| identifiant | CG9-21238.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1809/06/16 00:00 |
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| titre | Napoléon à l’amiral Bytchensky, commandant de l’escadre russe |
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| texte en markdown | <body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG9</i> - 21238. - </b><span lang="fr-FR">À
l’amiral </span>Bytchensky<span lang="fr-FR">,</span> commandant<sup>[^1]</sup>
de l’escadre <span lang="fr-FR">r</span>usse</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Schönbrunn, 16 juin 1809</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur le commandant
de l’escadre russe en relâche à Trieste, le général comte
Caffarelli, mon ministre de la Guerre<sup>[^2]</sup>,
m’a fait connaître les bonnes dispositions que vous avez faites
pour repousser l’attaque des Anglais<sup>[^3]</sup>.
Mais, Trieste étant l’extrémité de ma ligne, le peu de ma
garnison qui s’y trouve doit, en cas d’événement, se retirer
dans le fort, ce qui compromettrait vos équipages. L’empereur de
Russie<sup>[^4]</sup>,
mon auguste allié, ayant déclaré la guerre à l’Autriche, a fait
entrer en Galicie une armée russe sous le commandement du prince
Galitzine<sup>[^5]</sup>.
Dans cet état de choses, mon intention est que vous exécutiez
ponctuellement les dispositions suivantes.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Vous ferez embarquer
sur les transports que vous avez, et sur d’autres si celui-là
n’est pas suffisant, toute votre artillerie, vos munitions de
guerre, cordages, ancres, voiles, et généralement tout ce qui peut
être utile et avoir une valeur, et vous dirigerez tous ces objets
sur mon port de Venise. Les vaisseaux seront mis en désarmement et
laissés sous la garde de quinze matelots, deux ou trois maîtres et
deux officiers de marine. Avec tous vos équipages vous vous rendrez
à Palmanova, où vous les organiserez en trois bataillons. On vous
fournira là des fusils et un armement complet. Aussitôt que je
saurai votre arrivée dans cette place, je vous enverrai l’ordre de
vous diriger sur Vienne. Vous donnerez le même ordre à tous les
hommes formant les équipages de la flottille que vous avez à
Venise ; ils consigneront leurs bâtiments à ma marine
vénitienne sur procès-verbaux et états en règle, et ils se
rendront à Palmanova, où ils formeront un quatrième bataillon et
où ils seront armés.</p><p style="margin-bottom: 0cm">La frégate <i>la
Diomède</i><sup><i>[^6]</i></sup>
partira aussitôt qu’elle le pourra pour se rendre à Venise ou à
Ancône.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Cet ordre est conforme
aux intentions de l’empereur Alexandre, qui désire avoir des
équipages dans la Baltique. Il est d’ailleurs nécessaire
d’empêcher vos équipages de tomber, par les vicissitudes de la
guerre, entre les mains des Autrichiens ou des Anglais.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Vos vaisseaux étant en
mauvais état et incapables de naviguer, il ne faut pas, pour
conserver de vieilles carcasses, exposer les armes russes à un
affront et vos braves équipages à être prisonniers. Enfin vous ne
sauriez mettre trop d’activité dans l’exécution du présent
ordre ; et, si des événements imprévus en empêchent l’entier
accomplissement, vous ne devez pas perdre de vue que votre premier
soin est de sauver les hommes. Vous embarquerez vos pavillons et ne
laisserez sur vos vaisseaux désarmés que la flamme russe, de sorte
que les Anglais ou les Autrichiens, venant à Trieste, ne puissent
prendre que des carcasses désarmées.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Si le commandant de
Trieste le désire, vous pouvez laisser à Trieste dix pièces de
36 avec les affûts, l’armement et l’approvisionnement
nécessaires pour la défense du môle. Si quelques pièces de canon
et des munitions de guerre pouvaient être utiles pour la défense de
la citadelle, vous pouvez les laisser en en faisant dresser
procès-verbal en règle.<sup>[^7]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3><p style="margin-bottom: 0cm; ">
<br/>
</p>
[^1]: Michel Bytchensky (voir, CG9-21401).
[^2]: Ministre de la Guerre du royaume d’Italie.
[^3]: Une escadre russe relâchait à Trieste. Sur la reconquête de Trieste, voir, CG9-21236.
[^4]: <span></span> Alexandre I<sup>er</sup>.
[^5]: Le 12 juin. La veille, le prince Galitzine avait adressé une proclamation aux habitants de Galicie : « La guerre qui a éclaté entre la France et l’Autriche ne pouvait être envisagée par la Russie d’un œil indifférent. On a tout fait, de la part de la Russie, pour étouffer cet incendie à sa naissance. On a déclaré sur-le-champ à la cour d’Autriche qu’en vertu des traités et de l’union étroite qui subsistent entre les Empereurs de Russie et de France, les Russes agiraient parfaitement de concert avec la France. L’Autriche n’a point écouté les représentations qu’on lui a faites. Elle a longtemps caché ses armements de guerre, sous prétexte de mesures défensives, devenues nécessaires, jusqu’à ce qu’enfin, par une attaque ouverte, elle manifesta ses intentions orgueilleuses et arrogantes, en allumant de nouveau le flambeau de la guerre. La Russie ne tarda pas à prendre à cette guerre la part qu’exigeaient des traités solennels. Aussitôt qu’elle eût appris le commencement des hostilités, elle rompit toutes les relations avec l’Autriche, et envoya à ses armées l’ordre d’entrer en Galicie. »
[^6]: Il s’agit d’une flûte de construction russe, mise à flot en 1804.
[^7]: Copie d’expédition, Archives du ministère des Affaires étrangères, C.P., Autriche, vol. 384, fol. 156 (minute, Archives nationales, AF IV 880, juin 1809, n° 123). [C 15361]</body> |
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