CG9-21591.md

identifiantCG9-21591.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1809/07/21 00:00
titreNapoléon à Jérôme, roi de Westphalie, commandant le 10e corps de l’armée d’Allemagne
texte en markdown<body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG9</i> - 21591. - </b>À Jérôme, roi de Westphalie, commandant le 10<sup>e</sup> corps de l’armée d’Allemagne</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Schönbrunn, 21 juillet 1809, à midi</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Le major général<sup>[^1]</sup> me remet votre lettre du 15 datée de Weimar. Vous dites que le duc d'Abrantès<sup>[^2]</sup> a attaqué l'ennemi : il s'en faut de beaucoup. C'est l'ennemi qui a attaqué le duc d'Abrantès et cela par votre faute ; pendant que vous faisiez de belles proclamations, l'ennemi vous a dérobé ses mouvements et est allé tomber sur lui<sup>[^3]</sup>. Il y a peu de générosité de votre part à rejeter vos fausses manœuvres, votre lenteur sur le duc d'Abrantès. Vous auriez dû suivre l'ennemi, s'il était vrai qu'il se retirât en Bohême. Ma victoire ne terminait pas la campagne et, vous approchant des frontières de Bohême, vous obligiez Kienmayer à y rester. Par votre retraite sur Weimar et votre illustre concentration à Erfurt, vous laissiez l'ennemi libre de se concentrer à Prague, et vous me jetiez 15 000 hommes de plus sur les bras. Heureusement que l'armistice est venu changer tout cela. Vous n'avez rempli aucun des buts que j'attendais. Si vous ne vous remuez pas, si vous ne vous défaites pas des ridicules prétentions que vous croyez attachées au rang suprême ; vous serez un homme bon à rien. Est-il possible de porter la déraison jusqu'à vous retirer sur Erfurt quand l'ennemi marche sur moi ? Je veux croire que cela n'est pas défaut d'attachement pour moi et pour la cause commune, mais légèreté et inconséquence. Vous avez laissé Kienmayer tomber sur Junot et ensuite sur moi : vous n'avez pas les premières notions de la guerre, et personne autour de vous qui puisse vous conseiller.<sup>[^4]</sup></p> [^1]: Berthier. [^2]: Junot, qui commande le corps de réserve. [^3]: Pendant que Napoléon préparait le passage du Danube et qu’Eugène combattait l’archiduc Jean, un corps autrichien avait attaqué Dresde et Bayreuth [^4]: <span></span> Copie de minute, Bibliothèque Thiers, fonds Masson, carton 38, fol. 106. Note sur la copie :« portée par un chambellan du roi ». La minute de cette lettre ainsi que la suivante (initialement n<sup>os</sup> 115 et 116 de la série AFIV 881) ont été retirées du minutier selon un décret du 28 novembre 1866 (voir l’introduction du présent volume). Les minutes originales, ainsi que les expéditions semblent avoir disparues, seules subsistent les copies réalisées par F. Masson conservées à la Bibliothèque Thiers. Du fait du ton très vif de Napoléon envers son frère, elles n’ont pas été publiées par Du Casse (<i>Mémoires et correspondance du roi Jérôme</i>, Dentu, 1863, t. IV).</body>