CG1-0963.md

identifiantCG1-0963.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1796/10/02 00:00
titreNapoléon au général Kellermann, commandant en chef l’armée des Alpes
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 963. - </b>Au général Kellermann, commandant en chef de l’armée des Alpes</h1><p><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Milan, 11 vendémiaire an V [2 octobre 1796]</h2><p><br/> </p><p>Vous recevrez, mon cher général, une demande du commissaire du Gouvernement pour que nous ayons la 40<sup>e</sup> demi-brigade, qui est à Lyon ou dans le département de la Drôme. J’ai également tiré de Marseille la 18<sup>e</sup>. Quelque nécessaire que la 40<sup>e</sup> soit à Lyon, il est indispensable qu’elle passe ici. Tous mes espions m’instruisent de la grande quantité de troupes que l’Empereur fait filer en Italie.</p><p>Le désastre de notre armée de Sambre[^1] donne une très grande quantité de troupes disponibles, et vous savez que, par le Frioul, cela peut passer en très peu de jours. Il s’agit ici de la conservation de l’Italie, qu’un jour de retard dans l’envoi de ces troupes peut nous faire perdre.</p><p>Il vaut mieux, je crois, que l’on se donne des coups de poing à Lyon et que nous gardions l’Italie. D’ailleurs, le gouvernement sera toujours à temps d’y faire passer des troupes, et il n’en n’est pas de même d’ici.</p><p>Pesez tout cela, mon cher général, avec votre patriotisme ordinaire ; aidez-nous le plus promptement possible, si vous voulez que nous continuions à vous envoyer des 700 000 francs.</p><p>Estime, considération et attachement.<sup> </sup> </p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bonaparte</h3><p><i>P. S.</i> Je vous prie surtout de nous faire passer, le plus tôt possible, des fusils ; vous n’avez pas d’idée de la consommation qu’en font nos gens ; ils ne veulent pas se servir de ceux des Autrichiens.[^2]</p> [^1]: Après la défaite de Wurtzbourg contre l’Archiduc Charles, Jourdan avec l’armée de Sambre-et-Meuse fut contraint à la retraite, obligeant du même coup l’armée du Rhin commandé par Moreau à reculer également. Les deux armées furent contraintes ainsi de repasser sur la rive gauche du rhin, et de ce fait l’armée d’Italie se trouvait sans aucun appui. [^2]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 1062, d’après le dépôt de la Guerre.</body>