| identifiant | CG9-20591.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1809/03/28 00:00 |
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| titre | Napoléon à Daru, intendant général de l’armée d’Allemagne |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG9</i> - 20591. - </b>À Daru, intendant général de l’armée d’Allemagne</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 28 mars 1809</h2><p>Écrire ce soir à l’ordonnateur de la 5<sup>e</sup>
division<sup>[^1]</sup>
et au préfet<sup>[^2]</sup>
qu’ils prennent les mesures nécessaires pour faire partir, sous
vingt-quatre heures, pour Stuttgart, une compagnie de constructeurs,
dans laquelle il y ait 30 ou 40 hommes dont 3 ou
4 habiles à construire des fours. 150 boulangers, 50 au
préfet de Strasbourg, 50 au préfet de Mayence, 50 à
Colmar. Les préfets les engageront pour six mois. Ceux de Strasbourg
se mettront en marche, par division de 25, sur Stuttgart.</p><p>Écrire à l’ordonnateur, à Ulm, que je suppose
qu’il y a au moins dix mille quintaux de farine réunis à Ulm ;
qu’il se concerte avec les Bavarois pour les réunir sans délai ;
que, s’il n’a pas de boulangers, il en forme toujours quelques
brigades : les circonstances sont urgentes ; qu’il se
procure des bateaux pour transporter les vivres d’Ulm sur
Donauwörth.</p><p>Écrire, à Augsbourg, au commissaire des guerres
d’Oudinot<sup>[^3]</sup>
d’augmenter les magasins et de faire 100 000 rations de
biscuit et 100 000 rations de pain biscuité.</p><p>Expédier sur-le-champ un commissaire des guerres
avec des lettres de crédit du Trésor public pour 200 000 francs.
Réunir un million de rations en blé ou farine, mais le plus
possible de farine.</p><p>J’ai fait construire jadis des fours à
Donauwörth. Requérir les Bavarois et faire construire les fours à
Donauwörth. Il faut que, vingt-quatre heures après l’arrivée du
commissaire des guerres, il y ait 100 000 rations de farine
dans les magasins.</p><p>Voir les moyens de bateaux qu’on pourrait
trouver à Donauwörth, pour transporter sur le Danube. J’ai
ordonné un million de rations de biscuit aux autorités bavaroises ;
j’en ai demandé 200 000 à Passau, 200 000 à
Munich, 200 000 à Ulm, 200 000 à Augsbourg,
200 000 à Ingolstadt. Dire au commissaire des guerres que
je le suppose confectionnées. En activer la confection si elles ne
le sont pas, et avoir des moyens pour les faire filer par le Danube
sur Donauwörth.
</p><p>Le commissaire des guerres qui ira à Donauwörth
enverra à Ingolstadt.</p><p>Les deux cent mille rations de Passau seront mises
sous la protection du fort, si cela est nécessaire. Celles de
Munich, en cas d’événement, se dirigeront sur Donauwörth et sur
Augsbourg.</p><p>Activer toutes ces fabrications.</p><p>Outre le commissaire des guerres envoyé à
Donauwörth, envoyer l’ordonnateur Joinville. L’intendant général
lui fera connaître le secret de l’armée.</p><p>Si les Autrichiens attaquent avant le 10 avril<sup>[^4]</sup>,
l’armée doit se concentrer derrière le Lech : la droite
occupant Augsbourg, et la gauche la droite du Danube sur Ingolstadt,
Donauwörth.</p><p>Donauwörth doit être le point le plus central de
l’armée.</p><p>Ainsi donc recommander, si le cas arrivait, que le
biscuit d’Ingolstadt et Munich soit dirigé derrière le Lech.</p><p>Établir des hôpitaux à Usa, à Augsbourg, qui
sera toujours gardé, et à Donauwörth.</p><p>Le commissaire des guerres pourra porter les
200 000 francs en or dans sa voiture. Il portera des
lettres de crédit sur Augsbourg, si le ministre en a.</p><p>Il doit y avoir, à Donauwörth, le général
Monthion<sup>[^5]</sup>
au bureau d’état-major. Le major général<sup>[^6]</sup>
écrira au maréchal Davout<sup>[^7]</sup>
pour lui faire connaître l’existence de l’ordonnateur Joinville
à l’armée, et qu’il corresponde avec lui. Le cas d’un
mouvement rétrograde arrivant, le commissaire des guerres Joinville
devra se concerter avec le gouvernement bavarois pour frapper des
réquisitions sur Nördlingen, Donauwörth, Ulm, en arrière du Lech
et sur toute la rive droite du Danube ; se procurer, en payant,
des bateaux sur le Danube ; 200 000 francs seront mis
à sa disposition le 25 mai. J’aurai 1 000 marins<sup>[^8]</sup>.</p><p>Sans attendre les constructeurs, il fera
construire par les Bavarois à Ulm et à Donauwörth. Demander à
Augsbourg 20 000 quintaux de farine.</p><p>Il fera des marchés à Ulm pour une trentaine de
bateaux montés du nombre d’hommes nécessaire ; autant à
Donauwörth et autant dans l’intervalle. Il les louera à tant par
mois à dater du plus tôt possible.</p><p>Le principal est d’avoir à Donauwörth des
fours et des boulangers.</p><p>Le duc d’Auerstaedt<sup>[^9]</sup>
m’a mandé que 700 000 rations de biscuit étaient
dirigées sur Donauwörth : mais Dieu sait quand il arrivera?
</p><p>J’ai aussi ordonné à Ulm un magasin de soulier
et un magasin d’artillerie.</p><p>L’intendant général partira demain. Arrivé à
Strasbourg, il dirigera sur Ulm tous les souliers, tous les moyens
d’hôpitaux et tous les souliers qui appartiendraient aux corps.</p><p>Il favorisera les transports d’artillerie.</p><p>Il s’entendra avec les gouvernements de Bade<sup>[^10]</sup>
et de Stuttgart<sup>[^11]</sup>
pour établir des relais de Strasbourg à Ulm<sup>[^12]</sup>,
afin de porter rapidement les vivres que, une fois ces relais
établis, on ferait passer de Strasbourg.</p><p>Il ordonnera, à Strasbourg, la confection de
200 000 rations de biscuit. Il prendra des mesures pour
qu’il y ait à Strasbourg un approvisionnement de farine.</p><p> Je vois que, l’année passée, on avait de
Strasbourg à Ulm neuf relais ; on sera à temps d’en mettre
ensuite d’Ulm à Augsbourg<sup>[^13]</sup> ;
30 hommes par relais. Ce serait peu de chose ; il faudrait
en donner la moitié à l’artillerie.</p><p>L’intendant général fera les marchés et
payera.</p><p>Si les mêmes voitures pouvaient aller de
Strasbourg à Pforzheim en ayant quatre relais de chevaux, et tirées
par convois de trente, et de Pforzheim à Ulm, on y gagnerait
beaucoup de temps, parce que les mêmes voitures pourraient aller en
six jours de Strasbourg à Ulm.</p><p>On avait […] pour l’État de Bade. Jusqu’à
ce que ce soit organisé, on pourra requérir trois cents voitures
d’Alsace.</p><p>Si l’ennemi ne fait aucun mouvement, les troupes
doivent continuer à vivre, sauf à liquider avec les Bavarois.</p><p>Les Bavarois doivent former les magasins
d’Augsbourg.</p><p>Ceux d’Ulm et de Donauwörth à mes frais.</p><p>Quant aux souliers, on fera un marché de
100 000 paires à Strasbourg. Il faut les livrer par jour,
à raison de tant, à 1 000 paires par jour, si cela est
possible.</p><p>M. Daru prendra des renseignements pour savoir la
route qu’ont prise les 40 000 paires de souliers qui se
rendent à Augsbourg. Il est autorisé à les arrêter à Donauwörth.</p><p>M. Daru est autorisé à commander 50 000 paires
de souliers à Ulm et autant à Augsbourg, 100 000 paires à
Strasbourg ; cela ferait 200 000.</p><p>Je suppose que M. Daru trouvera au moins
50 000 paires de souliers à Strasbourg.</p><p>S’il y en a 40 000 paires en route
pour Augsbourg, qu’il fera arrêter sur le Danube, cela ferait
environ 300 000. J’ordonne au ministre de faire envoyer à
Strasbourg tous les souliers appartenant aux corps. Le million que je
demande à Strasbourg, pour le 1<sup>er</sup> avril, sera à la
disposition du major général pour l’artillerie et le génie.</p><p>Comme renseignement pour la suite : former un
atelier de confectionnement à Augsbourg et à Ulm.<sup>[^14]</sup></p><p><br/>
</p><p><br/>
</p><p><br/>
</p>
[^1]: À Strasbourg.
[^2]: Henri Shée, préfet du Bas-Rhin.
[^3]: Commandant le corps de réserve de l’armée du Rhin.
[^4]: Ils attaqueront le 9.
[^5]: Bailly de Monthion, chef d’état-major de Berthier.
[^6]: Berthier.
[^7]: Commandant en chef l’armée du Rhin, à Wurtzbourg.
[^8]: Sur le Danube, commandés par le capitaine Baste : voir, CG9-20349, 20426.
[^9]: Davout.
[^10]: Le grand-duché de Bade.
[^11]: Capitale du royaume de Wurtemberg.
[^12]: Quartier général du maréchal Masséna, commandant le corps d’observation du Rhin.
[^13]: Quartier général du général Oudinot, commandant le corps de réserve de l’armée du Rhin.
[^14]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée
par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 14965, d’après la copie communiquée par M. le comte Daru.</body> |
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