| identifiant | CG1-0915.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1796/09/21 00:00 |
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| titre | Napoléon à Priocca, ministre des Affaires étrangères du roi de Sardaigne |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 915. - </b>À Priocca[^1], ministre des Affaires étrangères du roi de Sardaigne</h1><p><br/>
</p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Milan, 5<sup>e </sup>jour
complémentaire an IV [21 septembre 1796]</h2><p><br/>
</p><p>Je ne suis point diplomate, monsieur, je suis
militaire ; vous pardonnerez ma franchise. Sur différents
points des états de Sa Majesté, les Français sont assassinés,
volés. Par le traité de paix, le Roi, qui est tenu de nous accorder
le passage sur ses états, doit nous le donner sûr ; et ce
n’est même que pour cet effet que, contre la teneur du traité de
paix, j’ai pris sur moi de restituer à Sa Majesté, non-seulement
le gouvernement civil, mais même le gouvernement militaire dans la
partie de ses états qui lui a été restituée par la République. À
Vinadio, à Limone, sous les yeux de la garnison de Démont[^2],
sous ceux des corps de troupes que M. Frachar[^3]
commande à Borgo San Dalmazzo, l’on se porte tous les jours à des
excès qui paraissent non-seulement tolérés, mais même encouragés
par le gouvernement.</p><p>Je vous demanderai donc une explication simple :</p><p>1<sup>o</sup> Le Roi ne doit-il pas être tenu
d’indemniser et de réparer les pertes faites en conséquence des
délits qui se commettent sur son territoire contre les Français,
lorsque ces délits se commettent en plein jour et par des corps
soldés de deux à trois cents personnes ?</p><p>2<sup>o</sup> Le Roi a-t-il, avec 25 000
hommes qu’il a sous les armes, assez de force pour contenir dans
ses États des brigands, et faire respecter les lois de la justice,
de l’humanité et des traités ?</p><p>On ne juge les hommes, monsieur, que par leurs
actions. La loyauté du Roi est généralement connue ;
cependant on se trouve bien forcé de penser qu’il est des raisons
de politique qui portent à encourager, ou du moins à tolérer des
atrocités aussi révoltantes.</p><p>J’ai écrit à Sa Majesté elle-même ; je
vous prie de lui présenter ma lettre. Le gouvernement français ne
fera rien ouvertement, ni secrètement, qui tendrait à détruire ou
à affaiblir l’effet du gouvernement du Roi sur ses peuples : vous
n’ignorez pas, cependant, que cela serait aussi facile que d’une
réussite certaine. Le jour où vous voudrez sincèrement détruire
les brigands qui infestent notre communication de Coni à
Barcelonnette, ils n’existeront plus.[^4]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bonaparte</h3>
[^1]: Guiseppe Damiano del Carretto, marquis de Salicetto et comte de
Priocca (1749-1813), ministre des Affaires étrangères du roi de
Sardaigne.
[^2]: En italien Demonte.
[^3]: Frachar, officier supérieur sarde, commandant la place de
Borgo-San-Dalmazzo en septembre 1796.
[^4]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée
par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 1018, d’après la
collection Napoléon.</body> |
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