CG9-22410.md

identifiantCG9-22410.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1809/10/28 00:00
titreNapoléon à d’Hauterive, chargé par intérim du portefeuille des Relations extérieures
texte en markdown<body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG9</i> - 22410. - </b>À d’Hauterive, chargé par intérim du portefeuille des Relations extérieures</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Fontainebleau, 28 octobre 1809</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur d'Hauterive, faites-moi un rapport sur la conduite qu'a tenue la Prusse pendant la guerre actuelle<sup>[^1]</sup>, dans la formation de ses camps, dans l'affaire de Schill et de ses officiers, dans ce qui est relatif au prince d'Orange, et autres griefs de cette nature, afin que ces matériaux servent à régler ma conduite et les démarches à faire.<sup>[^2]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3> [^1]: En vertu du traité de Tilsit (9 juillet 1807), la Prusse avait perdu plus de la moitié de son territoire et environ la moitié de sa population. Les territoires situés à l’ouest de l’Elbe avaient servi à former le royaume de Westphalie et les possessions polonaises de la Prusse avaient été, soit cédés au tsar, soit intégrés au nouveau duché de Varsovie. L’évacuation du territoire prussien par les troupes d’occupation françaises était suspendue au paiement d’une énorme indemnité de guerre d’abord fixée à 154 millions de francs. La Prusse ne payant pas selon l’échéancier fixé, l’occupation s’était prolongée en 1808, mais les revers essuyés en Espagne exigeant d’urgence l’envoi de renforts dans la péninsule, une convention franco-prussienne signée le 8 septembre 1808 diminua le montant de l’indemnité, établit un nouvel échéancier et entraîna l’évacuation du territoire sous quarante jours, seules les places de Stettin, Küstrin et Glogau restant au pouvoir des Français. Officiellement, la Prusse resta neutre lorsque la guerre éclata de nouveau entre la France et l’Autriche au printemps 1809, mais une partie de l’opinion prit fait et cause pour l’Autriche, certains patriotes s’efforçant même d’entraîner la cour prussienne dans la guerre. Frédéric-Guillaume III balança un moment, mais finalement décida de ne pas s’engager dans une guerre que, à vrai dire, il n’avait plus les moyens de soutenir. Mais le gouvernement prussien ne fit rien pour gêner l’action de deux de ses officiers, le major Schill, le duc de Brunswick-Œls, qui tentaient de soulever l’Allemagne du Nord pour créer un deuxième front sur la gauche de l’armée française en train de combattre les Autrichiens sur le Danube. Les relations entre la France et la Prusse resteront tendues jusqu’à la conclusion, en février 1812, d’une alliance contre la Russie. [^2]: Expédition non signée, Archives du ministère des Affaires étrangères, M.D., France, vol. 1783, fol. 103. [C 15980]</body>