| identifiant | CG9-22017.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1809/09/09 00:00 |
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| titre | Napoléon à Fouché, ministre de la Police générale, tenant le portefeuille de l’Intérieur par intérim |
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| texte en markdown | <body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG9</i> - 22017. - </b>À Fouché, ministre de la Police générale, tenant le portefeuille de l’Intérieur par intérim</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Krems, 9 septembre 1809</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Je reçois vos lettres
du 3 septembre. Il paraît que les Anglais se sont retirés chez
eux<sup>[^1]</sup>.
Quelque chose que l'on vous ait dit, tenez pour certain que les
Anglais n'avaient pas plus de 28 000 hommes présents sous
les armes ; ce qui forme un effectif de 33 000 hommes
au moment de l'embarquement ; on a ôté 5 000 hommes
qui n'ont pu s'embarquer, ce qui a formé la réduction. Le mois de
séjour qu'ils ont fait dans les îles de Walcheren et de Beveland
leur a donné 7 à 8 000 malades<sup>[^2]</sup>.
Les Anglais ne ramènent pas en Angleterre une expédition de plus de
12 à 13 000 hommes, encore tous malingres et
fatigués. Je ne me suis jamais attendu à la prise de Flessingue<sup>[^3]</sup>.
C'est une lâcheté et une trahison sans exemple. Je désire que vous
vous expliquiez dans les journaux suivant les données renfermées
dans cette lettre, car il y a des personnes ridicules qui exagèrent
la force des Anglais et la portent à 45 000 hommes<sup>[^4]</sup>.
Ils vont envoyer des renforts en Portugal, où ils en ont besoin<sup>[^5]</sup>.
Anvers est imprenable ; l'idée de remonter le fleuve avec des
vaisseaux est d'une exécution impossible. Il n'y avait besoin ni
d'estacade ni de couler des bâtiments, et, aussitôt que j'ai connu
cela, je l'ai défendu<sup>[^6]</sup>.
L'estacade pouvait être utile pour arrêter les brûlots, quoique
les coudes de la rivière suffisent pour les empêcher d'arriver.
Quand même les Anglais fussent arrivés à 1 500 toises de
la place, ils n'auraient rien fait. Les forts, la garnison les
auraient repoussés ; ils ont sagement fait de se retirer.
L'idée qu'ils attaquent l'île de Cadzand est ridicule, quand ils
n'ont pas commencé par vouloir entrer sur notre territoire, bien
sûrs qu'ils en seraient chassés. Ils ont toujours voulu placer les
eaux entre eux et nous.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je ne sais où vous
avez été chercher que je suis malade. Je ne me suis jamais mieux
porté<sup>[^7]</sup>.
Corvisart<sup>[^8]</sup>
est venu parce que j'ai voulu avoir un médecin d'un mérite
supérieur, dans cette saison surtout qui est sujette à donner des
maladies.<sup>[^9]</sup></p>
[^1]: Ils ont renoncé à tenter de prendre Anvers et rétrogradent sur Flessingue, dont ils se sont emparés au mois d’août, et sur la presqu’île de Walcheren, où ils avaient débarqué à la fin du mois de juillet. Ils rembarqueront à la fin de septembre. Voir les deux lettres précédentes.
[^2]: Les Anglais, en partant, laisseront derrière eux environ 4 000 morts, la très grande majorité victimes des fièvres.
[^3]: Le général Monnet, commandant Flessingue, a capitulé au mois d’août. Napoléon était convaincu qu’il suffisait de rompre les digues pour rendre la place imprenable.
[^4]: C’est le chiffre retenu depuis par les historiens.
[^5]: Les Anglais, après avoir contraint Soult à évacuer le Portugal (juin 1809), ont tenté de marcher sur Madrid. Arrêtés à Talavera de la Reina (28 juillet 1809), ils se sont retirés sur Badajoz. À Talavera, l’armée commandée par Jourdan et par Joseph Bonaparte, étrillée, a été sauvée par l’arrivée soudaine du maréchal Soult, descendu du nord. Les Anglais ne sont pas, dans la péninsule, en aussi fâcheuse posture que le laisse entendre Napoléon.
[^6]: Voir, CG9-21874.
[^7]: La rumeur est récurrente depuis le début de la campagne d’Autriche et Napoléon ne cesse de la démentir.
[^8]: Corvisart était le médecin de Napoléon depuis 1801. Napoléon l’avait appelé à Vienne, non pour être soigné, mais pour qu’il examine Marie Walewska, qui était enceinte.
[^9]: Minute, Archives nationales, AF IV 882, septembre 1809, n° 74. [C 15776]</body> |
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