| identifiant | CG9-22034.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1809/09/11 00:00 |
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| titre | Napoléon à Fouché, ministre de la Police générale, tenant le portefeuille de l’Intérieur par intérim |
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| texte en markdown | <body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG9</i> - 22034. - </b>À Fouché, ministre de la Police générale, tenant le portefeuille de l’Intérieur par intérim</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Schönbrunn, 11 septembre 1809</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Donnez l'ordre qu'un
nommé Breuillard de Nervaud, desservant de la paroisse de Sathonay,
diocèse de Lyon, soit arrêté<sup>[^1]</sup>.
Demandez au ministre des cultes<sup>[^2]</sup>
que cet individu soit destitué de sa place et au ministre des
finances<sup>[^3]</sup>
qu'on lui ôte toute espèce de pension.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Qu'est-ce que c'est
qu'un abbé Séguin qui est à Paris ? Faites surveiller cet
individu.<sup>[^4]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3>
[^1]: <span></span> Le <i>Bulletin de Police</i> du 3 novembre rapportait que l’abbé Breuillard, qui avait servi dans l’armée de Condé, avait été arrêté car il avait reçu une lettre du cardinal Pacca. L’Empereur était attentif à tout ce qui se passait à Lyon, depuis qu’au mois d’août, les grands vicaires du cardinal Fesch (Courbon, Renaud et Bochard) avaient refusé de faire précéder le mandement de l’archevêque (le cardinal Fesch) pour le <i>Te Deum</i> destiné à célébrer les victoires de l’armée française en Autriche par la lettre adressée le 13 juillet par Napoléon aux évêques de France. Sur cette affaire, voir, CG9-21758, n° septembre-6 et 13, lettres du 2 septembre à Bigot de Préameneu et au cardinal Fesch. L’opposition plus ou moins sourde du clergé à la politique impériale envers Rome et le pape conduit Napoléon, au même moment, d’une part à contraindre les cardinaux à fixer leur résidence à Paris (voir, CG9-21994), d’autre part à supprimer les congrégations et les ordres missionnaires qui avaient été réautorisés depuis l’époque du Consulat (voir, CG9-22041). Le 22 novembre, Fouché adressera à Napoléon un rapport qui décrit bien l’état d’esprit des milieux religieux à Lyon : « Dans chaque paroisse, il y a sans exception une confrérie du Saint-Sacrement, une autre de la Vierge, et souvent, en outre, des confréries du Sacré-Cœur, de la Miséricorde, de la Foi, etc., etc. Toutes ces sociétés sont dans les mains du clergé ; elles ont, à des époques fixes, des messes, des cérémonies dans l’église ; puis on se réunit, soit dans la sacristie ou chez le curé ; et là, après avoir discuté les affaires particulières de l’association, on s’occupe des intérêts de l’Église en général ; on s’apitoie sur le sort du pape ; on se plaint du gouvernement ; enfin on s’occupe d’objets étrangers à la religion et trop souvent contraires à la fidélité due au souverain. Mais il est extrêmement difficile d’obtenir des renseignements positifs sur ces conversations, auxquelles on ne se livre que lorsqu’on a la certitude qu’il n’y a pas de faux frères. En saisissant leurs papiers, on ne trouverait que des formules mystiques ou des plans de charités. Heureusement ces confréries ne sont guère composées que de femmes, auxquelles se mêle un petit nombre d’hommes sans aucune influence. Mais il existe dans cette ville une autre association religieuse. L’un des moyens employés avec le plus de succès par les jésuites pour obtenir cette influence prodigieuse qu’ils exerçaient sur tout le monde catholique et qui souleva enfin contre eux tous les souverains, était de s’affilier dans toutes les classes de la société, mais surtout parmi les plus élevées et les plus riches, des confrères qui, sous les habits du monde, n’en étaient pas moins de vrais jésuites. Les Pères de la Foi, leurs successeurs, n’avaient eu garde de négliger ce levier si puissant ; ils réunirent en société, sous le prétexte de s’occuper d’œuvres de bienfaisance, les jeunes gens des premières familles de cette ville, surtout de Bellecour. Cette association prit le nom de restaurateurs de la Foi : elle a un signe de ralliement, connu des associés seulement. On saura bientôt positivement si ces deux faits sont exacts, mais il est au moins bien constant qu’ils se rassemblent alternativement chez l’un d’entre eux, avec le plus grand mystère ; qu’ils ne reçoivent personne dans leur société qu’après les plus grandes épreuves, et que leur secret est gardé avec bien plus d’exactitude que ne le fut jamais celui des francs-maçons. Ils étaient dans la main des Pères de la Foi et sous la direction de l’un d’eux. Ces pères ayant été supprimés par ordre de Sa Majesté et le directeur renvoyé de Lyon, les jeunes jésuites en habit bourgeois furent un peu déconcertés par le coup imprévu. Cependant, ils se décidèrent, après une longue délibération, à continuer leur association, et ils s’adressèrent à M. Bochard, grand vicaire, pour les diriger. Cet ecclésiastique, qui met beaucoup de sagesse dans sa conduite, ne voulut se charger de la confrérie qu’après en avoir suffisamment étudié les principes, l’esprit et les vues. Plusieurs choses lui ayant paru répréhensibles, il déclara qu’elles ne lui permettaient pas d’accepter la charge qu’on lui proposait. Les jeunes gens s’engagèrent à les changer, et de ce moment, M. Bochard devint leur directeur. Il dit que maintenant ces jeunes gens sont dans le sens du gouvernement ; mais qu’auparavant, ce n’était pas de même. Sont-ils réellement changés ou n’ont-ils point plutôt voilé de quelques expressions ambiguës les principes qu’ils voyaient ne pouvoir plus professer hautement ? Maintenant ils ne peuvent être dangereux, mais les événements peuvent amener des circonstances dans lesquelles leur réunion entraînerait les plus graves inconvénients. En supposant, par exemple, que le pape, au lieu d’être amené à Grenoble, l’eût été à Lyon ; que l’autorité locale eût voulu empêcher la communication des catholiques avec lui ou bien le faire partir par ordre supérieur, il est incontestable que si le pape eût témoigné vouloir résister, tous ces jeunes gens se seraient déclarés ses champions et auraient combattu avec ce qu’ils appellent la religion. <i>Nota. </i>Comme il n’est pas dans l’intention de Sa Majesté de laisser subsister un pareil noyau de sédition dans une ville telle que Lyon, le ministre a ordonné de le dissiper, mais en prenant les moyens convenables pour que cette dissolution n’opère point un déchirement qui serait contraire à la tranquillité publique. »
[^2]: Bigot de Préameneu.
[^3]: Gaudin.
[^4]: Minute, Archives nationales, AF IV 882, septembre 1809, n° 78. [BRO 459]</body> |
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