CG1-1044.md

identifiantCG1-1044.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1796/11/03 00:00
titreNapoléon à Garrau, commissaire du Directoire exécutif à l’armée d’Italie
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 1044. - </b>À Garrau[^1], commissaire du Directoire exécutif à l’armée d’Italie</h1><p style="text-align: center"><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Vérone, 13 brumaire an V [3 novembre 1796]</h2><p><br/> </p><p>Nous manquons entièrement d’argent ; toutes nos caisses sont vides et tous nos services entravés. Le service même du prêt du soldat n’est pas assuré.</p><p>Vos bureaux, citoyen Commissaire, font de très beaux états qui ne sont jamais d’accord avec le payeur, et, depuis trois mois qu’on cherche à concilier vos comptes, il n’y a jamais moyen de trouver l’emploi de 3 ou 400 000 francs qui existent de différence.</p><p>L’ordonnateur, depuis deux mois, n’a reçu que 200 000 francs. Tout souffre, et nous sommes en présence de l’ennemi. Vous m’aviez dit que vous faisiez passer 420 000 francs de Modène à Milan, et on n’en a fait passer que la moitié. Des 300 000 francs qui devraient être soldés à Ferrare, on n’en a soldé que la moitié. Quant à Livourne, bien loin de nous présenter de l’argent, on nous offre de compter 5 à 600 000 francs dépensés sans aucune forme légale. La compagnie Flachat, qui a toutes les ressources de l’armée, qui s’est emparée de tout, qui a tous les fonds, qui fait son service en promesses, est la seule qui ait les moyens de pourvoir aux besoins urgents du moment. Faites qu’elle verse dans la caisse du payeur de l’armée 1 500 000 francs.</p><p>Vous devez fournir à nos besoins, et, depuis deux mois, l’ordonnateur crie que tous les services manquent.</p><p>Je vous prie donc, citoyen Commissaire, de songer que toute l’armée est en mouvement, que nous sommes en présence de l’ennemi, que le moindre retard peut être funeste. Occupez-vous donc à faire fournir à l’ordonnateur l’argent qui lui est nécessaire.</p><p>Nous sommes ici à la veille des plus grands événements. Si la 83<sup>e</sup> demi-brigade, aujourd’hui 57<sup>e</sup>[^2], était partie de Marseille, conformément à l’ordre que j’en ai donné, nous n’aurions rien à craindre ; mais 3 000 hommes de bonnes troupes de moins, dans des circonstances comme celles-ci, sont pour nous un terrible malheur. La 40<sup>e</sup>[^3] même arrive bien tard. Il paraît même que tout au plus le 1<sup>er</sup> bataillon arrivera à temps. Cependant, comme nous avons quelques bataillons en route, je vous prie d’expédier un courrier au général Kellermann pour le requérir et le conjurer de faire filer ce qu’il a de disponible. Toutes les troupes de l’Empire sont arrivées en poste avec une célérité étonnante. Ils paraissent décidés à faire de grands sacrifices, et nous, on nous a livrés à nous-mêmes. De belles promesses et de petits corps de troupes sont tout ce qu’on nous a donné.[^4]</p><p>Je vous salue.</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bonaparte</h3> [^1]: Pierre Anselme Garreau ou Garreau (1762-1819), avocat avant la Révolution, député à la Législative puis à la Convention, il est lié à Carnot qui le nomme commissaire aux armées près l’armée d’Italie en février 1796, avec Saliceti. Il est rappelé à Paris en décembre 1796. [^2]: Général Walther, division Augereau. [^3]: Général Point, division Augereau. [^4]: <span></span>Expédition, collection privée (<i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 1147, d’après le dépôt de la Guerre).</body>