CG9-22374.md

identifiantCG9-22374.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1809/10/19 00:00
titreNapoléon au maréchal Berthier, major général de l’armée d’Allemagne
texte en markdown<body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG9</i> - 22374. - </b>Au maréchal Berthier, major général de l’armée d’Allemagne</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Passau, 19 octobre 1809</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Mon cousin, il est huit heures du matin<sup>[^1]</sup>. J'ai attendu exprès l'arrivée de l'estafette qui est partie le 17 à minuit. Vous m'écrivez qu'il n'y a rien de nouveau. Je vais continuer et me rendre à Munich, où j'attendrai de vos nouvelles. Les pavillons vont mal, parce que les directeurs font faire des signaux pour s'exercer. Écrivez sur toute la ligne qu'on ne fasse aucun signal que de transmettre celui qui serait fait à Vienne. Je désire que, toutes les fois qu'il y aurait quelque chose de nouveau, vous fassiez partir une estafette sans attendre minuit.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Vous me dites dans une de vos lettres que le prince de Pontecorvo<sup>[^2]</sup> demande le général Girard<sup>[^3]</sup>. Répondez au prince de Pontecorvo que cela nuirait à cet officier, parce que j'ai pour principe de n'accorder d'avancement aux officiers qui servent dans les états-majors qu'autant qu'ils servent dans la ligne dans deux grades, et mon intention est que le général Girard serve plusieurs années dans la ligne avant de passer dans les états-majors.</p><p style="margin-bottom: 0cm">J'ai vu avec plaisir qu'il y avait trois bastions de Vienne de sautés<sup>[^4]</sup>. J'espère qu'on fera sauter aussi les courtines<sup>[^5]</sup> et les demi-lunes<sup>[^6]</sup>. Il faut continuer à faire sauter successivement les deux autres bastions, afin qu'il n'y ait aucune possibilité de rétablir ces fortifications.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je vous ai mandé hier que ma Garde à pied devait rester à Saint-Pœlten, et que vous ne lui donneriez l'ordre de partir qu'après l'échange des ratifications<sup>[^7]</sup>, en faisant partir les grenadiers un jour après les chasseurs et les faisant filer par Linz. Vous ferez passer les grenadiers à cheval, les dragons et l'artillerie par Steyer et par Wels. Il sera nécessaire, lorsqu'on évacuera, de faire passer <i>quelques</i> troupes par Baden, pour épargner la forêt de Vienne. Vous ferez passer les Wurtembergeois, non à Linz, mais dans le cercle de Linz, sur la rive gauche du Danube ; mais ils devront rester à une ou deux marches de Krems, jusqu'au moment de l'échange des ratifications. Si l'échange n'avait pas lieu par raison principale, et que vous puissiez conjecturer que la guerre aurait lieu, vous pourrez faire revenir les Wurtembergeois et ma Garde à Vienne. Par ce moyen, j'y trouverais réunis ma Garde, les Wurtembergeois, le corps du maréchal Oudinot et le 11<sup>e</sup> corps. Quant aux chevau-légers polonais et à mes chasseurs à cheval, je leur donnerai moi-même des ordres. Si les ratifications éprouvaient un retard principal, vous feriez travailler à Spitz ; vous feriez rétablir la redoute qu'on a dégradée ; vous feriez finir le blockhaus et la tête de pont du côté de Leopoldau, puisque nous ne pouvons plus compter sur Vienne. On mettrait toute l'artillerie de Vienne en batterie à Spitz et dans la tête de pont de Leopoldau ; on ferait transporter le biscuit et les munitions de guerre dans l'île Tabor et dans les ouvrages de Spitz, et j'aurais également cela dans ma place de réserve. Cette place de réserve serait défendue, sur la droite, par la tête de pont de Leopoldau, vis-à-vis la maison qu'a occupée le maréchal Oudinot, et, si cette tête de pont était prise, par la première île de Tabor, et, du côté de la rive gauche, par les beaux ouvrages de Spitz. Il faut donc qu'on travaille avec activité à ces ouvrages, si les ratifications ne sont pas échangées.<sup>[^8]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3> [^1]: Napoléon a quitté Schönbrunn le 16 octobre. Il est passé par Melk et s’est arrêté à Passau le 18. Il en repart le 19 à 9 heures. [^2]: Bernadotte. Nommé au commandement de l’armée chargée de repousser les Anglais débarqués en Zélande, il avait été démis de son commandement et rappelé à Vienne le 11 septembre. Aucun commandement actif ne lui avait été rendu. [^3]: Le général Girard combattait en Espagne, où il venait d’être nommé général de division à titre provisoire. Il sera confirmé dans son nouveau grade le 17 décembre 1809. [^4]: Voir, CG9-22360. [^5]: La courtine est la partie en retrait d’un parapet reliant deux ouvrages construits en saillie. [^6]: Les demi-lunes sont des ouvrages de fortification construits en saillie des bastions principaux. [^7]: Les ratifications du traité de Vienne seront échangées dans la soirée du 19 octobre. [^8]: Expédition, S.H.D., GR, 17 C 101. [C 15960]</body>