| identifiant | CG9-21473.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1809/07/08 00:00 |
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| titre | Napoléon au général Clarke, ministre de la Guerre |
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| texte en markdown | <body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG9</i> - 21473. - </b>Au général Clarke, ministre de la Guerre</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Wolkersdorf, 8 juillet 1809</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur le général
Clarke, les bulletins vous auront appris le résultat des journées
d'Enzersdorf et de Wagram, batailles mémorables où toutes les
forces de la monarchie autrichienne ont été détruites. J'ai mon
quartier général dans la maison qu'occupait le chétif François
II<sup>[^1]</sup>,
qui s'est contenté de voir toute l'affaire du haut d'un belvédère,
à quatre lieues du champ de bataille<sup>[^2]</sup>.</p><p style="margin-bottom: 0cm">J'estime que les
ennemis nous ont fait feu le 5 et le 6 avec sept à huit
cents pièces de canon. Quant à moi, j'en avais beaucoup aussi, car
j'avais cinq cent cinquante pièces. Je leur ai tiré 100 000 boulets
ou coups de mitraille. L'artillerie de la Garde m'a rendu les plus
éminents services, et, comme dans mon organisation, cette artillerie
forme réellement la réserve de l'artillerie de l'armée, je crois
que je me déciderai à la porter à cent vingt pièces. Ainsi
l'artillerie actuelle est de 60 pièces ; j'en ai demandé
vingt-quatre avec les trois nouvelles compagnies que j'ai formées ;
c'est donc encore trente-six pièces à organiser.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Jusqu'à cette heure on
ne sait point trop ce que veut faire l'ennemi. Il marche dans la
direction de la Bohême<sup>[^3]</sup>.
Il est coupé de la Hongrie et de la Moravie. Mes avant-postes sont à
Nicolsbourg et à Stockerau.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Quant aux affaires
d'Espagne, mandez à Madrid que le coup de Jarnac leur viendra des
Anglais, et que si les affaires ne sont pas mieux menées<sup>[^4]</sup>,
je tremble que les Anglais, débouchant du Portugal par Abrantès, ne
surprennent le roi<sup>[^5]</sup>
à Madrid par des mouvements qu'ils auraient cachés.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je vous avais mandé de
prendre parmi les Polonais déserteurs ou prisonniers, au service
d'Autriche, des recrues pour mes régiments polonais qui sont
Espagne ; vous ne m'avez pas répondu sur un objet si
important.<sup>[^6]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napole</h3>
[^1]: <span></span> Rebaptisé François I<sup>er</sup> depuis 1806.
[^2]: <span></span> On lit dans le 25<sup>e</sup> Bulletin :« L’Empereur d’Autriche avait quitté Wolkersdorf le 6, à cinq heures du matin, et était monté sur un belvédère d’où il voyait le champ de bataille et où il est resté jusqu’à midi. Il est alors parti en toute hâte ».
[^3]: Il marche sur Znaïm.
[^4]: Après l’échec de l’intervention du corps expéditionnaire anglais (16 janvier 1809), Soult avait pris l’offensive en Galice et envahi le Portugal. Il devait marcher sur Porto et Lisbonne afin de fermer aux Anglais leur dernier accès à la péninsule. Les Anglais bloqués dans le réduit portugais, il serait inutile de déployer les grands moyens contre les débris des armées espagnoles encore présents dans le nord de l’Espagne, puisque toute jonction entre eux et des secours anglais deviendrait impossible. Le maréchal Victor attaquerait alors l’Andalousie, seule région échappant encore totalement à l’autorité française. La marche de Soult sur Porto n’avait pas été une promenade. Au début du mois de mars, alors qu’il aurait dû arriver, selon ses instructions, en vue de Lisbonne, il se trouvait encore à Orense. Se heurtant à de grandes difficultés, il avait franchi la frontière avec le Portugal le 24 février et occupé Porto le 29 mars, un mois après la date prévue. Il était ensuite resté à Porto quarante-deux jours, furieux de ne recevoir aucune nouvelle des renforts qui, théoriquement, devaient le rejoindre. Immobilisme fatal : le 22 avril, un nouveau corps expéditionnaire anglais, commandé par Wellington, entrait dans les eaux du Tage. Soult, confronté à la formation de foyers d’insurrection dans toute la région de Porto et au mécontentement de ses propres officiers, dut faire face à 40 000 soldats anglais et portugais. Le 12 mai, menacé d’être débordé, Soult fut contraint d’évacuer Porto et de battre en retraite, dans la plus grande confusion, en direction de Lugo. La mésentente entre Soult et Ney aggrava une situation déjà mauvaise : le 30 juin, Soult, ayant évacué toute la Galice, se retrouvait à Astorga, d’où, au début du mois de janvier, il avait engagé la poursuite contre le général Moore. Wellington, en ayant terminé avec Soult, pouvait se retourner, dans le sud, contre Victor, avec l’aide des deux armées espagnoles des généraux Cuesta et Venegas. À Talavera de la Reina, les 27 et 28 juillet, Wellington manquera de peu de balayer l’armée rassemblée par Joseph et Jourdan ; c’est l’arrivée de Soult sur ses arrières, le 4 août, qui sauvera la situation, contraignant Wellington à cantonner ses troupes autour de Badajoz.
[^5]: Joseph Bonaparte.
[^6]: Expédition, collection privée. [C 15500]</body> |
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