| identifiant | CG10-23350.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1810/03/20 00:00 |
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| titre | Napoléon à Louis, roi de Hollande |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG10</i> - 23350. - </b>À Louis, roi de Hollande</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 20 mars 1810</h2><p style="margin-bottom: 0cm">J'ai lu avec attention le rapport du
sieur Labouchère[^1].
Je pense qu'il est convenable que vous le renvoyiez à Londres, non
plus au nom du ministre hollandais, mais en votre nom. Il sera chargé
de s'expliquer dans les termes de la note ci-jointe, et sera porteur
d'un écrit non signé, à peu près pareil à celui qu'il a remis.
Enfin, si le gouvernement anglais à la moindre volonté de paix, on
peut se servir du sieur Labouchère ou de tout autre agent pour
porter des paroles. Il est très important que Labouchère n'ait
aucun titre, aucun caractère officiel, et que, dans aucun cas, il ne
puisse montrer aucune pièce signée, ni d'une écriture connue.[^2]</p><p style="margin-bottom: 0cm"><br/>
</p><p style="margin-bottom: 0cm; font-variant: small-caps">Annexe</p><p style="margin-bottom: 0cm"><i>Note</i></p><p style="margin-bottom: 0cm">Le roi, à force de sollicitations et
de sacrifices, a obtenu que tout le pays sur la droite du Rhin
resterait indépendant, ce qui ne laisse pas d'être un avantage
important pour les Anglais. Mais des troupes françaises et des
détachements de douanes occupent les débouchés, ce qui rendra
impossible l'introduction d'aucun bâtiment en Hollande. N'y
aurait-il pas un moyen d'arriver à un arrangement sur les arrêts du
Conseil de 1807[^3] ?
Car, le jour où ces arrêts seraient levés, les troupes françaises
évacueraient la Hollande ; peut-être même, ce jour-là,
pourrait-on obtenir qu'elles évacuassent les villes hanséatiques ;
et ne serait-il pas d'un grand intérêt pour l'Angleterre de
reprendre paisiblement ses relations avec le continent ?</p><p style="margin-bottom: 0cm">C'est une erreur de croire que la
France souffre de l'état actuel. Les denrées coloniales sont en si
grande quantité qu'elle ne peut en manquer de longtemps, et le sirop
de raisin et le miel suppléent partout au sucre. Les colons de
Macédoine, de Naples et du Levant, entretiennent ses manufactures,
abondamment pourvues. Mais cet état de choses est contraire à
l'industrie de tout le continent. D'abord, on conçoit bien que la
paix ne peut venir qu'en faisant d'abord la guerre d'une manière
moins acerbe. L'Angleterre gagnera, de plus, à ce système
d'arrangement de voir ses différends levés avec les États-Unis
d'Amérique. Elle aura sauvé la Hollande, l'indépendance des villes
hanséatiques, maintenu sa paix avec l'Amérique, rétabli ses
relations habituelles avec le continent, rendu à son commerce sa
consommation et ses retours naturels, et fait faire un pas vers le
rétablissement de la paix.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Quant à la paix elle-même, nul doute
qu'aucune circonstance n'est plus favorable, et, si l'Angleterre est
le moindrement disposée à la faire sur le pied d'une parfaite
égalité et indépendance, la paix peut se conclure.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Pour n'avoir pas fait la paix plus tôt,
l'Angleterre a perdu Naples, l'Espagne, le Portugal et le débouché
de Trieste. Il est évident que, si elle tarde à la faire, elle
perdra la Hollande, les villes hanséatiques, et qu'elle soutiendra
malaisément la Sicile.[^4]</p><p style="margin-bottom: 0cm"><br/>
</p><p style="margin-bottom: 0cm"><br/>
</p>
[^1]: Pierre-César Labouchère, banquier d’Amsterdam, fut envoyé à Londres pour entamer des négociations avec les ministres anglais. L’initiative secrète venait de Napoléon, mais ce furent les ministres hollandais qui en prirent la responsabilité.
[^2]: <span></span> Minute, Archives nationales, AF IV 883, mars 1810, n° 105. [<i>C </i>16352]
[^3]: Les arrêts du Conseil de 1807 étaient une réaction au décret de Berlin de novembre 1806. Ils interdisaient tout commerce avec la France. Les neutres eux-mêmes étaient visités et devaient payer des taxes à l’Angleterre. Napoléon réagit avec le décret de Milan du 17 septembre 1807 lequel sanctionnait les neutres qui auraient accosté en Angleterre.
[^4]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée
par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 16352.</body> |
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