CG1-0947.md

identifiantCG1-0947.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1796/09/30 00:00
titreNapoléon au chef de brigade Chasseloup
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 947. - </b>Au chef de brigade Chasseloup</h1><p><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Milan, 9 vendémiaire an V [30 septembre 1796]</h2><p><br/> </p><p>Vous trouverez ci-joint, citoyen Commandant, une autre ordonnance de 30 000 livres, indépendamment de celle de 25 000 livres que j’avais mise à votre disposition. Vous ne l’avez pas reçue ; il paraît qu’elle a été adressée par erreur à l’ordonnateur, et, s’il en était autrement, je vous en enverrais un duplicata.</p><p>Il faut que vous envoyiez des fonds à Milan, afin qu’on puisse s’occuper sans relâche des fortifications de Pizzighettone et du château de Trezzo sur l’Adda. Mon intention est de faire à Pizzighettone tout ce qu’il est possible ; j’y sacrifierai, sans répugnance, 100 000 livres. Un officier du génie travaille déjà au plus pressant ; il faudra que vous-même, quand vous en aurez le temps, vous vous y rendiez, pour donner vos ordres.</p><p>Le château de Trezzo, situé entre Lecco et Cassano, est, à ce qu’on m’assure, dans le genre de celui de Pavie ; il peut contenir plus de 2 000 hommes ; les murs sont très épais ; ce serait un excellent poste pour pouvoir y réunir toutes les troupes qui auraient servi à la défense du haut de l’Adda, du moment que l’ennemi aurait passé, retarder la marche d’un corps ennemi, donner le temps au corps d’armée qui aurait passé à Pizzighettone, ou partout ailleurs, de faire son mouvement.</p><p>Je désire que vous alliez à Guastalla vous assurer par vous-même si cette place pourrait nous servir. Il me faudrait, à la hauteur du Serraglio ou de l’Oglio, une place de la force de Pizzighettone, sur le Pô ou près du Pô, c’est-à-dire à 4 ou 500 toises au plus. Il faut, dès aujourd’hui, ne pas perdre un instant à songer à un genre de guerre plus chanceux que celui que nous avons soutenu jusqu’à cette heure.</p><p>Il faut chercher, par un moyen quelconque, à inonder Mantoue, afin d’accroître le blocus, le priver de la jouissance du The[^1] et de Cerese, et inonder leurs caves par la filtration. Je crois qu’il nous serait très facile de barrer le Mincio à Formigosa et même plus haut, et de barrer ensuite près de Goito la Molinella et les autres petits canaux, afin d’accroître les eaux du Mincio. Je crois que l’exécution de ce plan n’est pas d’un grand travail en se servant de bateaux ; il ne manque pas de digues ni de pierres à Formigosa.</p><p>Lorsque, dans quelques mois, il sera question de faire le siège, il faudra faire l’inverse, c’est-à-dire barrer le Mincio à la naissance de la Molinella, afin de faire couler ses eaux de ce côté, qui est son ancien lit, et de gagner une grande baisse d’eau.</p><p>Serait-il possible de se pratiquer un refuge à Borgoforte, en y employant le jeu des eaux et le fascinage, de manière que 1 500 hommes y fussent à l’abri d’un coup de main, et pussent, après quelques jours de résistance, être dégagés et s’en aller en traversant le Pô ? Le degré du travail qu’il faut pour parvenir à cet objet doit décider à l’entreprendre ou à le rejeter.</p><p>Lorsque vous aurez fait tout ce que vous avez à faire, soit à Mantoue, soit ailleurs, vous vous rendrez à Milan, où je resterai encore longtemps.</p><p>Existe-t-il toujours un fort à Governolo ? Quel parti peut-on en tirer ?</p><p>Faites détruire les retranchements de la Fossa-Maestra ; employez à cet effet les habitants et quelques détachements de soldats.</p><p>Vous trouverez ci-joint une reconnaissance faite sur Guastalla par un de mes aides de camp.[^2]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bonaparte</h3> [^1]: <span></span>Ile (à l’époque) située au sud de Mantoue, où se trouve le palais du<i>Te</i>, résidence d’été construite au XVI ° s. pour la famille de Gonzague. [^2]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 1048, d’après le dépôt de la Guerre.</body>