moustier. Il vous sera facile de lui expliquer
l'esprit et le sens de cette note. C'est le commissaire anglais qui
en a donné la première idée : mettre les prisonniers des deux
masses belligérantes en liberté à la fois est une grande idée.
Nous n'avons pas seulement des prisonniers en Angleterre ; nous
en avons aussi au pouvoir des gouvernements de Cadix, de Valence et
dans les trois îles d'Espagne. Je ne puis donc renvoyer tous les
prisonniers espagnols qui sont en France sans qu'on me renvoie les
prisonniers français qui sont dans ce pays. Nous évaluons à 10 ou
12 000 les prisonniers qui restent au pouvoir des Espagnols, et
nous avons plus de 40 000 Espagnols. La proposition à laquelle
nous adhérons est donc toute contre nous. Vous remarquerez que nous
renvoyons en masse les prisonniers français et anglais, parce que
les deux nations traitent directement et loyalement. Nous n'avons à
craindre aucune réticence ; il n'en est pas de même avec les
Espagnols, qui ont des gouvernements révolutionnaires qui n'offrent
aucune garantie. Le gouvernement serait responsable du refus des
juntes espagnoles, puisqu'il est comptable de tous les Français.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Nous ne pouvons-nous dissimuler que ce
commissaire anglais pourra, après avoir reçu les prisonniers
anglais, puisque le nombre des prisonniers français est plus
considérable, demander en compensation une certaine quantité
d'Espagnols. S'il faisait cette proposition et qu'il y tînt, il n'y
aurait pas d'inconvénient, sans entrer dans la discussion des
Hanovriens pris avant la guerre ni dans la distinction des rangs, de
faire une cote et de dire que, indépendamment des Anglais qu'on
remettra directement en Angleterre, on y remettra également 10 000
Espagnols. Par ce moyen, on éviterait toute discussion, et supposer
que les gouvernements révolutionnaires d'Espagne ne voulussent pas
renvoyer les Français, l'Angleterre aurait eu l'équivalent de son
échange.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Il me semble que cette manière de
présenter la question, en divisant les principes d'exécution, est
grande et avantageuse aux deux puissances.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Enfin, si l'on voulait prendre les
mêmes errements qu'en 1780, nous y consentons, et, si, au lieu
d'argent, on veut des Espagnols, nous y consentons encore.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Vous devez faire observer au sieur de
Moustier qu'il est possible qu'il n'y ait que 5 à 6 000
Hanovriens dans les rangs anglais ; mais par les rapports des
prisonniers faits dans les armées des généraux Stuart, Moore et
Wellington, nous savons qu'un grand nombre de prisonniers de la
capitulation du Hanovre sont morts dans les hôpitaux ou ont été
tués, que d'autres font partie d'expéditions éloignées ;
qu'ainsi le calcul de 3 à 4 000 n'est pas admissible ; que
le principe de prendre des individus anglais voyageant est une
conséquence des principes du droit maritime anglais, qui prend des
négociants, des marchands, même de simples passagers ; que,
sans entrer dans des discussions d'individus, il est plus naturel de
trancher la question en évitant cette difficulté.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Si ce projet ne convenait pas au
gouvernement britannique, le sieur de Moustier en présenterait un
autre basé sur le cartel de 1780.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Préparez ces dépêches. Vous me les
lirez demain matin, et vous les ferez immédiatement partir par un
courrier extraordinaire pour Morlaix.[^3]</p>
[^1]: Mackenzie
[^2]: Commissaire pour l’échange des prisonniers avec l’Angleterre, Voir CG10-23450.
[^3]: <span></span>Minute, Archives nationales, AF IV 883, avril 1810, n° 124. [<i>C </i>16431]</body> |
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