CG9-21119.md

identifiantCG9-21119.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1809/06/03 00:00
titreNapoléon au général Clarke, ministre de la Guerre
texte en markdown<body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG9</i> - 21119. - </b>Au général Clarke, ministre de la Guerre</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Ebersdorf, 3 juin 1809</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur le général Clarke, écrivez au roi d’Espagne<sup>[^1]</sup> que je ne conçois rien à l’inactivité dans laquelle restent mes forces pendant que l’ennemi cherche à écraser le duc de Dalmatie<sup>[^2]</sup> ; que cependant je n’ai cessé de lui répéter qu’il fallait, à quelque prix que ce soit, rouvrir les communications avec le Nord ; qu’il y a longtemps que le duc de Bellune<sup>[^3]</sup> aurait dû faire des mouvements de ce côté ; que je ne peux voir qu’avec une vive peine qu’on reste dans la plus grande inaction, et qu’on laisse l’ennemi manœuvrer à son aise contre le duc de Dalmatie ; que, si ce maréchal essuie des échecs, la perte de l’Espagne s’ensuivra<sup>[^4]</sup>. Vous aurez sans doute envoyé au Roi les papiers anglais à mesure qu’ils vous parviennent, et vous aurez ordonné des mouvements pour faire diversion et secourir le duc de Dalmatie.<sup>[^5]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3><p style="margin-bottom: 0cm; "> <br/> </p> [^1]: Joseph Bonaparte. [^2]: Soult. [^3]: Victor. [^4]: Après l’échec de l’intervention du corps expéditionnaire anglais (16 janvier 1809), Soult avait pris l’offensive en Galice et envahi le Portugal. Il devait marcher sur Porto et Lisbonne afin de fermer aux Anglais leur dernier accès à la péninsule. Les Anglais bloqués dans le réduit portugais, il serait inutile de déployer les grands moyens contre les débris des armées espagnoles encore présents dans le nord de l’Espagne, puisque toute jonction entre eux et des secours anglais deviendrait impossible. Le maréchal Victor attaquerait alors l’Andalousie, seule région échappant encore totalement à l’autorité française. La marche de Soult sur Porto n’avait pas été une promenade. Au début du mois de mars, alors qu’il aurait dû arriver, selon ses instructions, en vue de Lisbonne, il se trouvait encore à Orense. Se heurtant à de grandes difficultés, il avait franchi la frontière avec le Portugal le 24 février et occupé Porto le 29 mars, un mois après la date prévue. Il était ensuite resté à Porto quarante-deux jours, furieux de ne recevoir aucune nouvelle des renforts qui, théoriquement, devaient le rejoindre. Immobilisme fatal : le 22 avril, un nouveau corps expéditionnaire anglais, commandé par Wellington, entrait dans les eaux du Tage. Soult, confronté à la formation de foyers d’insurrection dans toute la région de Porto et au mécontentement de ses propres officiers, dut faire face à 40 000 soldats anglais et portugais. Le 12 mai, menacé d’être débordé, Soult fut contraint d’évacuer Porto et de battre en retraite, dans la plus grande confusion, en direction de Lugo. La mésentente entre Soult et Ney aggrava une situation déjà mauvaise : le 30 juin, Soult, ayant évacué toute la Galice, se retrouvait à Astorga, d’où, au début du mois de janvier, il avait engagé la poursuite contre le général Moore. Wellington, en ayant terminé avec Soult, pouvait se retourner, dans le sud, contre Victor, avec l’aide des deux armées espagnoles des généraux Cuesta et Venegas. À Talavera de la Reina, les 27 et 28 juillet, Wellington manquera de peu de balayer l’armée rassemblée par Joseph et Jourdan ; c’est l’arrivée de Soult sur ses arrières, le 4 août, qui sauvera la situation, contraignant Wellington à cantonner ses troupes autour de Badajoz. [^5]: Copie d’expédition, S.H.D., GR, 17 C 322 (minute, Archives nationales, AF IV 880, juin 1809, n° 9). [C 15292]</body>