CG9-20973.md

identifiantCG9-20973.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1809/05/06 00:00
titreNapoléon au maréchal Davout, commandant du 3e corps de l’armée d’Allemagne
texte en markdown<body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG9</i> - 20973. - </b>Au maréchal Davout, commandant du 3<sup>e</sup> corps de l’armée d’Allemagne</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Enns, 6 mai 1809, 6 heures du soir</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Mon cousin, je reçois votre lettre du 6 mai, à une heure après midi. Les ducs de Montebello<sup>[^1]</sup> et d’Istrie<sup>[^2]</sup> ont passé l’Ips et l’Erlaf. On a fait 500 prisonniers ; l’armée ennemie se sauve dans le plus grand désordre<sup>[^3]</sup>. Nous serons demain à Melk. Faites filer vos 300 000 rations de pain en trois convois de 100 000 rations chacun. Mettez des hommes intelligents à la tête de chaque convoi. Ordonnez-leur de ne jamais aborder sur la rive gauche, mais toujours sur la rive droite. Que le premier convoi vienne aborder au village d’Ips, près l’embouchure de la rivière de ce nom, d’où on lui donnera l’ordre de continuer sur Melk, selon les circonstances. Le deuxième convoi peut aborder plus loin et se faire avertir par le premier s’il peut avancer. Indépendamment de l’avantage d’avoir du pain, nous aurons celui de pouvoir faire un pont à Krems avec ces bateaux, ce qui est d’une grande importance.</p><p style="margin-bottom: 0cm">J’avais fait préparer, dans la campagne dernière, une tête de pont à Linz<sup>[^4]</sup>. Cette tête de pont doit être une espèce de camp retranché, où 10 000 hommes puissent se défendre contre une force triple ou quadruple, avec un réduit. Faites-y travailler avec la plus grande activité ; c’est extrêmement important. Être dominé n’est rien ; le principal est de donner le temps à des troupes d’arriver et de déboucher par-là, ou à ceux qui défendent le pont, de se retirer et de le brûler.<sup>[^5]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Napol</i></h3><h4 lang="fr-FR" style=""><br/> <br/> </h4> [^1]: <span></span> Lannes, commandant du 2<sup>e</sup> corps d’armée. [^2]: Bessières, commandant la réserve de cavalerie. [^3]: De Wels, sur la Traun, Bessières et Lannes avaient marché sur Steyer, sur l’Enns, qu’ils avaient franchie le 4 mai, atteignant Amstetten le 5, où l’avant-garde française s’était heurtée à l’arrière-garde autrichienne, lui faisant 500 prisonniers. Le lendemain, l’avant-garde française reprend sa marche en direction de Melk, sur la rive gauche du Danube, à l’ouest de Vienne. Le 6 mai, les positions sont les suivantes : Lannes atteint Melk, Masséna Amstetten, Davout s’est établi à Linz où il s’occupe de fortifier une tête de pont afin de parer à toute contre-attaque autrichienne lancée sur le Danube depuis la Bohême. [^4]: Voir, CG9-20965 et 20972. Il s’agit bien sûr ici de la campagne de 1805. [^5]: Expédition, Archives nationales, 398 Mi 1 [384 AP 251-252 : fonds Suchet d’Albufera]. [C 15165]</body>