CG9-20534.md

identifiantCG9-20534.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1809/03/24 00:00
titreNapoléon à Regnaud de Saint-Jean d’Angély, président de la section de l’Intérieur du conseil d’État
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG9</i> - 20534. - </b>À Regnaud de Saint-Jean d’Angély, président de la section de l’Intérieur du conseil d’État</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 24 mars 1809</h2><p>Il convient de prononcer sans délai sur la question des petits séminaires. Le rapport du ministre des cultes<sup>[^1]</sup> sera envoyé au Conseil d’État, section de l’intérieur. La section examinera si l’on ne pourrait pas adopter comme bases du règlement les vues et les dispositions suivantes.</p><p>Indépendamment des séminaires métropolitains, il y aura un séminaire par diocèse.</p><p>Ces séminaires seront des écoles spéciales de théologie. On ne pourra y admettre que des élèves ayant, dans la faculté des lettres, les grades qui garantissent que les personnes qui en sont pourvues savent parfaitement le latin. </p><p>On pourra admettre dans les séminaires des jeunes gens qui n’auront pas été élevés dans l’Université, pourvu qu’ils aient obtenu les grades de l’Université. Cette disposition aurait pour objet de faciliter l’admission des neveux des curés. </p><p>Tout évêque ou homme charitable qui voudra fonder des bourses dans les lycées ou dans les écoles secondaires, pour des jeunes gens destinés à l’état ecclésiastique, en sera le maître. On pourra même, par une sorte de contrat avec les parents, régler une espèce de remboursement, dans le cas où l’élève renoncerait à l’état ecclésiastique. Ce genre de convention est assez commun pour les jeunes gens qui entrent en apprentissage. </p><p>L’Université peut facilement établir son autorité sur les petits séminaires actuellement existants, en les constituant écoles secondaires. Il semble qu’on ne devrait pas trouver tant de difficultés dans une question qui présente un moyen de solution si simple. En effet, si les prêtres ne veulent des petits séminaires que pour que les jeunes gens qui se destinent à l’Église apprennent les humanités et pour qu’ils soient élevés dans les principes religieux avec un peu plus de sévérité, ce but est parfaitement rempli en constituant écoles secondaires les petits séminaires, à l’existence desquels le principe de l’Université ne s’oppose pas. Mais, si l’on considère l’Université comme incompatible avec des idées de religion, et que ce soit en conséquence qu’on veuille l’indépendance des petits séminaires, c’est déceler des vues qu’on doit bien se garder de favoriser.</p><p>En constituant les petits séminaires écoles secondaires, on ne change rien à leur existence réelle, et ceux qui veulent qu’elles existent doivent être satisfaits ; on satisfait également ceux qui croient l’existence indépendante des petits séminaires contraire aux principes de l’organisation de l’Université. </p><p>Le règlement doit être rédigé de manière à ne pas donner ridée d’une précaution prise contre le clergé. Il faut au contraire lui donner une couleur de protection, et rendre très apparente l’intention où l’on est réellement de faire ce qui convient pour assurer au culte un nombre suffisant de ministres des autels.<sup>[^2]</sup></p><p><br/> </p> [^1]: Bigot de Préameneu. [^2]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 14951, d’après les Archives de l’Empire.</body>