CG9-20848.md

identifiantCG9-20848.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1809/04/17 00:00
titreNapoléon au maréchal Davout, commandant du 3e corps de l’armée d’Allemagne
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG9</i> - 20848. - </b>Au maréchal Davout, commandant du 3<sup>e</sup> corps de l’armée d’Allemagne</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Donauwörth, 17 avril 1809, <i>sept heures du soir</i></h2><p>Mon cousin, depuis ce matin que je suis arrivé, je vous ai expédié le général Savary, mon officier d’ordonnance Vence, un officier d’artillerie, un major bavarois, et j’ai chargé le général de Wrède<sup>[^1]</sup> et le duc de Dantzig<sup>[^2]</sup>, auxquels j’ai écrit par plusieurs occasions, de vous faire connaître mes intentions<sup>[^3]</sup>. Il est six heures du soir ; je vous expédie votre aide de camp, qui vous porte le duplicata de mes ordres et qui me promet d’être arrivé avant six heures du matin. On a entendu du canon entre Pfaffenhofen et Freising.</p><p>Le duc de Rivoli<sup>[^4]</sup> et le général Oudinot<sup>[^5]</sup> partent d’Augsbourg, avant le jour, pour se diriger par Aichach sur Pfaffenhofen. La division Nansouty, le général Demont et le général Vandamme seront à Ingolstadt<sup>[^6]</sup>, où je crois être demain ; les Bavarois<sup>[^7]</sup> entre Ingolstadt et Neustadt. Ainsi j’espère demain avoir deux fois dans la journée de vos nouvelles, puisque nous marchons à la rencontre l’un de l’autre. Je ne sais si l’ennemi occupe en force Straubing et s’il débouche de ce côté. J’ignore ce qu’il a sur l’Altmühl. La journée de demain sera une journée préparatoire pour se rapprocher, et je suppose que mercredi nous pourrons, selon les circonstances, manœuvrer sur les colonnes qui ont débouché par Landshut et ailleurs, et mettre en déroute ce qui <i>serait entre</i> le Danube, l’Isar, et peut-être même l’Inn<sup>[^8]</sup>. Masquez votre mouvement à Bellegarde le plus que vous pourrez, sauf, après avoir remporté des avantages sur l’Isar, à revenir sur Ratisbonne, si le général Bellegarde s’y engage.</p><p>Votre aide de camp vous remettra mon ordre du jour.</p><p>Si le canon continue à tirer demain contre les Bavarois, accélérez votre marche pour venir à leur secours<sup>[^9]</sup>. Il se pourrait que dès demain vous puissiez faire beaucoup de mal à la colonne ennemie de Landshut. Tout porte à penser que la route n’a pas été interceptée sur la rive droite ; d’ailleurs vous pourriez correspondre par<i> les 2 </i>routes<i> </i>[…]. L’essentiel est de donner beaucoup de vos nouvelles et de nous faire savoir ce que vous auriez appris à Ratisbonne.</p><p>Vos cinq divisions, y compris celle du général Demont<sup>[^10]</sup>, les six divisions qu’amène le duc de Rivoli<sup>[^11]</sup>, les trois divisions de cuirassiers<sup>[^12]</sup> sont dans le cas de battre toutes les forces de la monarchie autrichienne réunies ; mais il faut avant tout que nos communications soient assurées, et marcher par système. Si vous arrivez demain à Neustadt, vous serez à huit lieues de mon quartier général, comme je serai à huit lieues du duc de Rivoli. Le duc de Dantzig sera encore plus près. Je pourrai ainsi donner des ordres demain après-midi pour le complément de l’opération méditée<sup>[^13]</sup>. Le général Rouyer sera aujourd’hui à Nördlingen et demain à Donauwörth<sup>[^14]</sup>. J’ai mis une bonne garnison dans Augsbourg, qui est à l’abri d’un coup de main. Mes chevaux ne sont pas encore arrivés ; si vous pouvez m’envoyer un ou deux des vôtres, sans trop vous gêner, faites-le<sup>[^15]</sup>. Le général de brigade Gautier est parti, il y a deux heures, pour Ingolstadt<sup>[^16]</sup> ; il sera sous les ordres du général Demont. Le général Nansouty a été reprendre le commandement de sa division<sup>[^17]</sup>. Ne laissez juste que la cavalerie nécessaire en observation, et menez-en avec vous le plus que vous pourrez.<sup>[^18]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Nap</i></h3> [^1]: <span></span> Il commande une des 3 divisions du 7<sup>e</sup> corps (Lefebvre). [^2]: <span></span> Lefebvre, commandant du 7<sup>e</sup> corps. [^3]: Voir, CG9-20842, et la lettre précédente. [^4]: <span></span> Masséna, commandant du 4<sup>e</sup> corps. [^5]: <span></span> Le corps Oudinot fait partie du 2<sup>e</sup> corps (Lannes). [^6]: <span></span> Il s’agit de la division de grosse cavalerie commandée par le général Nansouty ; le général Demont commande la 4<sup>e</sup> division d’infanterie du 3<sup>e</sup> corps (Davout), et Vandamme la division wurtembergeoise du 8<sup>e</sup> corps (Augereau). [^7]: <span></span> Commandés par le maréchal Lefebvre (7<sup>e</sup> corps). [^8]: Le 19 avril, les divisions Friant et Saint-Hilaire, du corps d’armée commandé par Davout, repoussent de Thann sur Eckmühl les Autrichiens qui attaquaient en direction de Ratisbonne. [^9]: <span></span> Les divisions bavaroises commandées par le maréchal Lefebvre (7<sup>e</sup> corps) sont concentrées autour d’Ingolstadt. [^10]: Soit 4 divisions d’infanterie et la division de cuirassiers du général Saint-Sulpice. [^11]: Soit 4 divisions d’infanterie, les dragons de Bade et les chevau-légers de Hesse-Darmstadt. [^12]: La division de cuirassiers Saint-Sulpice, la division de grosse cavalerie Nansouty et les 6 régiments provisoires de cavalerie de la réserve (Bessières). [^13]: Voir la lettre précédente. [^14]: Il commande les contingents des petits duchés et principautés de la Confédération du Rhin. [^15]: C’est Masséna qui, le lendemain, lui prêtera l’un de ses chevaux : Patrice. [^16]: <span></span> Il avait été nommé le 30 mars à la tête de la 3<sup>e</sup> brigade de la 2<sup>e</sup> division (Friant) du 3<sup>e</sup> corps (Davout). [^17]: Il commande une division de 6 régiments de grosse cavalerie qui appartient à la réserve commandée par Bessières. [^18]: Expédition, comte Charles-André Walewski. Note sur la minute (Archives nationales, AF IV 880, avril 1809, n° 182) : « portée par son aide de camp ». [C 15081]</body>