| identifiant | CG9-21029.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1809/05/15 00:00 |
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| titre | Napoléon au maréchal Davout, commandant du 3e corps de l’armée d’Allemagne |
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| texte en markdown | <body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG9</i> - 21029. - </b>Au maréchal Davout, commandant du 3<sup>e </sup>corps de
l’armée d’Allemagne</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Schönbrunn, 15 mai 1809, dix
heures du matin</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Mon cousin, je reçois
votre lettre du 14. Le général Lauriston<sup>[^1]</sup>,
avec 6 000 Badois, marche sur Altenmarkt et se met en
communication avec le général Bruyère<sup>[^2]</sup>,
auquel il donnera ordre de renvoyer sa brigade à Vienne, en gardant
seulement 200 chevaux pour son expédition de Maria Zell ;
mais comme il est moins propre que tout autre à cette expédition,
qui est une affaire d’infanterie, chargez-vous de la faire faire.
Envoyez quatre ou cinq bataillons avec deux pièces de canon,
200 chevaux et un officier intelligent, capable de dissiper tout
ce qui se trouve à Maria Zell.</p><p style="margin-bottom: 0cm">J’ai lu avec bien de
la peine le rapport du major Ameil<sup>[^3]</sup>.
Cet homme est un fou auquel il ne faut pas donner le commandement
d’une expédition en chef. Ses expéditions n’ont pas le sens
commun. C’est en jouant ainsi la vie des hommes qu’on perd la
confiance des soldats. Je ne veux point de poste à Mauthausen ;
je n’en veux nulle part qu’à Linz et à droite et à gauche des
routes, pour former un système. Les autres postes doivent être sur
la rive droite, vis-à-vis ceux-là.</p><p style="margin-bottom: 0cm">L’opinion de ce
pays-ci est que le prince Charles cherche à donner une bataille<sup>[^4]</sup> ;
il faut donc tenir vos troupes reposées pour pouvoir vous porter
partout où il serait nécessaire. Ayez toujours trois ou quatre
jours de pain ; ne harcelez pas vos troupes par des fatigues
inutiles.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Le prince de
Pontecorvo<sup>[^5]</sup>
s’est mis en marche, le 14, de Passau pour Linz ; il y arrive
donc ce soir. J’ai joint à son commandement la division Dupas, ce
qui lui forme un corps assez considérable, et je lui donne l’ordre
de faire une forte reconnaissance en Bohême<sup>[^6]</sup>.</p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Nap</i></h3><p style="margin-bottom: 0cm">Onze heures du matin.</p><p style="margin-bottom: 0cm"><br/>
</p><p style="margin-bottom: 0cm"><i>P.-S.</i> Je suppose
que le régiment français que vous aviez à Linz et celui que vous
aviez à Enns sont tout réunis, et que votre corps d’armée se
trouve tout entier dans votre main, entre Melk et Saint-Pölten. Si
l’ennemi tentait de passer le Danube à Krems, il faudrait en
prévenir aussitôt le général Demont, qui est avec sa division à
Klosterneuburg.<sup>[^7]</sup></p><p style="margin-bottom: 0cm; ">
<br/>
</p>
[^1]: <span></span> Il commande les troupes badoises détachées du 4<sup>e</sup> corps d’armée (Masséna).
[^2]: <span></span> Bruyère commande la 1<sup>e</sup> brigade de la 2<sup>e</sup> division de cavalerie légère (Montbrun) de la réserve de cavalerie (Bessières).
[^3]: Sur le major Ameil, voir, CG9-20816. Il avait été mis à la tête d’un détachement de cavalerie (voir, CG9-20915).
[^4]: L’archiduc Charles, qui s’était replié en Bohême après ses défaites à Eckmühl et Ratisbonne (22-23 avril), avait gagné la région de Vienne par la rive gauche du Danube. Il avait reçu le renfort des troupes de l’archiduc Louis et du général Hiller qui, depuis le 23 avril, rétrogradaient, poussés par l’armée française. Au total, il disposait de 115 000 hommes. Etant séparé de l’armée française par le Danube, très large dans la région de Vienne, il croyait pouvoir compter sur un répit de plusieurs semaines. Mais Napoléon, informé du retour en Autriche de l’armée de l’archiduc Jean, qui avait attaqué en Italie, sachant ne pouvoir compter avant plusieurs semaines sur le renfort de l’armée d’Italie lancée aux trousses de l’archiduc Jean, et inquiet des progrès de l’insurrection dans le Tyrol comme de l’agitation qui se manifestait un peu partout en Allemagne, était décidé à précipiter les choses. Sitôt entré dans Vienne, le 13 mai, il avait décidé de franchir le Danube en aval de Vienne, là où le fleuve, large d’environ un kilomètre, se divise en plusieurs bras séparés par des îles. Il avait jeté son dévolu sur l’île de Lobau, à 5 kilomètres en aval de Vienne. Le génie fut chargé de jeter un pont de bateau sur le bras de 700 mètres qui séparait la rive droite du Danube de l’île Lobau. Le 19 mai, tout est prêt pour le passage. Si Napoléon doit garder des troupes le long de la rive droite du Danube, depuis Linz, pour empêcher toute tentative de tourner l’armée française, s’il a dû dépêcher vers la Hongrie des forces de cavalerie pour retarder la jonction entre les archiducs Jean et Charles, il dispose encore de 80 000 hommes disponibles pour attaquer le gros des forces de l’archiduc Charles établies autour de Wagram. Le 18 mai, Napoléon quitte Vienne et se rend à Ebersdorf pour surveiller les préparatifs du passage du Danube et de l’occupation de l’île Lobau.
[^5]: <span></span> Bernadotte, qui commande le 9<sup>e</sup> corps d’armée (troupes saxonnes et polonaises).
[^6]: Voir, CG9-21025.
[^7]: Expédition, Archives nationales, 398 Mi 1 [384 AP 251-252 : fonds Suchet d’Albufera]. [C 15212]</body> |
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