CG9-21777.md

identifiantCG9-21777.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1809/08/12 00:00
titreNapoléon au vice-amiral Decrès, ministre de la Marine et des Colonies
texte en markdown<body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG9</i> - 21777. - </b>Au vice-amiral Decrès, ministre de la Marine et des Colonies</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Schönbrunn, le 12 août 1809</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur le vice-amiral Decrès, je reçois vos lettres du 5 et du 6. Il est fâcheux que le sieur Malouet<sup>[^1]</sup> pense à évacuer sur Bruxelles. Je suppose que son projet n'est pas d'en sortir de sa personne. Anvers étant à l'abri d'un coup de main, il ne faut pas qu'il donne l'exemple de la désertion. Je suis surpris que vous n'ayez pas demandé la réunion de fréquents conseils pour provoquer des mesures pour la défense des chantiers de l'escadre, cela vous regarde plus que le ministre de la guerre<sup>[^2]</sup>, et que vous ne vous soyez pas réuni au ministre de la police<sup>[^3]</sup> qui avait si bien vu les choses<sup>[^4]</sup>, pour faire sentir le besoin de mesures promptes et efficaces, d'envoyer des maréchaux sur les points menacés, etc. Mes ordres arriveront ; mais on aura perdu 13 jours. Les ministres ont la même autorité que moi, surtout en se faisant autoriser par un conseil ; leur conduite, dans cette circonstance, est faible et propre à tout compromettre. Il devrait y avoir 8 à 9 000 hommes de garde nationale à Boulogne, qui auraient permis de disposer des deux demi-brigades provisoires qui s'y trouvent, 20 000 à Anvers, 10 000 en réserve dans l'île de Cadzand. 80 000 hommes devraient être sur l'Escaut ; vous ne devez pas dire que cela regarde le ministre de la guerre. En demandant qu'on couvrît les chantiers d'Anvers et de l'escadre, en montrant avec chaleur les pertes que nous allions faire, en faisant sentir le prix du moment, vous auriez arraché l'administration à la cruelle stupeur à laquelle elle s'est laissé aller. J'espère que mon escadre est enfin entrée dans l'enceinte d'Anvers<sup>[^5]</sup>.<sup>[^6]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3> [^1]: Pierre-Victor Malouet, ancien député à l’Assemblée constituante de 1789, était le préfet maritime d’Anvers, où il avait développé l’activité des chantiers navals et où il joua un rôle important, et efficace, lors de l’attaque anglaise de 1809. [^2]: Clarke. [^3]: Fouché. [^4]: Fouché a été le seul ministre à prendre des initiatives lorsque fut connu le débarquement anglais à Walcheren. Comme il exerçait l’intérim du ministère de l’Intérieur, il prit sur lui, dès le 2 août, d’ordonner la mobilisation des gardes nationales de 15 départements du Nord. [^5]: L’escadre de l’Escaut commandée par le vice-amiral Missiessy. Voir, CG9-21735. [^6]: Copie d’expédition, S.H.D., GR, 17 C 83 (minute, Archives nationales, AF IV 881, août 1809, n° 108). Note sur la copie : « Répondu à l'empereur le 20, et je lui ai prouvé qu'à moins de porter la chaleur jusqu'au scandale, j'ai fait l'impossible près du conseil, etc. »</body>