CG9-21362.md

identifiantCG9-21362.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1809/06/24 00:00
titreNapoléon à Frédéric-Auguste Ier, roi de Saxe
texte en markdown<body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG9</i> - 21362. - </b>À Frédéric-Auguste I<sup>er</sup>, roi de Saxe</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Schönbrunn, 24 juin 1809</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur mon frère, j’ai reçu la lettre de Votre Majesté. Je suis fâché de tous les embarras que ceci doit lui causer<sup>[^1]</sup>. Elle doit toutefois être sans inquiétude. La division de 7 ou 8 000 hommes que les Autrichiens ont dirigée sur ses États n’a de véritables soldats que trois bataillons. Le roi de Westphalie<sup>[^2]</sup> a dû se réunir avec les troupes de Votre Majesté. La division Gratien et la division du duc de Valmy<sup>[^3]</sup>, qui va se diriger sur Bayreuth, se réunira aussi au roi de Westphalie ; et Votre Majesté aura au moins 30 000 hommes pour rentrer dans ses États<sup>[^4]</sup>. D’ailleurs ici les choses vont se décider. J’ai fait construire sur le Danube deux ponts de pilotis, aussi larges et aussi beaux que celui de Wittenberg, ayant chacun 440 toises de long. Ainsi le Danube ne doit pas se considérer comme un obstacle. La capitulation de la place de Raab<sup>[^5]</sup> a mis une position très importante à notre disposition.</p><p style="margin-bottom: 0cm">La ville de Dresde n’est pas une ville forte mais cependant avec les 3 000 hommes des troupes de Votre Majesté, elle aurait été à l’abri d’une incursion, si elle avait été armée. On a bien fait de la désarmer à l’ouverture de la campagne où l’armée de Votre Majesté pouvait être enfermée : mais depuis la bataille de Ratisbonne<sup>[^6]</sup>, on n’a plus à craindre une invasion sérieuse. 3 000 hommes avec le secours des habitants étaient plus que suffisants pour la mettre à l’abri des misérables troupes qui y sont entrées. Les choses marchent ici à ma satisfaction. Aussitôt que Votre Majesté entrera dans ses États, il sera convenable d’armer Dresde, d’y réunir les levées et la cavalerie, et de se mettre à l’abri des camps volants de l’ennemi, si toutefois alors il est encore maître de la Bohême.<sup>[^7]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3><p style="margin-bottom: 0cm; "> <br/> </p> [^1]: Une division autrichienne avait attaqué le royaume de Saxe et sa capitale, Dresde. Sur l’incursion de troupes autrichiennes en direction de Dresde et de Bayreuth, voir, CG9-21352. [^2]: Jérôme Bonaparte. [^3]: Le maréchal Kellermann, qui commande la réserve. [^4]: Voir, CG9-21321, 21326, 21333 et 21352. [^5]: Le jour même, les troupes d’Eugène prennent possession de la place de Raab. [^6]: Le 23 avril précédent, Napoléon avait chassé les Autrichiens de Ratisbonne et les avait rejetés sur la rive gauche du Danube. [^7]: <span></span><span lang="fr-FR">Expédition, Sächsisches Hauptstaatsarchiv(Dresde) 10026 GK 2760, fol. 708</span>. [C 15432]</body>