| identifiant | CG9-21120.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1809/06/03 00:00 |
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| titre | Napoléon à Eugène, vice-roi d’Italie, à Ebersdorf |
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| texte en markdown | <body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG9</i> - 21120. - </b>À Eugène, vice-roi d’Italie, à<span lang="fr-FR">E</span>bersdorf</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Ebersdorf, 3 juin 1809, dix
heures du soir</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Mon fils, le général
Lauriston mande que l’avant-garde du prince Jean paraît se diriger
sur Œdenbourg, ou du moins qu’au lieu de passer par Körmend il
s’est dirigé entre Körmend et Œdenbourg par Rechnitz ; ce
qui ferait supposer que ce corps veut se rallier sur Raab<sup>[^1]</sup>,
et qu’alors, voulant prendre la route de Körmend, il se fait
éclairer sur sa gauche à sept ou huit lieues de Körmend. Il n’y
a rien d’impossible même que, instruit par les habitants du pays
du peu de troupes qu’il y a à Œdenbourg, il veuille tenter un
coup de main sur cette ville. Je ne vois pas d’inconvénient que
vous portiez votre quartier général à Œdenbourg (le général
Grouchy<sup>[^2]</sup>
peut s’y porter sans passer par Neustadt), et que vous vous mettiez
à la poursuite du prince Jean pour lui couper la retraite, avec la
seule condition de veiller à ce qu’il ne passe pas sur votre
droite, c’est-à-dire entre vous et Bruck, ou entre Œdenbourg et
Neustadt<sup>[^3]</sup>.
Le général Lauriston<sup>[^4]</sup>,
qui a trois beaux régiments de cavalerie, pourra rester avec vous,
et le général Montbrun<sup>[^5]</sup>,
qui est à Bruck avec une division de cavalerie, pourra combiner son
mouvement avec le vôtre. Je vous laisse le maître de vous porter à
Œdenbourg, sans vous donner d’ordre précis, parce que je suppose
que vous avez reçu de Graz, par le général Grouchy, et des postes
que vous avez sur la droite, des nouvelles qui vous mettent à même
d’agir selon mes intentions, qui sont renfermées dans cette idée :
que vous tâchiez de faire du mal au prince Jean. Vous le pouvez,
s’il se retire sur Raab ; vous ne pouvez rien, sans être
obligé à de trop grands mouvements qui vous éloigneraient de
l’armée, s’il se retire sur Pest. Enfin à Œdenbourg vous ne
serez pas plus éloigné de l’armée que de Neustadt. Encore un
coup, il suffit que rien ne passe sur votre droite et ne vous coupe
d’avec Bruck et le général Macdonald<sup>[^6]</sup>.
Vous devez savoir ce qu’il y a à Friedberg et à Hartberg.<sup>[^7]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3>
[^1]: L’archiduc Jean se dirige en effet sur Raab où il sera battu le 14 juin et rejeté en Hongrie.
[^2]: Commandant la cavalerie de l’armée d’Italie.
[^3]: Sur le mouvement prescrit au prince Eugène, voir, CG9-21137.
[^4]: <span></span> Il commande une partie de la cavalerie du 4<sup>e</sup> corps (Masséna), détachée pour faire la liaison avec l’armée d’Italie.
[^5]: <span></span> Commandant la 2<sup>e</sup> division de cavalerie légère de la réserve de cavalerie de l’armée d’Allemagne. Montbrun va renforcer dès lors l’armée d’Italie lancée à la poursuite de l’archiduc Jean qui, par la Hongrie, s’efforce de rejoindre la rive gauche du Danube et l’armée du Prince Charles échelonnée entre Wagram et Presbourg. À partir du 9 juin, Eugène recevra d’autres renforts, d’abord du général Marulaz, qui commande la cavalerie légère du 4<sup>e</sup> corps d’armée (Masséna), ensuite celui du général Lasalle qui avait été chargé initialement d’une reconnaissance des positions autrichiennes du côté de Presbourg.
[^6]: Il commande l’aile droite de l’armée d’Italie et se trouve dans la région de Graz, plus au sud.
[^7]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée
par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 15293, d’après l’expédition communiquée la duchesse de Leuchtenberg (minute, Archives nationales, AF IV 880, juin 1809, n° 14). Note sur la minute : « Portée par M. de Talhouet ».</body> |
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