| identifiant | CG9-20908.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1809/04/26 00:00 |
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| titre | Napoléon au maréchal Davout, commandant du 3e corps de l’armée d’Allemagne |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG9</i> - 20908. - </b>Au maréchal Davout, commandant du 3<sup>e</sup> corps de l’armée
d’Allemagne</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Ratisbonne, 26 avril 1809, trois heures du
matin</h2><p>Mon cousin, je reçois votre lettre du 25 à
onze heures du soir, où je vois que vous pensez que le prince
Charles se serait porté sur Passau par Cham<sup>[^1]</sup>.
Cette marche de flanc serait bien hasardeuse. <i>Nous devons être
aujourd’hui 26 à Passau</i><sup><i>[^2]</i></sup>.
D’ailleurs vous ne dites point sur quoi vous fondez cette opinion.
Les renseignements donnés par le général Montbrun<sup>[^3]</sup>,
qui les a pris sur les lieux, sont tout opposés. Tout porte donc à
penser qu’il a pris la direction qu’annonce le général
Montbrun ; cette marche est plus naturelle. Cependant j’attends
de connaître <i>positivement ce qui en est ; il m’importe
beaucoup d’être éclairé</i> <i>sur cette affaire</i>.</p><p>Hemau étant libre et Bellegarde s’étant retiré
sur Schwandorf, il ne faut pas épuiser votre cavalerie en courses
inutiles du côté de Nuremberg ; de simples estafettes
suffisent ; et employez le 12<sup>e</sup> de chasseurs à
talonner l’arrière-garde de <i>Bellegarde</i>. Je pense qu’avec
votre corps d’armée vous devez vous porter sur Bruck, où vous
saurez positivement le parti que prendra le prince Charles. Le
général de division Dupas, avec une brigade française de
5 000 hommes<sup>[^4]</sup>
et une brigade composée des contingents des petits princes, que
commande le général Rouyer<sup>[^5]</sup>,
formant une division de 10 000 hommes, se rend à
Ratisbonne, où je suppose qu’il sera arrivé le 27. <i>Je retiens
le général Boudet</i><sup><i>[^6]</i></sup><i>
à Straubing jusqu’à nouvel ordre ; il y est arrivé hier 25,
à dix heures du soir. J’ai bien de l’impatience à savoir ce
qu’a fait l’ennemi</i>.<sup>[^7]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Napole</i></h3>
[^1]: Napoléon a donné dès le 24 avril, au lendemain de la reprise de Ratisbonne, ses premiers ordres pour la marche sur Vienne. Derrière l’avant-garde du maréchal Bessières, trois colonnes marchent sur la rive droite du Danube, formées, du nord au sud, par les corps de Masséna, Lannes et Lefebvre. Masséna, sur la gauche, doit couper les communications – les ponts – entre la Bohême et la Bavière et reprendre Passau. Napoléon, avec Lannes, les cuirassiers de Nansouty et Saint-Sulpice et la brigade Demont, marche à la suite de Bessières, se tenant prêt à venir épauler Masséna au nord ou Lefebvre au sud. Lefebvre, qui surveille le flanc droit de l’armée vers l’Italie, doit également marcher sur Munich pour y rétablir le roi de Bavière, refouler les Autrichiens sur Salzbourg, occuper cette ville, puis passer dans le Tyrol pour y rétablir la souveraineté bavaroise. Le corps d’armée de Davout avance seul sur la rive gauche du fleuve, surveillant les mouvements de l’archiduc Charles vers la Bohême. Le 24 avril, l’avant-garde franchit l’Isar et se heurte le 25 à 35 000 Autrichiens que l’archiduc Louis et le général Hiller ont relancés en avant. Mais ayant appris la défaite des Autrichiens à Eckmühl et Ratisbonne, ils interrompent leur mouvement et franchissent l’Inn le lendemain. Le 26 avril, tandis que Bessières et Lannes franchissent l’Inn, Masséna, au nord, reprend Passau. Le 27 avril, Bessières atteint Neumarkt, Lannes Muhldorf, Lefebvre atteindra Salzbourg le 29. Sur la rive gauche, l’archiduc Charles a établi son quartier général à Cham, où il s’efforce de rassembler son armée en déroute, surveillé par les éclaireurs de Davout ; le 28, il reprend sa retraite vers la Bohême. Il a demandé à son frère l’archiduc Jean, à l’archiduc Louis et au général Hiller d’opérer un regroupement général sur Linz pour organiser la défense de Vienne. Le 30, Lannes franchit la Salza et arrive à Lambach. Aussitôt, Berthier ordonne à Masséna de marcher rapidement de Passau sur Efferding, et de là sur Linz : il devra s’assurer de la ville et du pont qui enjambe le Danube. Linz occupée, Masséna devra prendre la direction de l’est, traverser la Traun et s’emparer d’Ebersberg avant que l’archiduc Charles ne puisse se rabattre sur la droite du Danube et faire sa jonction avec les armées des archiducs et du général Hiller. Le 2 mai, l’armée française est regroupée à Linz, sauf une partie du corps d’armée du maréchal Lefebvre qui, après avoir occupé Salzbourg, s’efforce de reprendre le contrôle du Tyrol insurgé. À la même date du 3 mai, l’archiduc Charles se trouve toujours au nord du Danube, à Budweis ; l’archiduc Louis et le général Hiller se sont réorganisés à l’est de la Traun, à Ebersberg, le général Klenau, détaché de l’armée de l’archiduc Charles, longeant le Danube sur la rive gauche.
[^2]: Les troupes de Masséna occupent Passau dans la journée.
[^3]: Il commande une division de cavalerie légère.
[^4]: <span></span> La 1<sup>re</sup> division du 8<sup>e</sup> corps (Augereau).
[^5]: Brigade de 4 régiments.
[^6]: <span></span> Boudet commande la 1<sup>re</sup> division d’infanterie du 4<sup>e</sup> corps (Masséna).
[^7]: Expédition, collection comte Charles-André Walewski. Note sur la minute (Archives nationales, AF IV 880, avril 1809, n° 227) : « portée par son aide de camp ». [C 15122]</body> |
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