CG9-22217.md

identifiantCG9-22217.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1809/09/28 00:00
titreNapoléon à Fouché, ministre de la Police générale, tenant le portefeuille de l'Intérieur par intérim
texte en markdown<body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG9</i> - 22217. - </b>À Fouché, ministre de la Police générale<span lang="fr-FR">, tenant le </span>portefeuille de l'Intérieur<span lang="fr-FR"> par intérim</span></h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Schönbrunn, 28 septembre 1809</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Je vous envoie une sentence de la cour spéciale d'Ajaccio, une lettre du général Morand et plusieurs autres lettres. J'ordonne au sénateur Casabianca de se rendre en Corse<sup>[^1]</sup>. Je ne puis me dissimuler que le général Morand abuse de son autorité. J'ai l'opinion de dix ou douze hommes de ma connaissance, Corses réfugiés, exaltés et très ennemis des Anglais, et qui certifient que cette conspiration est absolument une fable. Je vois que le général Morand retient au <u>Fiumorbo</u> soixante personnes, qu'il tyrannise le pays, qu'il refuse des passeports pour la France, etc. Écrivez aux préfets qu'ils aient à vous faire connaître ce qui se passe dans le pays, et au général Morand qu'il n'a pas le droit d'empêcher des Corses de passer en France, surtout lorsqu'ils ont des plaintes à porter. Causez avec le sénateur Casabianca. Depuis deux ans, il me semble que le général Morand a outré ses principes de gouvernement, et, au lieu d'être ferme, est arbitraire et tyrannique. Je vous renvoie cette affaire du <u>Fiumorbo</u>, où il m'a arrêté une centaine d'individus. Tâchez de nouer quelque correspondance en Corse, et faites arrêter ceux qui sont soupçonnés d'être les auteurs de tout cela.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Lancez un mandat d'arrêt contre le nommé <u>Mazel</u>, ancien chanoine de Mende, qui a été compromis dans la conspiration de Bayreuth et qui est aujourd'hui en Corse précepteur des enfants du général Morand<sup>[^2]</sup>, et contre un nommé <u>Bonhomme</u>, officier dans les troupes corses, qui vient d'arriver à Livourne<sup>[^3]</sup>. Décernez des mandats d'arrêt, aux termes de la Constitution, contre ces deux individus, qui sont ceux qui troublent la Corse, qui supposent des conspirations où il n'y en a point et nuisent à la tranquillité. Faites les amener à Paris. Faites également amener à votre ministère le nommé <u>Casa Louya</u>, jeune homme de 17 ans.<sup>[^4]</sup></p> [^1]: Sur la mission de Casabianca en Corse, voir, CG9-22211. [^2]: Morand avait connu Mazel à l’île d’Elbe et lui avait confié l’éducation de ses quatre enfants. Mazel faisait aussi fonction d’agent de Morand, c’est lui qui avait dénoncé au général une conspiration visant à livrer la Corse aux Anglais. [^3]: Ces ordres sont à rapprocher de la mission confiée à Casabianca, chargé d’enquêter sur la situation en Corse et sur les plaintes portées contre le général Morand. [^4]: Minute, Archives nationales, AF IV 882, septembre 1809, n° 252. [C 15878]</body>