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CG9-22054.md| identifiant | CG9-22054.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1809/09/12 00:00 |
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| titre | Napoléon à Fouché, ministre de la Police générale, tenant le portefeuille de l’Intérieur par intérim |
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| texte en markdown | <body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG9</i> - 22054. - </b>À Fouché, ministre de la Police générale, tenant le portefeuille de l’Intérieur par intérim</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Schönbrunn, 12 septembre 1809</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Le prince de
Pontecorvo<sup>[^1]</sup>,
se rendant à Paris, causera probablement avec vous. Vous lui ferez
connaître que j'ai été mécontent de son ordre du jour aux
Saxons<sup>[^2]</sup>,
qui tend à leur attribuer une gloire qu'ils ne méritent pas,
puisqu'ils ont été en fuite toute la journée du 6 ; que je
n'ai pas été moins mécontent de son ordre du jour aux gardes
nationales, où il dit qu'il n'avait que 15 000 hommes,
tandis que j'en avais 60 000 sur l'Escaut ; que, n'en
eût-il que 10 000, il est criminel à un général de donner le
secret de ses forces à l'ennemi et à l'Europe ; qu'il n'a
point de mesure ; que j'ai été mécontent que, pendant les
affaires de Suède, il ait décidé provisoirement l'admission des
Suédois et m'ait ainsi compromis vis-à-vis des Russes ; qu'il
reçoit des correspondances d'un tas d'intrigants de Paris ; que
je sais qu'il n'est pas assez dupe pour ajouter foi à leurs
rapports, mais que cela n'est pas convenable ; que je ne puis
souffrir l'intrigue ; qu'il est de son devoir et de son intérêt
de marcher droit ; qu'il doit chasser cette canaille de chez
lui, et ne pas souffrir qu'elle lui écrive ; que, s'il ne veut
pas, il lui arrivera malheur. Le prince de Pontecorvo a gagné
beaucoup d'argent à Hambourg ; il en a gagné à Elbing et
c'est ce qui m'a valu les mauvaises affaires de Pologne et la
bataille d'Eylau. Je suis fatigué des intrigants, et je suis
scandalisé qu'un homme que j'ai comblé de bienfaits prête
l'oreille à des misérables qu'il connaît et qu'il apprécie. Vous
lui direz qu'il n'a pas vu un homme et reçu une lettre que je ne
l'aie su ; que je connais le peu d'importance qu'il y met ;
mais souffrir la correspondance de ces hommes et les voir, c'est les
encourager.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Tout ceci est secret.
Ne vous servez de ces détails qu'en cas que le prince de Pontecorvo
vous parlât ; sans cela, vous ne lui parlerez de rien.<sup>[^3]</sup></p>
[^1]: Bernadotte. Il a été démis de son commandement à la tête des troupes rassemblées à Anvers pour s’opposer au débarquement anglais à Walcheren le 11 septembre et Napoléon lui a ordonné de regagner Paris. Il lui reprochait, notamment, un ordre du jour dans lequel il révélait la faiblesse de ses effectifs. Voir, CG9-22032, 22047.
[^2]: Voir, CG9-21700. Bernadotte avait attribué au corps saxon qu’il commandait la prise du village de Wagram, le 6 juillet, alors que le matin même, il avait évacué le village d’Aderklaa, en avant de Wagram, et battu en retraite.
[^3]: Minute, Archives nationales, AF IV 882, septembre 1809, n° 93. [LEC 523]</body> |
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