CG9-21090.md

identifiantCG9-21090.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1809/05/29 00:00
titreNapoléon au général Bertrand, commandant en chef le génie de l’armée d’Allemagne
texte en markdown<body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG9</i> - 21090. - </b>Au général Bertrand, commandant en chef le génie de l’armée d’Allemagne</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Ebersdorf, 29 mai 1809<sup>[^1]</sup></h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur le général Bertrand, les pontons que j’avais ont été abîmés par le Danube<sup>[^2]</sup>. Il faut employer une partie des ouvriers de la marine, à Vienne ou à Klosterneuburg, à construire soixante pontons, à peu près comme ceux que nous avions. Nous devons avoir une quarantaine de baquets, il restera donc à s’en procurer vingt. Ces pontons serviront indépendamment des ponts du Danube. Il sera impossible de passer le dernier bras, à moins de quatre ponts débouchant devant l’ennemi. L’un sera formé par les bateaux que le capitaine Baste a ramassés, et qui iront par eau ; le second, par ces petits bateaux qui sont au bord du Danube et qu’il faut calfater ; le troisième, par seize pontons qu’il faut que les ouvriers de la marine aient faits dans trois ou quatre jours ; le quatrième pourrait être fait en radeaux ou en bateaux, venant du côté de l’eau. Le directeur des ponts de Vienne assure qu’il y a plus de cent cinquante bâtiments sous l’eau ; il faut employer une partie des marins à les retirer et à les mettre en état. Je désirerais avoir quelques bateaux armés d’obusiers ou de pièces de 3, et un projet de batterie, qui serait remorquée par ces bateaux, de quatre pièces de 12, avec un épaulement qui mît à l’abri du feu de l’ennemi.<sup>[^3]</sup></p><p style="text-align: right; margin-top: 0.64cm; margin-bottom: 0cm">Napoléon</p><p style="margin-bottom: 0cm; "> <br/> </p> [^1]: Ce même jour Napoléon envoi au général Bertrand une autre lettre pour la mise en défense de la place de Salzbourg dont nous n’avons retrouvé que des extraits (voir les « Lettres sans texte » du présent volume) [^2]: <span></span> Lorsque l’armée avait tenté de franchir le Danube en passant par l’île Lobau (20-22 mai), les ponts jetés sur le fleuve avaient été plusieurs fois emportés, et ils l’avaient encore été dans les jours qui suivirent la bataille d’Essling. Les travaux ont commencé dès la nuit du 23 au 24 mai. Un premier pont est rétabli pour l’évacuation des blessés de la bataille d’Essling restés dans l’île Lobau : « Les ponts sur le Danube sont entièrement rétablis, lit-on dans le 14<sup>e</sup> Bulletin de l’armée d’Allemagne daté du 1<sup>er</sup> juin. On y a joint un pont volant, et l’on prépare tous les matériaux nécessaires pour jeter un autre pont de radeaux. » En fait, un mois sera nécessaire pour rétablir les ponts et en créer de nouveaux. « À l’issue de la reconnaissance du 3 juin, les généraux Foucher et Rogniat ont estimé possible et nécessaire l’établissement de sept ponts : un à l’ancien emplacement, un autre en amont d’Essling, un troisième en aval d’Enzersdorf ; le quatrième à partir d’une île marécageuse, long d’environ 180 mètres et débouchant sur la rive gauche à l’angle d’un bois hors de la portée des feux d’Enzersdorf ; le cinquième sur le bras de l’île, en face d’Enzersdorf ; le sixième sur celui de la petite île, et enfin le septième pour parvenir à l’île, vis-à-vis d’Essling. Ils ont estimé que l’établissement des quatre premiers exigerait environ 100 pontons, sans compter les bateaux de passage. Ces ponts seront de deux types : à supports flottants, dont la réalisation est confiée au premier inspecteur général d’artillerie, La Riboisière, et à supports fixes, dont l’exécution sera de la responsabilité du général du génie Bertrand » (Michel Molières, <i>Napoléon en Autriche. La campagne de 1809</i>). Quatre nouveaux ponts sont jetés sur le Danube entre le 12 et le 15 juin. « Jusque-là, tout s’est bien passé ; le courant a pu être vaincu et on a résolu le problème posé par la réunion des matériaux nécessaires. Mais les obstacles vont se multiplier à partir de cette date car les neuf autres ponts [finalement] prévus doivent être jetés sous le feu de l’ennemi. Au total, huit ponts seront construits, dont trois ne seront terminés que dans l’après-midi du 5 juillet, alors que la bataille décisive (Wagram) est déjà engagée. [^3]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 15276, d’après l’original communiqué par le général Henry Bertrand (minute, Archives nationales, AF IV 880, mai 1809, n° 138). Extrait, [catalogue de vente], Vidal-Mégret, <i>Archives du général comte Bertrand</i>, Drouot, 13 décembre 1982, n° 35.</body>