CG9-22444.md

identifiantCG9-22444.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1809/11/06 00:00
titreNapoléon aux évêques de l’Empire
texte en markdown<body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG9</i> - 22444. - </b>Aux évêques de<span lang="fr-FR">l’Empire</span></h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Fontainebleau, 6 novembre 1809</h2><p>Monsieur l'évêque de […], la paix est heureusement conclue entre nous est l'empereur d'Autriche<sup>[^1]</sup>. Notre intention est que, aussitôt la présente reçue, vous vous concertiez avec qui de droit pour réunir nos peuples dans les églises, le 2 décembre prochain<sup>[^2]</sup>, y chanter un <i>Te Deum</i>, et adresser à Dieu des actions de grâces de ce qu'il nous a donné la force et les inspirations nécessaires pour terminer, en peu de mois, une guerre qui pouvait durer plusieurs années, et qui, dès les premiers moments, avait porté le ravage chez nos alliés et semblait même menacer nos propres pays.</p><p>Si nous avons été souvent touché des maux qui pesaient sur cette loyale et bonne nation autrichienne, c'est pour nous un nouveau motif de bénir la Providence qui nous a permis de tenir éloignée de nos États la guerre, le premier, le plus grand des fléaux<sup>[^3]</sup>.<sup>[^4]</sup></p> [^1]: La paix a été conclue à Vienne le 14 octobre. [^2]: Jour anniversaire du sacre (1804) et d’Austerlitz (1805). [^3]: <span></span> À la suite de cette circulaire, L'Empereur avait dicté les passages suivants, qu'il a ensuite biffés de sa main sur la minute (Léon Lecestre, <i>Lettres inédites</i>, Paris, Plon, 1897, n° 544, d’après Archives Nationales AF IV 882) : « Nous avons jugé nécessaire au bien de nos peuples et aux intérêts politiques de notre couronne de gouverner directement les parties de l'Empire que Charlemagne, notre auguste prédécesseur, avait jugé à propos de confier aux évêques de Rome, à titre de fiefs, pour l'intérêt de la foi et non pour celui des hérétiques. Tenant notre trône de Dieu, nous ne sommes comptables qu'à lui de nos actions. Tout ce que nous avons fait, nous l'avons fait pour la gloire et le bien de nos peuples, et aussi pour le plus grand bien de la religion, qui tire toujours sa force de la simplicité, de la charité et de la vérité de la foi, et non des choses qui lui sont étrangères et que Jésus-Christ aurait pu et n'a pas voulu établir. Lorsque, sur le champ de bataille de Marengo, nous conçûmes la volonté de rétablir les autels renversés de nos pères, il fut bien loin de nous de reconnaître ces prétentions monstrueuses et contraires aux principes de la religion, qui ont donné à ses ennemis le moyen de la calomnier, qui ont causé tant de maux et fait verser tant de sang, et que professèrent les Grégoire VII et les Jules II. Nous avons entendu rétablir la doctrine que l'école de Paris, la Sorbonne et le clergé de France, surtout dans ses déclarations de 1682, ont pris pour base de leur doctrine. C'est cette doctrine que nous avons reçue de nos pères, que nous avons voulu rétablir et que nous voulons maintenir. Nous regarderons avec pitié ceux qui, imbus d'une fausse doctrine, méconnaîtraient le commandement de Jésus-Christ, qui ordonnait de rendre à César ce qui appartient à César, et qui ne permettait pas de soumettre la direction des consciences et les intérêts spirituels à des considérations temporelles. Ce qu'un homme a fait, un homme peut le défaire ; ce que Dieu a fait est seul immuable. » [^4]: Minute, Archives nationales, AF IV 882, novembre 1809, n° 12. [C 15997]</body>