| identifiant | CG9-21503.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1809/07/14 00:00 |
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| titre | Napoléon à Jérôme, roi de Westphalie, commandant le 10e corps de l’armée d’Allemagne |
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| texte en markdown | <body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG9</i> - 21503. - </b>À Jérôme, roi de Westphalie, commandant le 10<sup>e</sup> corps de
l’armée d’Allemagne</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Schönbrunn, 14 juillet 1809, une heure
après-midi</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Mon frère, je reçois
votre lettre du 6. Vous avez dû recevoir, par la Bohême, un aide de
camp du prince de Neuchâtel<sup>[^1]</sup>,
qui vous aura instruit du résultat de la bataille de Wagram et de
l'armistice de Znaïm<sup>[^2]</sup>.
Il n'a pas été question de vous dans l'armistice, parce que, de
part et d'autre, on est convenu que vous occuperiez la frontière de
la Confédération.</p><p style="margin-bottom: 0cm">La lettre de votre
ministre de Prusse<sup>[^3]</sup>
ne signifie rien. Ce qu'on vous dit de la Russie est faux ;
c'est mal connaître le caractère de l'empereur Alexandre<sup>[^4]</sup>.
Ce qu'on vous dit du caquetage de la cour de Kœnigsberg est vrai<sup>[^5]</sup>.
Pour de la mauvaise volonté et de la mauvaise foi, il y en a
beaucoup ; mais la Prusse est liée avec moi par des traités<sup>[^6]</sup> ;
d'ailleurs aujourd'hui tout est fini<sup>[^7]</sup>.</p><p style="margin-bottom: 0cm">L'armistice de Znaïm
vous ôte toute inquiétude sur l'expédition des Anglais, qui
toutefois ne pouvait être que bien faible et qui n'était qu'un
épouvantail<sup>[^8]</sup>.
Vous devez sentir la nécessité d'augmenter vos troupes. Le duc
d'Abrantès<sup>[^9]</sup>
me mande qu'il a occupé Amberg, ayant été obligé d'évacuer
Bayreuth par la réunion du corps autrichien de Dresde à celui de
Bayreuth ; ce qui avait porté les forces de l'ennemi à 12 ou
15 000 hommes<sup>[^10]</sup>.
Je vois par votre lettre du 6 que vous êtes à Chemnitz,
c'est-à-dire que vous marchez sur les derrières du corps ennemi ;
par conséquent vous l'aurez forcé à rentrer en Bohême avant
l'armistice. Dans tout état de choses, vous devez occuper Bayreuth
et la Saxe. Je vais employer le temps que durera l'armistice à
soumettre le Tyrol. Le duc d'Abrantès sera augmenté de la division
Lagrange, des corps de Wurtemberg et de Bavière et de ce que pourra
réunir la Saxe ; de manière que, si les hostilités
recommencent, vous pourrez entrer en Bohême avec 30 000 hommes,
sans autre avis<sup>[^11]</sup>.
Surtout ne quittez point Dresde ; reportez-y votre quartier
général. Laissez le corps du duc d'Abrantès à Bayreuth pour
achever de former là son corps. Il est probable, mais il n'est pas
certain que la paix ait lieu<sup>[^12]</sup> ;
il faut donc vous mettre en état de faire, avec votre corps fort de
30 000 hommes, une forte diversion en Bohême, ou partout
où besoin serait.</p><p style="margin-bottom: 0cm">J'ai supprimé le 9<sup>e</sup>
corps de l'armée ; ainsi la Saxe et la garnison de l'Oder font
partie de votre corps<sup>[^13]</sup>.
Il est nécessaire de retirer des places de l'Oder le 22<sup>e</sup>
de ligne, qui est un fort bon régiment ; ce qui vous donnera
3 à 4 000 hommes qui valent ce que vous avez. Je vais
m'occuper de remplacer ce régiment dans le service de ces places.
Aussitôt que l'armistice sera établi chez vous, renvoyez les
détachements que vous avez qui appartiennent à l'armée et ceux qui
forment la 10<sup>e</sup> demi-brigade provisoire, et donnez-m'en
avis. Tout cela est nécessaire pour recruter mon armée. Il y a à
Magdebourg plus de monde qu'il ne faut. Renvoyez-moi toutes les
compagnies d'artillerie française, dont j'ai grand besoin ici.<sup>[^14]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napole</h3>
[^1]: Berthier, major général de l’armée d’Allemagne.
[^2]: L’armistice a été conclu le 12 juillet.
[^3]: Le baron de Brockhausen, ministre de Prusse à Paris, dont une dépêche à son gouvernement avait été interceptée.
[^4]: Napoléon vient pourtant de recevoir la preuve que les Russes n’ont guère conduit avec ardeur les opérations en Pologne contre les Autrichiens : voir, CG9-21479.
[^5]: La cour du roi de Prusse.
[^6]: La Prusse en effet ne s’était pas engagée dans le conflit, mais le roi avait subi d’incessantes pressions pour qu’il déchire le traité signé avec la France et déclare la guerre à celle-ci. Le soulèvement du major prussien Schill, qui avait levé une armée de volontaires pour attaquer les Français dans le nord de l’Allemagne, avait bénéficié, sinon de la complicité active, du moins de la tolérance bienveillante du gouvernement prussien.
[^7]: Les victoires de Wagram (6 juillet) et de Znaïm (11 juillet) ont mis un point final à la campagne de 1809 : une suspension d’armes a été signée le 11.
[^8]: Dix jours plus tard, le 24 juillet, un corps expéditionnaire de 45 000 Anglais embarquera sur une flotte à destination de la Zélande.
[^9]: Junot, commandant de la réserve de l’armée d’Allemagne.
[^10]: À la fin du mois de juin, deux corps autrichiens s’étaient portés, l’un sur Bayreuth, l’autre sur la capitale du royaume de Saxe.
[^11]: Napoléon avait déjà délivré ces instructions à son frère : voir, CG9-21462.
[^12]: Les pourparlers de paix commenceront à Vienne le 19 août. La paix sera signée le 14 octobre.
[^13]: <span></span> La dissolution du 9<sup>e</sup> corps avait été prononcée le 9 juillet (<i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup>, n° 15507).
[^14]: Expédition, Archives nationales, 400 AP 95. [C 15525] Note sur la minute (Archives nationales, AF IV 881, juillet 1809, n° 42) :« portée par le premier courrier du roi ».</body> |
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