CG1-1060.md

identifiantCG1-1060.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1796/11/19 00:00
titreNapoléon à Carnot, membre du Directoire exécutif
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 1060. - </b>À Carnot, membre du Directoire exécutif</h1><p style="text-align: center"><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Vérone, 29 brumaire an V [19 novembre 1796]</h2><p><br/> </p><p>Vous trouverez ci-joint, mon cher Directeur, deux lettres[^1] que je vous prie de lire et de faire remettre à leurs adresses. Celle à la femme de Muiron devrait être remise par quelqu’un de ses parents qui pût la préparer à cette mauvaise nouvelle.</p><p>Les destinées de l’Italie commencent à s’éclaircir. Encore une victoire demain, qui ne me semble pas douteuse, et j’espère, avant dix jours, vous écrire du quartier général de Mantoue. Jamais champ de bataille n’a été aussi disputé que celui d’Arcole. Je n’ai presque plus de généraux ; leur dévouement et leur courage est sans exemple. Le général de brigade Lannes est venu au champ de bataille n’étant pas encore guéri de la blessure qu’il a reçue à Governolo. Il fut blessé deux fois pendant la première journée de la bataille ; il était, à trois heures de l’après-midi, étendu sur son lit et souffrant, lorsqu’il apprend que je me porte moi-même à la tête de la colonne. Il se jette à bas de son lit, monte à cheval et revient me trouver. Comme il ne pouvait pas être à pied, il fut obligé de rester à cheval ; il reçut, à la tête du pont d’Arcole, un coup qui l’étendit sans connaissance. Je vous assure qu’il fallait tout cela pour vaincre. Les ennemis étaient nombreux et acharnés, les généraux à la tête. Nous en avons tué plusieurs.</p><p>Je vous prie de vous souvenir d’envoyer des frégates dans le golfe Adriatique, du moment que la mer sera libre. Ne serait-il pas possible de nous envoyer un commissaire ordonnateur en chef qui fût un homme distingué et qui eût du caractère ? Denniée est malade depuis un mois, et il craint de l’être pour longtemps.</p><p>Le plus qu’il sera possible, ayez pour principe de ne pas employer les Corses en Corse, surtout pour le commandement militaire.</p><p>Je manque ici d’officiers d’artillerie et du génie. Songez à nous envoyer très promptement du secours, car il nous serait impossible de refaire ce que nous avons fait. Vous connaissez le caractère du Français, un peu inconstant. Nos bonnes demi-brigades, d’ailleurs affaiblies par tant de victoires, ne sont plus que des troupes ordinaires. Si trois ou quatre mille braves qui sont aux hôpitaux avaient été à l’armée, je vous aurais envoyé trente mille prisonniers et cent pièces de canon. Enfin il nous faut des troupes pour pouvoir, d’ici à six semaines, être en état de tenir tête aux ennemis et de nous maintenir à Trieste. Rome payera cher, j’espère, son obstination. Diriez-vous que ces gens-là ne veulent même plus entrer dans une négociation ayant pour base l’armistice ! Je tiens tout prêt pour que, le jour où je signerai la capitulation de Mantoue, une division passe le Pô pour marcher sur Rome.[^2]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bonaparte</h3> [^1]: <span></span>Pièces n<sup>os</sup>1198 et 1199 de la<i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>. [^2]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 1197, d’après l’expédition communiquée par le comte Hippolyte Carnot.</body>