CG9-22761.md

identifiantCG9-22761.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1809/12/31 00:00
titreNapoléon à Alexandre Ier, Empereur de Russie
texte en markdown<body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG9</i> - 22761. - </b>À Alexandre I<sup>er</sup>, Empereur de Russie</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 31 décembre 1809</h2><p>Monsieur mon frère, je reçois une seconde note du chancelier Romanzov<sup>[^1]</sup> ; elle me peine. Pourquoi revenir sur des affaires que ma lettre de Vienne a terminées<sup>[^2]</sup> ? J'ai déclaré à la face de l'Europe mes sentiments, non seulement sur le duché de Varsovie, mais même sur la Valachie et la Moldavie<sup>[^3]</sup>. Après tout cela, je ne sais plus ce que l'on veut ; je ne puis détruire des chimères et combattre des nuages. Je laisse Votre Majesté juge qui est le plus dans le langage de l'alliance et de l'amitié, d'elle ou de moi. Commencer à se défier, c'est avoir déjà oublié Tilsit et Erfurt<sup>[^4]</sup>. Votre Majesté sera-t-elle assez bonne pour approuver cet épanchement ?<sup>[^5]</sup></p><p>Caulaincourt<sup>[^6]</sup> marque que Votre Majesté est à Moscou<sup>[^7]</sup> ; elle est infatigable.</p><p>J'ai été un peu en retraite et vraiment affligé de ce que les intérêts de ma monarchie m'ont obligé à faire<sup>[^8]</sup>. Votre Majesté connaît tout mon attachement pour l'Impératrice<sup>[^9]</sup>.</p><p>Votre Majesté veut-elle me permettre de m'en rapporter au duc de Vicence<sup>[^10]</sup> pour tout ce que j'ai à lui dire sur ma politique et ma vraie amitié ? Il ne lui exprimera jamais comme je le désire tous les sentiments que je lui porte.<sup>[^11]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3> [^1]: Ministre des Affaires étrangères du tsar. [^2]: Dans une lettre du 10 octobre adressée de Vienne à Alexandre (voir, CG9-22308), Napoléon lui avait solennellement assuré qu’il n’était nullement dans ses intentions de favoriser la reconstitution d’une Pologne indépendance, ce que le tsar craignait après l’agrandissement du grand-duché de Varsovie, enrichi d’une partie des dépouilles de la Galicie autrichienne. Des négociations se déroulaient à Paris pour aboutir à un traité entérinant cette promesse, mais elles n’aboutiront pas. [^3]: Dans le discours lu à l’ouverture de la session du Corps législatif, le 3 décembre : voir, CG9-22585 et 22636. [^4]: Les deux entrevues de Tilsit (25 juin-9 juillet 1807) et d’Erfurt (27 septembre-14 octobre 1808). [^5]: <span></span> L’extrait de la lettre publiée par Henry Vallotton dans sa monographie (<i>Le tsar Alexandre I</i><sup><i>er</i></sup>, édition Berger-Levrault, 1966, p. 125) s’achève ici. [^6]: Ambassadeur de France en Russie. [^7]: Alexandre a séjourné à Moscou du 18 au 24 décembre ; il a regagné Saint-Pétersbourg le 26. [^8]: Allusions au divorce avec Joséphine et au séjour à Trianon qui le suivit (15-25 décembre). [^9]: Joséphine. [^10]: Caulaincourt. [^11]: Expédition, Archives des Affaires étrangères de l’Empire russe (AVPRI), fonds Chancellerie, inv. 468, 1809, d. 6047, p. 15. [C 16099]</body>