CG9-20733.md

identifiantCG9-20733.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1809/04/06 00:00
titreNapoléon au général Bertrand, commandant en chef le génie de l’armée d’Allemagne
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG9</i> - 20733. - </b>Au général Bertrand, commandant en chef le génie de l’armée d’Allemagne</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 6 avril 1809</h2><p>Je vous envoie un projet du général Chambarlhiac<sup>[^1]</sup>. 1<sup>o</sup> La manière dont il propose d’occuper le Spitzberg paraît défectueuse et contraire aux principes. Sur une étendue de 500 toises, il se trouve trois points attaquables ; il faut donc que ces trois points soient bien également fortifiés, et de plus ôter la crainte d’un débarquement, en gardant 400 toises de flanc du côté de l’Inn et 350 du côté du Danube. Il doit exister sur le Spitzberg un point culminant, soit au centre de la position, soit sur l’un des côtés. C’est sur ce point qu’il faut construire un fort fermé. Une fois ce fort construit, il n’y aura rien à craindre ; l’ennemi n’ira pas se placer entre le fort et la ville dans un rentrant de 400 toises ; il ne cherchera pas à débarquer par l’Inn ou par le Danube ; il serait foudroyé par ce fort et par l’enceinte.</p><p>2<sup>o</sup> L’enceinte. Il faut chercher à la fortifier. Une bonne demi-lune placée vis-à-vis une des portes, dans un endroit non dominé, flanquerait bien l’enceinte et favoriserait la rentrée des troupes. Il faut chasser les particuliers des tours de l’enceinte, dans lesquelles ils se sont établis, et armer ces tours avec du petit calibre.</p><p>3<sup>o</sup> Le Fuchsberg doit avoir une petite redoute de 2 à 300 toises de développement. Ce serait une position bien dominante, déjà favorisée par la disposition du terrain.</p><p>4<sup>o</sup> La tête de pont de l’Inn est nécessaire ; mais, puisqu’il est nécessaire d’occuper le Hammerberg, on ne voit pas pourquoi on se place du côté de gauche aux Jésuites et à droite à la Madeleine ; c’est exposer ces deux points à être attaqués par l’ennemi ; il paraît bien plus conforme aux règles de se placer comme nous l’avons tracé, de manière que toute cette branche soit flanquée par la tour n<sup>o</sup> 2 et par l’enceinte de la place. Il y a, du bord de la rivière au sommet de la redoute, 220 toises ; il faudrait que cela formât un seul front ; enfin il faut le tracer de manière qu’on soit défendu par la tour n<sup>o</sup> 2.</p><p>Même observation pour le Voglauberg.</p><p>Ainsi l’on voudrait que les deux redoutes du Voglauberg et du Hammerberg tirassent leurs défenses de la rive gauche de l’Inn, ou du moins des ouvrages qu’on établirait sur la rive droite et sur le bord de l’Inn ; qu’ils tirassent également défense du réduit, et que les palissades du chemin couvert fussent tracées de manière à n’être point attaquées et à faire un rentrant sur les bords de l’Inn.</p><p>Quant au réduit, il me paraît d’une figure bien bizarre ; il me semble qu’il serait possible de le simplifier dans son tracé. Pourquoi trois petits bastions, au lieu d’un beau front ? Je désirerais donc, 1<sup>o</sup> que les deux redoutes de Voglauberg et de Hammerberg, éloignées de 250 toises du réduit, tirassent leur défense des bords de l’Inn et du réduit même ; 2<sup>o</sup> que le réduit opposât un front simple de 200 toises, se fermant à gauche par des ouvrages et réduits. Le réduit, tel qu’il est tracé, n’offre pas assez de capacité. Qu’est-ce qu’un ouvrage qui n’a pas 40 toises de profondeur sur une longueur de 200 toises ? Cet ouvrage, ainsi étranglé, ne peut rien contenir. Il serait plus convenable d’embrasser toute la montagne. Si elle forme un trapèze, ainsi que l’annonce le dessin, il faudrait y tracer un triangle équilatéral de 150 toises de côté ; ce qui donnerait des défenses pour les lunettes.</p><p>Donnez des instructions là-dessus. Ce projet me paraît médiocrement conçu.<sup>[^2]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3> [^1]: <span></span> Chargé des travaux de fortification en Allemagne, notamment à Passau. Les travaux à effectuer à Passau avaient fait l’objet d’une longue note de Napoléon, publiée dans la <i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup>, n° 14 828. Les travaux avançant lentement, les Autrichiens s’empareront facilement de Passau le 10 avril. [^2]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 15022 (minute, Archives nationales, AF IV 880, avril 1809, n° 70). </body>