| identifiant | CG1-1005.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1796/10/17 00:00 |
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| titre | Napoléon à Joséphine |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 1005. - </b>À Joséphine</h1><p style="text-align: center"><br/>
</p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Modène, 26 vendémiaire an V
[17 octobre 1796]</h2><p style="text-align: right">à 9 heures du soir</p><p style="text-align: center"><br/>
</p><p>J’ai été avant-hier toute la journée en
campagne. J’ai gardé hier le lit : la fièvre et un violent mal de
tête. Cela m’a empêché d’écrire à mon adorable amie, mais
j’ai reçu ses lettres, je les ai pressées contre mon cœur et mes
lèvres et la couleur de l’absence, cent milles d’éloignement,
ont disparu. Je t’ai sentie non pas capricieuse et fâchée, mais
douce, tendre, avec cette onction de bonté, qui est exclusivement le
partage de ma Joséphine. Ses mains étaient à mon col, son cœur
battait bien fort. Juge si cela m’a guéri de la fièvre. Un bain
de sueur, une tête très chargée, presque le délire, c’était le
fruit de ce délicieux, mais trop délicieux rêve. Tes lettres sont
froides comme cinquante ans, elles ressemblent à quinze ans de
mariage ; l’on y voit l’amitié sans discorde et les
sentiments de cet hiver de la vie. Fi ! Joséphine, c’est bien
méchant, bien mauvais, bien traître à vous. Que vous reste-t-il
pour me rendre bien à plaindre : ne plus m’aimer, eh ! c’est
fait, me haïr, eh bien ! je le souhaite, tout avilit [hors] la
haine, mais l’indifférence au pouls de marbre, à l’œil fixe, à
la démarche monotone !...</p><p>Mille, mille baisers bien tendres comme mon cœur.
Je me porte un peu mieux. Je pars demain. Les Anglais évacuent la
Méditerranée, la Corse est à nous[^1],
bonne, bonne nouvelle pour la France, pour l’armée, pour nous.[^2]</p><p style="text-align: right; margin-top: 0.49cm; margin-bottom: 0.49cm"><i>B.
P.</i></p>
[^1]: Rendus inquiets par la menace d’une invasion des îles
Britanniques préparée par le Directoire, les Anglais évacuèrent
la Corse en octobre 1796.
[^2]: <span></span>Expédition autographe, Archives nationales, 400 AP 6, vol. I, n°
14, publiée par Chantal de Tourtier-Bonazzi, Jean Tulard,<i>Napoléon,
Lettres d’amour à Joséphine</i>, Fayard, 1981, n° 31, p. 118.</body> |
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