| identifiant | CG9-20853.md |
|---|
| fait partie de | correspondance |
|---|
| est validé | oui |
|---|
| date | 1809/04/17 00:00 |
|---|
| titre | Napoléon au maréchal Masséna, commandant du 4e corps de l’armée d’Allemagne |
|---|
| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG9</i> - 20853. - </b>Au maréchal Masséna, commandant du 4<sup>e</sup> corps de l’armée
d’Allemagne</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Donauwörth, 17 avril 1809, une heure après
midi</h2><p>Mon cousin, vous recevrez dans la nuit l’ordre
de partir demain à 3 heures du matin avec votre corps et celui
du général Oudinot<sup>[^1]</sup>.
Le major général<sup>[^2]</sup>
fait dans ce moment vos instructions, mais vous devez de suite faire
vos dispositions. <i>Préparez-</i>vous 4 jours de biscuit, 4 de
pain et organisez Augsbourg<sup>[^3]</sup>
comme s’il devait être assiégé. Laissez-y un général
commandant, les dépôts français des deux corps, les malades, un
régiment badois et un hessois, 4 officiers du génie,
2 commissaires des guerres et <i>4 </i>officiers
d’artillerie. Deux compagnies d’artillerie qui sont ici vont
partir pour se rendre à Augsbourg. <i>Toutes ces</i> troupes
occuperont la tête de pont et la ville. Faites fermer toutes les
portes d’Augsbourg, que personne n’entre ni ne sorte, enfin qu’on
ignore désormais votre mouvement. Que les corps de cavalerie que
vous avez empêchent d’aller sur Munich.
</p><p>Le général Moulin<sup>[^4]</sup>,
que j’avais destiné au commandement d’Augsbourg, va s’y
rendre. Instruisez-le de ce qu’il a à faire. Cerné par toute
l’armée ennemie, il faut qu’il s’y défende et s’y
maintienne, jusqu’à ce que les pièces de siège soient arrivées
<i>et la brèche faite.</i> Donnez les derniers ordres pour que les
fossés soient remplis d’eau. Tout ce qui arrivera à Augsbourg de
Français isolés, de compagnies de marche, de bataillons de
marche, accroîtra la garnison. Il ne devra sortir d’Augsbourg que
des convois de pain, par suite des ordres que <i>vous</i> donnerez,
et sous escorte. Que les bagages, embarras, femmes, etc. restent à
Augsbourg. Le général qui commandera Augsbourg, indépendamment que
la communication sera libre par la rive droite du Lech, communiquera
librement avec Ingolstadt par la rive gauche.
</p><p>Votre marche est destinée, pour se combiner avec
celle de l’armée, prendre l’ennemi en flagrant délit et
détruire ses colonnes<sup>[^5]</sup>.
Il faut donc que vous soyez léger, que vous n’ayez pas de queue,
que le parc d’artillerie soit avec le corps d’armée, que deux
heures après qu’il aura débouché, il n’y ait plus rien sur la
route. Répondez-moi dans la nuit, et faites-moi connaître s’il y
a suffisamment de munitions, vivres et approvisionnements à
Augsbourg ; vous sentez que je parle dans le cas de siège.
Mais, s’il y a en munitions et approvisionnements de quoi tenir
18 à 25 jours, c’est tout ce qu’il faut. En partant,
vous mettrez la place en état de siège, et dès ce moment, tout
doit obéir au commandant. Tous les bagages qui se trouveront entre
Ulm et Augsbourg doivent être renfermés dans Augsbourg, de sorte
que lors, même que les partis ennemis viendraient entre Ulm et
Augsbourg, ils ne nous enlèvent rien. Quant aux voyageurs qui ne
voudraient pas être renfermés dans Augsbourg, ils peuvent passer
par Landsberg, quoique, dans les 5 ou 6 premiers jours, il
vaut mieux que rien ne passe.
</p><p>Répandez le bruit que vous marchez partie en
Tyrol, et partie sur Munich. Votre payeur peut vous suivre, pourvu
que son argent soit attelé par ses chevaux. Quant aux dépôts de
cavalerie, les chevaux éclopés on peut les tenir paître sur les
remparts d’Augsbourg.
</p><p>Donnez déjà vos dispositions pour qu’à
4 heures du matin, la queue de votre colonne ait dépassé
Freidberg. Poussez de fortes reconnaissances sur Dachau, afin d’être
assuré, quand vous partirez, que l’infanterie ennemie n’est pas
arrivée dans cette position.
</p><p>Faites en sorte que je reçoive cette nuit l’état
de situation de votre corps, en hommes, chevaux, cartouches
d’infanterie et de canon.
</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Napoléon</i></h3><p><i>P.-S. </i> Préparez tout, ne faites aucun
éclat prématuré, et que ces dispositions ne soient connues du
public que lorsque vous serez parti.<sup>[^6]</sup></p>
[^1]: <span></span> Le corps Oudinot, qui fait partie du 2<sup>e</sup> corps (Lannes), se trouve provisoirement placé sous le commandement de Masséna (4<sup>e</sup> corps).
[^2]: Berthier.
[^3]: Le corps Oudinot se trouve à Augsbourg.
[^4]: Voir, CG9-20815.
[^5]: Napoléon a décidé d’attaquer : Voir, CG9-20849.
[^6]: <span></span> Expédition, Archives nationales, 304 Mi 48 [fonds Masséna, 311 AP]. Note sur la minute (Archives nationales, AF IV 880, avril 1809, n° 180) : « portée par le prince Aldobrandini ». [C 15080]</body> |
|---|
| |