CG9-21432.md

identifiantCG9-21432.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1809/06/28 00:00
titreNapoléon au général Marmont, commandant l’armée de Dalmatie
texte en markdown<body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG9</i> - 21432. - </b>Au général Marmont, commandant l’armée de Dalmatie</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Schönbrunn, 28 juin 1809, neuf heures du matin</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur le duc de Raguse, le 27, vous n’étiez pas à Graz<sup>[^1]</sup>. Vous avez fait la plus grande faute militaire qu’un général puisse faire. Vous auriez dû y être le 23 à minuit ou le 24 au matin. Vous avez 10 000 hommes à commander, et vous ne savez pas vous faire obéir ; au fond, votre corps n’est qu’une division. Je crois que Montrichard<sup>[^2]</sup> n’est pas grand-chose ; mais vous avez mauvaise grâce à vous plaindre. Que serait-ce si vous commandiez 120 000 hommes ? D’ailleurs une désobéissance formelle serait criminelle ; c’est un malentendu, et comment peut-il y en avoir, quand on n’a que 10 000 hommes ? Marmont, vous avez les meilleurs corps de mon armée ; je désire que vous soyez à une bataille que je veux donner<sup>[^3]</sup>, et vous me retardez de bien des jours. Il faut plus d’activité et plus de mouvement qu’il ne paraît que vous vous en donnez, pour faire la guerre.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Vous avez peut-être enfin battu aujourd’hui Gyulai. Il est bien nécessaire que je puisse savoir à quoi m’en tenir, où vous êtes, et où se ralliera l’ennemi autour de Graz. Il est important qu’il soit dispersé de manière qu’il ne puisse pas se réunir de bien des jours<sup>[^4]</sup>.<sup>[^5]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napo</h3><p style="margin-bottom: 0cm; "> <br/> </p> [^1]: Sur cet incident qui provoque la colère de Napoléon, voir, CG9-21427, et sur les opérations prescrites à Marmont et Broussier, n° 21385. Broussier a été attaqué à Graz, le 24 juin, par le Hongrois Gyulai. Marmont n’ayant rien fait pour le soutenir, Broussier a abandonné ses positions avant de reprendre le contrôle de Graz, où Marmont ne l’a rejoint que le 26. [^2]: Le général Montrichard commande l’une des deux divisions de l’armée de Dalmatie. [^3]: Ce sera la bataille de Wagram (5-6 juillet). [^4]: <span></span><sup> </sup><font size="2" style="font-size: 10pt">Dans Maximilien Vox, </font><font size="2" style="font-size: 10pt"><i>Correspondance de Napoléon, six cents lettres de travail (1806-1810),</i></font><font size="2" style="font-size: 10pt"> Gallimard, Paris, 1943, p. 62, n° 114, un paragraphe supplémentaire qui n’est ni sur la minute, ni sur l’expédition : « Où est donc le temps où, avec une colonne mobile de 300 hommes et deux pièces de canon, j’aurais fait trembler neuf millions d’individus ? Mais on est devenu trop grand seigneur, on ne se remue pas, on dort, et il ne faut point dormir. »</font> [^5]: Expédition, Archives municipales de Châtillon-sur-Seine, 542/11. [C 15453]</body>