CG9-21489.md

identifiantCG9-21489.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1809/07/13 00:00
titreNapoléon aux évêques de l’Empire
texte en markdown<body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG9</i> - 21489. - </b>Aux évêques de<span lang="fr-FR">l’Empire</span></h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Camp impérial de Znaïm, 13 juillet 1809</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur l'évêque de […], les victoires d'Enzersdorf et de Wagram<sup>[^1]</sup>, où le Dieu des armées a si visiblement protégé les armes françaises, doivent exciter la plus vive reconnaissance dans le cœur de nos peuples. Notre intention est donc qu'au reçu de la présente vous vous concertiez avec qui de droit pour réunir nos peuples dans les églises et adresser au ciel des actions de grâces et des prières conformes aux sentiments qui nous animent.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Notre Seigneur Jésus-Christ, quoiqu’issu du sang de David, ne voulut aucun règne temporel<sup>[^2]</sup> ; il voulut, au contraire, qu'on obéit à César dans le règlement des affaires de la terre. Il ne fut animé que du grand objet de la rédemption et du salut des âmes. Héritier du pouvoir de César, nous sommes résolu à maintenir l'indépendance de notre trône et l'intégrité de nos droits. Nous persévérerons dans la grande œuvre du rétablissement de la religion. Nous environnerons ses ministres de la considération que nous seul pouvons leur donner. Nous écouterons leur voix dans tout ce qui a rapport au spirituel et au règlement des consciences.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Au milieu des soins des camps, des alarmes et des sollicitudes de la guerre, nous avons été bien aise de vous donner connaissance de ces sentiments, afin de faire tomber dans le mépris ces œuvres de l'ignorance et de la faiblesse, de la méchanceté ou de la démence, par lesquelles on voudrait semer le trouble et le désordre dans nos provinces. On ne nous détournera pas du grand but vers lequel nous tendons et que nous avons déjà en partie heureusement atteint, le rétablissement des autels de notre religion, en nous portant à croire que ses principes sont incompatibles, comme l'ont prétendu les Grecs, les Anglais, les Protestants et les Calvinistes, avec l'indépendance des trônes et des nations. Dieu nous a assez éclairé pour que nous soyons loin de partager de pareilles erreurs ; notre cœur et ceux de nos sujets n'éprouvent point de semblables craintes. Nous savons que ceux qui voudraient faire dépendre de l'intérêt d'un temporel périssable l'intérêt éternel des consciences et des affaires spirituelles sont hors de la charité, de l'esprit et de la religion de celui qui a dit : <i>Mon empire n'est pas de ce monde.</i><sup>[^3]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3><h4 lang="fr-FR" style=""><br/> <br/> </h4> [^1]: Les 5 et 6 juillet. [^2]: Allusion à la réunion de Rome à l’Empire, prononcée par le décret du 17 mai : voir, CG9-21036. [^3]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 15518, d’après l’extrait du <i>Moniteur</i> du 21 juillet 1809.</body>