| identifiant | CG9-22648.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1809/12/18 00:00 |
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| titre | Napoléon au général Clarke, ministre de la Guerre et au général Dejean, ministre de l’Administration de la guerre |
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| texte en markdown | <body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG9</i> - 22648. - </b>Au général Clarke, ministre de la Guerre et<span lang="fr-FR">au
général</span> Dejean, ministre de l’Administration de la guerre</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Trianon, 18 décembre 1809</h2><p>Je vous ai déjà
fait connaître, par ma lettre d'aujourd'hui<sup>[^1]</sup>,
que mon intention est de contremander toutes les remontes, afin de
diminuer d'autant les dépenses. Je vous ai recommandé de faire
diriger sur Niort tous les chevaux qui seraient déjà en route pour
l'Italie ; il faut les faire arrêter aux lieux où ils se
trouvent aujourd'hui, et adresser vos ordres spécialement à Paris,
Lyon et Chambéry et sur les principaux points de la route ; car
je n'ai plus besoin de chevaux en Italie, et un millier de chevaux de
plus du côté de l'Espagne me sera très utile.</p><p>Je vous écris
aujourd'hui la présente pour vous demander un rapport général sur
la cavalerie. Ma dépense est énorme, et il faut aujourd'hui songer
sérieusement à une réforme. Mon armée, dans l'état actuel,
mangerait trois fois le revenu de la France. Je désire donc
connaître d'abord la situation en hommes, en chevaux, en selles, de
tous mes régiments de cavalerie au 1<sup>er</sup> décembre, ensuite
les réformes qu'il est urgent de faire dans les hommes et dans les
chevaux pour réduire les dépenses à un taux convenable.</p><p>Je trouverai dans
cette mesure un autre avantage, ce sera celui de retirer des dépôts
de cavalerie beaucoup de conscrits qui, désormais, y seraient
inutiles, et de pouvoir les remettre à la disposition du ministre de
la Guerre<sup>[^2]</sup>
pour en former les nouveaux bataillons du train d'artillerie destinés
à l'armée d'Espagne.</p><p>Je vous ai fait
connaître que tous vos budgets devaient être faits sur l'hypothèse
de l'état de paix du côté de l'Allemagne et de l'état de guerre
du côté de l'Espagne.</p><p>Les hommes, les
chevaux et les harnais de ma cavalerie se divisent en deux parties :
celle qui est à l'armée et celle qui est dans les dépôts.</p><p>Quatorze de mes
régiments de cuirassiers, un grand nombre de mes régiments de
chasseurs et de hussards sont en Allemagne ; quel que soit le
pied de paix que j'arrêterai aussitôt que vous m'aurez remis votre
rapport, la réduction s'opérera promptement dans les escadrons de
guerre par la réforme de chevaux hors de service et des hommes
démontés ou invalides ; mais c'est surtout dans mes dépôts
qu'il est urgent de porter la réforme, afin que je n'aie en France
aucun cheval inutile et que, l'année prochaine, je puisse faire de
grandes économies sur les fourrages. Ainsi j'entends que les dépôts
de tous ceux de mes régiments qui restent à l'armée d'Allemagne
n'aient pas plus de 30 chevaux, l'un portant l'autre ; en
supposant trente dépôts, cela ne ferait pas 1 500 chevaux à
mourir en France pour mes régiments de l'armée d'Allemagne. Quant
aux hommes, les dépôts devront en avoir tout au plus le double.</p><p>Après la cavalerie
de l'Allemagne vient celle de l'Italie. J'ai des régiments de
cavalerie dans mon armée d'Illyrie ; j'en ai dans mon armée
d'Italie. Mon intention est, en général, de tenir tous mes dépôts
de cavalerie dans les Alpes plus nombreux et les escadrons que j'ai
en Italie sur un plus haut pied, vu les difficultés de leurs
remontes. Je n'entends pas payer les fourrages plus chers en Piémont
et en Italie que dans les autres pays. Les fourrages, en Italie, sont
abondants ; ce ne peut être que par abus qu'on en porte le prix
si haut. Mon intention est d'autoriser les préfets à les faire
fournir au taux du dix-huit sous, au plus d'un franc, et par
réquisition, s'il est nécessaire.</p><p>Je serais porté à
placer en Normandie les quatre dépôts de cuirassiers que j'ai en
Piémont ; ils seraient là plus près pour leur remonte, et
j'ai d'ailleurs toujours besoin de ressources et de cavalerie sur la
côte.</p><p>J'ai en Espagne
vingt-cinq régiments de dragons. Je n'entends pas qu'ils aient en
France plus de 25 à 50 chevaux à leur dépôt. Même
observation pour les douze régiments de hussards et de chasseurs qui
sont en Espagne ; et, comme en Espagne la nourriture des chevaux
n'est pas à mes frais, il faut en général me proposer d'y envoyer
tous les chevaux qui sont disponibles dans les dépôts. Là ils
seront utiles, ne me coûteront rien, et il en résultera de grandes
économies pour mes finances. J'ai quatre-vingts régiments de
cavalerie ; c'est quatre-vingts dépôts, qui, à raison de 40
chevaux l'un portant l'autre, ne feront pas plus de 3 à 4 000
chevaux à nourrir ; ce qui réduira la masse de fourrage de
15 millions à moins de 4 millions pour 1810. Et c'est une
grande et importante économie.</p><p>Je crois avoir
augmenté d'une 9<sup>e</sup> compagnie tous mes régiments de
dragons et de cavalerie légère. Il me semble qu'il serait
convenable de réformer pour l'année prochaine ces 9<sup>es</sup> compagnies,
car les régiments de cavalerie que j'ai en Allemagne seront
suffisamment forts à quatre escadrons, puisqu'ils y sont dans l'état
de paix. Les régiments qui sont en Espagne sont si nombreux, qu'ils
seront suffisamment forts à trois escadrons.</p><p>Je pense qu'il
serait également nécessaire de réformer le 5<sup>e</sup> escadron
de cuirassiers ; ce qui nous replacerait tout à fait sur le
pied de paix.</p><p>Cette lettre est
commune aux ministres de la guerre et de l'administration de la
guerre. Entendez-vous donc tous deux sur ce qu'elle contient, et
présentez-moi un rapport sur les augmentations que l'état de guerre
a nécessitées, un état de situation générale de ma cavalerie
sous le triple rapport des hommes, des chevaux et des harnais, et
enfin un projet de décret qui remplisse les vues que je viens de
vous indiquer.<sup>[^3]</sup></p>
[^1]: Voir la lettre suivante.
[^2]: Clarke.
[^3]: Minute, Archives nationales, AF IV 882, décembre 1809, n° 91. Il existe également une copie d’expédition (S.H.D., GR, 17 C 323) adressée uniquement à Clarke et qui diffère par sa forme. [C 16066]</body> |
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