CG9-20793.md

identifiantCG9-20793.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1809/04/10 00:00
titreNapoléon au général Bertrand, commandant en chef le génie de l’armée d’Allemagne
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG9</i> - 20793. - </b>Au général Bertrand, commandant en chef le génie de l’armée d’Allemagne</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 10 avril 1809<sup>[^1]</sup></h2><p>Monsieur le général Bertrand, j’ai reçu votre lettre du 7. Je suppose que celle-ci vous trouvera à Augsbourg. Pourrait-on mettre de l’eau dans les fossés de la citadelle d’Augsbourg ? Ne serait-il pas convenable de construire au pont de Neubourg une petite tête de pont, qui serait protégée par l’enceinte même de la place ? Cet ouvrage aurait l’avantage de flanquer toute la face. Ne serait-il pas convenable de fermer les batteries <i>M M,</i> de manière qu’on ne pût pas les tourner à la gorge ? Cela aurait l’avantage que, si l’ennemi passait le Lech, il ne pourrait pas s’avancer sur les troupes qui seraient dans l’enceinte de la tête de pont. Quelle est la partie des environs qui serait inondée, si les fossés d’Augsbourg étaient pleins d’eau ? Il me semble que le seul point attaquable d’Augsbourg est la hauteur du côté de la Wertach, ou bien de l’autre côté, du côté de Landsberg. Faites travailler avec la plus grande activité dans cette place, afin que, mon armée marchant en avant, je puisse y centraliser mes dépôts et que, avec un ramassis de 5 à 6 000 hommes qui se trouvent toujours sur les derrières d’une Grande Armée, je n’aie rien à craindre d’une division d’élite de l’ennemi de 15 à 20 000 hommes.</p><p>Je pense qu’il est inutile que vous alliez à Wurtzbourg. Il est plus utile que vous alliez à Ingolstadt. Mon intention est de mettre mes dépôts dans cette place lorsque je prendrai la ligne du Lech, et d’y laisser garnison.</p><p>Je vous ai envoyé, il y a peu de jours, des mémoires sur Passau<sup>[^2]</sup>. Il sera nécessaire que vous vous y rendiez pour voir ce qu’on peut faire. Faites reconnaître le cours du Danube depuis Donauwörth jusqu’à Passau, pour bien avoir la situation des rives, savoir s’il y a des ponts en bois ou en pierre, et quels moyens il y aurait de les défendre. Faites faire une reconnaissance particulière de Ratisbonne. Je lis dans votre lettre que les trois têtes de pont du Lech doivent être armées et terminées ; je voudrais qu’il fût possible d’établir de doubles têtes de pont sur les deux rives, d’abord pour s’en servir dans tous les sens, et pour que les troupes n’aient rien à craindre du premier cavalier qu’elles verraient sur l’autre rive ou du bruit d’une tentative de l’ennemi pour passer la rivière : c’est ce qui arrive ordinairement et rend peu utiles les têtes de pont, au lieu que, lorsqu’on est fermé de tous côtés, qu’on a des baraques et des vivres pour douze ou quinze jours, on a du sang-froid et le temps de voir. Bien entendu pourtant que la partie de la rive droite du Lech doit être la plus forte.<sup>[^3]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Napol</i></h3> [^1]: Napoléon a modifié la date du 9 avril en 10 avril 1809. [^2]: <span></span> Les travaux à effectuer à Passau avaient fait l’objet d’une longue note de Napoléon publiée dans la <i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup>, n° 14828. Voir également CG9-20733. Les Autrichiens s’emparent de Passau le même jour. [^3]: Expédition, collection privée. [C 15049]</body>