| identifiant | CG9-21551.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1809/07/17 00:00 |
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| titre | Napoléon à Jérôme, roi de Westphalie, commandant le 10e corps de l’armée d’Allemagne |
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| texte en markdown | <body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG9</i> - 21551. - </b>À Jérôme, roi de Westphalie, commandant le 10<sup>e</sup> corps de
l’armée d’Allemagne</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Schönbrunn, 17 juillet 1809</h2><p style="margin-bottom: 0cm">J'ai vu de vous un
ordre du jour qui vous rend la risée de l'Allemagne, de l'Autriche
et de la France<sup>[^1]</sup>.
N'avez-vous donc aucun ami autour de vous qui vous dise quelques
vérités ? Vous êtes roi et frère de l'Empereur :
qualités ridicules à la guerre. Il faut être soldat, et puis
soldat, et encore soldat ; il ne faut avoir ni ministre, ni
corps diplomatique, ni pompe ; il faut bivouaquer à son
avant-garde, être nuit et jour à cheval, marcher avec l'avant-garde
pour avoir des nouvelles, ou bien rester dans son sérail.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Vous faites la guerre
comme un satrape. Est-ce de moi, bon Dieu ! que vous avez appris
cela ? De moi qui, avec une armée de 200 000 hommes,
suis à la tête de mes tirailleurs, ne permettant pas même à
Champagny<sup>[^2]</sup>
de me suivre et le laissant à Munich ou à Vienne ?</p><p style="margin-bottom: 0cm">Qu'est-il arrivé ?
Qu'on est mécontent de vous, que Kienmayer, avec 12 000 hommes,
s'est moqué de vous, de vos ridicules prétentions, vous a dérobé
ses mouvements et est allé tomber sur Junot<sup>[^3]</sup>.
Cela ne fut pas arrivé, si vous aviez été à votre avant-garde et
si vous aviez dirigé de là votre armée. Vous auriez connu son
mouvement ; vous l'auriez poursuivi, soit en entrant en Bohême,
soit en le suivant en queue. Vous avez beaucoup de prétentions,
quelque esprit, quelques bonnes qualités, mais gâtées par de la
fatuité, une extrême présomption, et vous n'avez aucune
connaissance des choses. Si l'armistice n'est pas arrivé sur ces
entrefaites, Kienmayer, après avoir jeté hors de jeu Junot, se sera
porté sur vous.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Cessez d'être
ridicule ; renvoyez le corps diplomatique à Cassel ;
n'ayez aucuns bagages, aucun train ; n'ayez pas d'autre table
que la vôtre. Faites la guerre comme un jeune soldat qui n’a
besoin que de gloire et de réputation, et tâchez de mériter le
rang où vous êtes arrivé, l'estime de la France et de l'Europe qui
vous regardent, et, pardieu ! Ayez assez d'esprit pour écrire
et parler convenablement !<sup>[^4]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3>
[^1]: Voir également la lettre précédente.
[^2]: Ministre des Relations extérieures.
[^3]: Commandant la réserve de l’armée d’Allemagne, Junot avait été envoyé au secours de Bayreuth attaquée par un corps d’armée autrichien. Jérôme avait reçu le commandement des troupes chargées de débloquer Bayreuth et Dresde assiégées.
[^4]: Minute, Archives nationales, AF IV 881, juillet 1809, n° 93. [LEC 479]</body> |
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