| identifiant | CG9-22649.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1809/12/18 00:00 |
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| titre | Napoléon au général Clarke, ministre de la Guerre, et au général Dejean, ministre de l’Administration de la guerre |
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| texte en markdown | <body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG9</i> - 22649. - </b>Au général Clarke, ministre de la Guerre, et<span lang="fr-FR">au
général </span>Dejean, ministre de l’Administration de la guerre</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Trianon, 18 décembre 1809</h2><p>Je vous ai déjà
fait connaître, par ma lettre de ce jour<sup>[^1]</sup>,
les réformes que j'espère opérer pour l'armée prochaine sur la
masse des remontes, sur celle des fourrages et sur le personnel, en
supprimant tous les cadres que l'état de guerre a fait créer en
augmentation de l'état ordinaire. Je me propose de faire une autre
importante économie, c'est sur la conscription ; à moins
d'événements extraordinaires, je ne compte pas en lever. Il est un
grand nombre d'autres économies sur lesquelles j'appelle votre
attention, et qu'il est urgent de prendre en haute considération, vu
l'impuissance où mes finances se trouvent de subvenir à tant de
dépenses<sup>[^2]</sup>.</p><p>Faites-moi un
rapport sur toutes les économies possibles dans l'état de sécurité
où la paix de Vienne nous place avec l'Allemagne, et dans l'état de
guerre où nous restons avec l'Espagne ; Une éminente économie
doit être faite sur les employés d'administration. Je crois que
rien que leur solde pour l'armée d'Allemagne s'élève à près de
six millions. Mon intention est de ne laisser l'armée prochaine en
Allemagne que le 3<sup>e</sup> corps du duc d'Auerstaedt<sup>[^3]</sup>,
les quatorze régiments du duc de Rivoli<sup>[^4]</sup>,
les quatorze régiments de cuirassiers et six régiments de cavalerie
légère, et même, dans le courant de l'année prochaine, je me
déciderai sans doute à faire rentrer les quatorze régiments du duc
de Rivoli ou le 4<sup>e</sup> corps. Il faut donc diminuer autant que
possible les employés ; il faut supprimer tout ce qui tient à
l'état de guerre, tout ce qui est provisoire, les adjoints aux
commissaires des guerres, les commandants de place, les états-majors,
etc., et enfin réduire tout à l'état ordinaire.</p><p>Toute l'armée
d'Italie doit être mise sur le pied de paix.</p><p>L'armée d'Illyrie
doit être mise sur un demi-pied de paix, en portant l'économie sur
toutes les branches d'administration.</p><p>Le train
d'artillerie sera un des articles d'économie le plus important ;
peut-être sera-t-il possible de l'employer à faire l'évacuation de
l'artillerie que nous avons à Magdebourg et dans les autres places
en Allemagne : cela économiserait d'autres dépenses et me le
tiendrait toujours disponible.</p><p>Les équipages
militaires peuvent aussi être employés à l'évacuation des malades
et à d'autres services qui seraient de véritables objets
d'économie. Il faut vous occuper de me suggérer tous les moyens
d'économie qui tiennent à la nouvelle position politique où je me
trouve. Il faut surtout me proposer des inspecteurs pour inspecter
tous les dépôts d'infanterie, en renvoyer tous les hommes
susceptibles de réforme qui les embarrassent, et remettre le tout
sur un pied convenable.</p><p>Les états-majors
seront aussi un objet important. Il est une infinité de généraux
qui ont été mis en activité par suite des circonstances ;
tout doit reprendre l'organisation de paix. Il faut enfin obtenir la
plus grande économie, car je ne pense pas qu'il me soit possible de
donner pour 1810 plus de 190 millions au ministère de la Guerre et
plus de 130 millions à l'administration de la guerre ; ce qui
fera 320 millions pour les deux ministères de la guerre,
indépendamment de ce qui sera nourri en Espagne, à Naples, en
Illyrie, dans le pays de Hanovre et dans les garnisons de l'Oder.<sup>[^5]</sup></p>
[^1]: Voir la lettre précédente.
[^2]: Si l’exercice 1808 s’était soldé par un petit excédent de 4 millions, pour un budget total de près de 768 millions, en 1809, les dépenses (780 millions) n’ont pu être acquittées que grâce aux droits de douanes extraordinaires (43 millions). Les deux ministères de la Guerre et de la Marine avaient dépensé respectivement 396,26 et 110,43 millions. Le budget de la guerre avait augmenté de 20 millions par rapport à 1808, celui de la marine baissant en revanche de près de 5 millions. En 1810, le total des dépenses de l’État sera ramené de 780 à 760 millions, la marine obtenant un budget à peu près équivalent à celui de 1808 (un peu moins de 109 millions), la guerre, en revanche, devant se contenter de 369,54 millions au lieu de 396,26. Mais le budget de la guerre fera un bond considérable en 1811, s’envolant à 506 millions.
[^3]: Davout.
[^4]: Masséna.
[^5]: Minute, Archives nationales, AF IV 882, décembre 1809, n° 90. Il existe également une copie d’expédition (S.H.D., GR, 17 C 323) adressée uniquement à Clarke et qui diffère par sa forme. [C 16067]</body> |
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