CG9-21875.md

identifiantCG9-21875.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1809/08/22 00:00
titreNapoléon à Fouché, ministre de la Police générale, tenant le portefeuille de l’Intérieur par intérim
texte en markdown<body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG9</i> - 21875. - </b>À Fouché, ministre de la Police générale, tenant le portefeuille de l’Intérieur par intérim</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Schönbrunn, 22 août 1809</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Je reçois votre lettre du 16. Vous dites que Flessingue est bombardé à vous faire craindre qu'il ne succombe<sup>[^1]</sup>. Vous avez tort d'avoir cette crainte : Flessingue est imprenable tant qu'il y a du pain, et il y en a pour six mois. Flessingue est imprenable, parce qu'il faut exécuter un passage de fossé qui est rempli d'eau, et qu'enfin on peut, en coupant les digues, inonder toute l'île<sup>[^2]</sup>. Si Flessingue était pris avant six mois, il faudrait que les généraux, colonels et officiers supérieurs qui défendent cette place fussent arrêtés et mis en jugement. Je ne crois pas davantage que Rammekens soit pris. Je ne connais pas ce fort ; mais, puisqu'il y a la ressource de couper les digues, il ne doit pas être pris. Écrivez, dites partout que Flessingue ne peut être pris, à moins de lâcheté de la part des commandants. Aussi, je suis très persuadé qu'il ne le sera pas et que les Anglais s'en iront sans l'avoir. Je n'ai donc aucune espèce de crainte là-dessus. Les bombes ne sont rien, absolument rien ; elles écraseront quelques maisons ; mais cela n'a jamais influé sur la reddition d'une place.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Cependant, tandis que les Anglais perdent leur temps sur l'Escaut, Lord Wellesley<sup>[^3]</sup> est battu en Espagne, cerné, en déroute<sup>[^4]</sup> ; il cherche son salut dans une fuite précipitée au milieu des chaleurs. En quittant Talavera, il a recommandé au duc de Bellune<sup>[^5]</sup> 5 000 Anglais malades et blessés, qu'il a été obligé d'y laisser. Le sang anglais coule enfin ! c'est le meilleur pronostic d'arriver enfin à la paix. Sans doute, si les affaires d'Espagne eussent été mieux conduites, pas un Anglais n'eût dû échapper. Mais, enfin, ils ont été battus ; 6 000 ont péri, 8 000 sont nos prisonniers. Commentez ces idées dans des articles de journaux. Démontrez l'extravagance des ministres d'exposer 30 000 Anglais dans le cœur de l'Espagne, devant 120 000 Français, les meilleures troupes du monde, en même temps qu'ils en envoient 25 000 autres se casser le nez dans les marais de la Hollande, où leurs efforts n'aboutissent qu'à exciter le zèle des gardes nationales. Faites sentir l'ineptie de leurs plans en disséminant ainsi leurs forces, et que les petits paquets ont toujours été le cachet des sots.<sup>[^6]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3><p style="margin-bottom: 0cm; "> <br/> </p> [^1]: Les Anglais ont pris Flessingue le 13 août. [^2]: Le général Monnet, commandant de Flessingue, n’a pas exécuté l’ordre de rompre les digues. [^3]: Wellington. [^4]: La « défaite » de Wellington n'est pas si évidente: après avoir tenu en échec l'armée française les 27 et 28 juillet à Talavera de la Reina, qui voulaient lui couper la route de Madrid, il a été contraint de se replier sur Badajoz par l'arrivée en renfort de l'armée du maréchal Soult, le 4 août. [^5]: Le maréchal Victor. [^6]: Minute, Archives nationales, AF IV 881, août 1809, n° 188. [LEC 513]</body>