CG9-22096.md

identifiantCG9-22096.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1809/09/15 00:00
titreNapoléon à François Ier, Empereur d’Autriche
texte en markdown<body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG9</i> - 22096. - </b>À François I<sup><span lang="fr-FR">er</span></sup>, Empereur d’Autriche</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Schönbrunn, 15 septembre 1809</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur mon frère, le cœur de Votre Majesté Impériale souffre des maux qui pèsent sur cette nation, aussi recommandable par la loyauté que par la franchise de son caractère<sup>[^1]</sup>. De toutes les calamités, la guerre est la première : malheur à ceux qui la provoquent ! Le sang et les larmes des infortunés qu'elle fait retombent sur eux.</p><p style="margin-bottom: 0cm">La base de l'<i>uti possidetis</i><sup><i>[^2]</i></sup> est considérée par Votre Majesté comme destructive des principes de sa monarchie ; cela étant, Monsieur mon Frère, j'y renonce, et je suis prêt à faire la paix avec Votre Majesté, moyennant une cession sur la frontière de l'Inn et sur celle de l'Italie équivalente à 1 600 000 âmes, et la cession de moins de la moitié de la Galicie au roi de Saxe<sup>[^3]</sup> et à l'empereur de Russie<sup>[^4]</sup>. Il n'échappera point à Votre Majesté que, dans ce sacrifice de trois millions et quelques cent mille âmes que je lui propose, je ne réserve pour moi que ce qui est nécessaire pour lier la Dalmatie avec mes autres États d'Italie<sup>[^5]</sup> et me trouver à même de pouvoir veiller à ce qu'il ne se fasse rien, à la Porte, de contraire aux intérêts de mes peuples. Dans la faiblesse actuelle de mes moyens maritimes, résultant des quatre guerres que j'ai été obligé de soutenir contre l'Autriche<sup>[^6]</sup>, je n'ai plus d'autre moyen d'influer sur l'équilibre de la Méditerranée. Je ne puis donner à Votre Majesté de preuve plus évidente de mon désir de faire quelque chose qui lui soit agréable, que de me désister sur-le-champ de la base de l'<i>uti possidetis,</i> qui comprenait neuf millions de population, pour me réduire à ce que je crois l'ultimatum de ce qu'il m'est permis de faire, sans encourir les reproches de ma nation et sans manquer aux mânes de ceux des miens qui, par le sacrifice de leur vie, ont mis mes armes dans la situation prospère où elles sont.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Une fois la paix rétablie entre nous, il ne dépendra que de Votre Majesté de resserrer les liens entre nos États. Ce résultat aurait déjà pu être obtenu après la paix de Lunéville<sup>[^7]</sup> ; ce qui aurait évité à nos sujets bien des malheurs, et à vous, Monsieur mon Frère, bien des mauvais moments. Mais les manèges de ces politiques qui feignent sans cesse des craintes pour l'avenir, afin de seconder la tyrannie et le monopole présents du gouvernement anglais, ont toujours triomphé à la cour de Votre Majesté. Veuille le bon génie du continent que ce soit enfin pour la dernière fois !</p><p style="margin-bottom: 0cm">J'ai dit ma pensée tout entière à Votre Majesté Impériale, et, si elle donne des ordres conformes à cette base, la paix peut être la suite de peu de conférences<sup>[^8]</sup>.<sup>[^9]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3> [^1]: En complément de cette lettre, voir les instructions adressées le même jour au ministre des Relations extérieures Champagny et la note à insérer dans le protocole des conférences de paix d’Altenbourg. [^2]: Autrement dit prendre pour base de la négociation les territoires respectivement conquis et conservés par les belligérants au moment de l’arrêt des combats. [^3]: <span></span> Frédéric-Auguste I<sup>er</sup>, roi de saxe et prince souverain du grand-duché de Varsovie. [^4]: <span></span> Alexandre I<sup>er</sup>. [^5]: Voir, CG9-22066. [^6]: En 1796-1797, 1800, 1805 et 1809. [^7]: Traité de paix signé le 9 février 1801 entre la France et l’Autriche. [^8]: Elle sera signée le 14 octobre. [^9]: Copie d’expédition, Archives du ministère des Affaires étrangères, C.P., Autriche, supplément 29, fol. 152 (minute, Archives nationales, AF IV 882, septembre 1809, n° 140). [C 15823]</body>