| identifiant | CG9-20876.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1809/04/19 00:00 |
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| titre | Napoléon au maréchal Masséna, commandant du 4e corps de l’armée d’Allemagne |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG9</i> - 20876. - </b>Au maréchal Masséna, commandant du 4<sup>e </sup>corps de l’armée
d’Allemagne</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Ingolstadt, 19 avril 1809, midi</h2><p>Mon cousin, je reçois votre lettre de ce matin à
six heures<sup>[^1]</sup>.
Je suppose que vous aurez fait pousser vivement les 4 000 hommes
que vous avez devant vous et de manière qu’ils n’échappent
pas<sup>[^2]</sup>.</p><p>A Au et à Freising il n’y a pas grand-chose ;
peut-être le reste du corps que vous avez battu et qui, en entier,
n’est que de cinq régiments.</p><p>Nos opérations se dessinent ; voici le
véritable état des choses. Le prince Charles, avec toute son armée,
était ce matin à une journée de Ratisbonne et a sa ligne
d’opération sur Landshut. Le duc d’Auerstaedt<sup>[^3]</sup>,
cette nuit et ce matin, a évacué Ratisbonne pour se porter sur
Neustadt et se joindre aux Bavarois. Je m’attendais donc
aujourd’hui à une affaire. Cependant il est midi, et le canon ne
se fait pas entendre.</p><p>Vous voyez que, par cette manœuvre, je refuse ma
gauche, voulant faire avancer ma droite que vous formez et qui dès
aujourd’hui commence à entrer en jeu.</p><p>Ce soir ou demain on se battra peut-être à la
gauche. Poussez le corps d’Oudinot sur Au et sur Freising. Poussez
des postes sur Munich pour savoir ce qu’il y a. Les habitants du
pays étant pour nous, vous pouvez envoyer des estafettes partout.</p><p>De Freising et d’Au, selon les renseignements
qu’on aura aujourd’hui, <i>je vous dirigerai</i> sur Landshut ;
et alors le prince Charles se trouverait avoir perdu sa ligne
d’opération, sa protection qui est l’Isar et se trouverait
attaqué sur sa gauche. Je vous dis de porter une division à Au et
de ne pas les placer toutes à Freising, parce que, si la gauche
était engagée plus que je ne le désire, la division qui sera à Au
<i>aura fait une marche</i> <i>au secours de la gauche</i>.</p><p>Tout ceci doit s’éclaircir dans la journée, et
les moments sont précieux.<sup>[^4]</sup>
Placez vos quatre divisions <i>autour de Pfaffenhofen</i>, sur ces
trois directions : Neustadt, Freising et Au ; afin que
selon les circonstances, une d’elles marche la première et dirige
les colonnes sur les points où il faudra marcher. Ici, tout est
calcul d’heure. Du reste, 12 ou 15 000 de cette
canaille <i>que vous avez battue ce matin</i> doivent être attaqués,
tête baissée, par 6 000 de nos gens<sup>[^5]</sup>.<sup>[^6]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Nap</i></h3>
[^1]: <span></span> Elle est datée de neuf et non de six heures ; Masséna informait Napoléon de son arrivée à Pfaffenhofen et lui disait être sûr que le 4<sup>e</sup> corps rejoindrait ses positions dans la journée. Il écrivait aussi qu’Oudinot avait dispersé 4 000 Autrichiens à Pfaffenhofen.
[^2]: Les Autrichiens s’avançaient sur deux colonnes depuis qu’elles avaient franchi l’Inn les 9 et 10 avril. La première se dirigeait de Passau sur Ratisbonne par Eckmühl et Thann, la seconde de Braunau sur Abensberg et Ingolstadt par Landshut. Napoléon avait ordonné à Davout, qui se trouvait à Ratisbonne de se rapprocher du centre, formé par le corps bavarois du maréchal Lefebvre, concentré autour d’Abensberg et Ingolstadt, et à Masséna, qui venait d’Ulm sur Augsbourg, de marcher sur Pfaffenhofen, en direction de Landshut, afin d’attaquer l’ennemi sur son flanc gauche. Ce même 19 avril, Davout, qui vient de Ratisbonne, se heurte aux avant-gardes autrichiennes à Thann et les refoule sur Eckmühl. Les Autrichiens ayant interrompu leur mouvement en direction de Ratisbonne, Napoléon décide d’attaquer l’ennemi dont les têtes des deux colonnes occupent une ligne allant de Landshut à Eckmühl. Pour cela, il ordonne à Davout de tenir la ligne Thann-Abensberg, il décide de renforcer le centre en constituant une masse d’attaque avec des troupes retirées à Davout qui seront confiées à Lannes, et il demande à Masséna de marcher sur Pfaffenhofen et de se tenir prêt à attaquer en direction de Landshut.
[^3]: <span></span> Davout, commandant du 3<sup>e</sup> corps d’armée.
[^4]: Passage barré dans l’expédition : « Tenez le corps d'Oudinot disponible et ».
[^5]: <span></span> Cette lettre fut expédiée en <i>primata</i> et <i>duplicata</i> au maréchal Masséna : le <i>primata,</i> à midi, par un officier d'ordonnance de l'Empereur ; le <i>duplicata,</i> à une heure de l'après-midi, par un aide de camp du maréchal, qui retournait près de lui. À ce moment, l'Empereur, montant à cheval, changea les dispositions qu'il venait de prescrire pour le corps d'Oudinot ; il dicta alors ce post-scriptum, qui modifie ses premiers ordres :<i> </i>« <i>P.-S. </i>Au lieu de placer une division d'Oudinot à Au, ainsi qu'il est dit dans le primata qui vient de vous être expédié par un officier d'ordonnance, vous placerez cette division sur Neustadt, afin qu'elle gagne une marche pour soutenir la gauche ; et l'autre division, vous la placerez comme il est dit ci-dessus, sur Freising » (sur la minute des Archives nationales, AF IV 880, avril 1809, n° 200).
[^6]: <span></span> Expédition, Archives nationales, 304 Mi 48 [fonds Masséna, 311 AP]. [C 15092]</body> |
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