CG9-20618.md

identifiantCG9-20618.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1809/03/29 00:00
titreNapoléon à Murat, roi de Naples
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG9</i> - 20618. - </b>Á Murat, roi de Naples</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 29 mars 1809</h2><p>Mon frère, je reçois votre lettre du 20 mars. Tout pousse à la guerre. Le Prince de Neuchâtel est parti<sup>[^1]</sup>. Je n'ai pas cependant le projet d'attaquer, et je ne partirai moi-même que lorsque les hostilités seront à la veille de commencer<sup>[^2]</sup>. Mon armée d'Italie se concentre sur le Tagliamento et l'Isonzo. La division Miollis, dont le 23<sup>e</sup> léger et le 62<sup>e</sup> font le fonds, est nécessaire, ces deux régiments ont reçu ordre de partir de Rome pour Florence où ils se joindront avec les deux bataillons du 23<sup>e</sup> et les deux du 22<sup>e</sup> qui d'Ancône se rendent à Bologne. Ces dix bataillons formeront une belle division qui peut être utile à l'armée d'Italie. Si vous avez des forces napolitaines dont vous soyez sûr, il serait convenable que vous pussiez renforcer Rome d'un régiment et avoir quelques troupes sur la frontière du côté d'Ancône.</p><p>L'insolence du Pape<sup>[^3]</sup> lasse enfin ma patience, et sous peu je finirai cette mauvaise pasquinade<sup>[^4]</sup>.<sup>[^5]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Napol</i></h3> [^1]: Berthier, ancien major général en Espagne, depuis remplacé par Jourdan, était sur le point de rejoindre l’armée en Allemagne. [^2]: Elles seront déclenchées le 9 avril par les Autrichiens. Napoléon quittera précipitamment Paris le 13. [^3]: Pie VII. [^4]: <span></span> Murat écrivait dans sa lettre du 20 mars : « Je pense que si Votre Majesté se décide à la guerre, il serait peut-être prudent de mettre le Saint Père dans l’impossibilité de soulever ses États et de faire des folies dont je le crois très capable. » Les relations entre la France et le Saint-Siège s’étaient dégradées depuis qu’en 1806 Napoléon avait décidé d’inclure l’Italie toute entière, Rome comprise, dans le système continental visant à isoler l’Angleterre. Pie VII s’y étant refusé, Napoléon avait fait occuper progressivement la plus grande partie des États pontificaux, et Rome le 2 février 1808, l’État pontifical se limitant désormais à la cité du Vatican. Après le désarmement de sa garde, Pie VII avait répliqué, le 22 mai 1808, en interdisant à ses sujets de prêter serment aux autorités françaises. Depuis plusieurs mois déjà on disait sa chute imminente. La publication, le 10 juin 1809, de la bulle <i>Quem Memoranda</i> excommuniant l’Empereur pour riposter au décret d’annexion des États pontificaux du 17 mai décidera Napoléon à finir « cette mauvaise pasquinade » : Pie VII sera arrêté dans la nuit du 5 au 6 juillet et conduit à Savone. [^5]: Expédition, Archives nationales, fonds Murat, 31 AP 25, d. 479, p. 25.</body>
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