CG9-20489.md

identifiantCG9-20489.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1809/03/22 00:00
titreNapoléon au général Bertrand, commandant en chef le génie de l’armée d’Allemagne
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG9</i> - 20489. - </b>Au général Bertrand, commandant en chef le génie de l’armée d’Allemagne</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">La Malmaison, 22 mars 1809</h2><p>Monsieur le général Bertrand, le bureau du génie à la guerre est composé d'hommes si médiocres que je ne comprends pas ce rapport. Voyez le bureau de la guerre, et faites-moi demain soir un rapport. Voici ce qu'il me faut : des outils pour les places et des outils pour la campagne. Les outils pour la campagne doivent être portés dans quarante-huit caissons attelés de six chevaux, ce qui fait 30 000 outils ; près de 300 chevaux et 180 à 200 hommes sont donc nécessaires. Comme j'ai ordonné que les compagnies de pionniers eussent un certain nombre de caissons, il faut voir si les compagnies qui sont à l'armée peuvent fournir ces quarante-huit caissons, afin de ne rien faire d'extraordinaire hors de l'organisation que j'ai arrêtée il y a quelques mois. Il faut ensuite des outils pour les places et sur les derrières. Il est de principe, et vous devez tenir la main à son exécution, que les outils de campagne ne peuvent dans aucun cas être employés pour les places ; ce sont des ressources dont je veux pouvoir me servir la veille d'une bataille, ou dans les huit jours qui précèdent des événements importants. J'ai besoin d'outils sur les derrières, de 6 000 à Passau et de 6 000 à Augsbourg. Ceux-là n'ont pas besoin d'être attelés, et, à mesure qu'on marcherait, on ferait avancer ces outils, soit sur le Danube, soit ailleurs, par des voitures de réquisition. Assurez-vous donc que le colonel Blein<sup>[^1]</sup>, votre chef d'état-major, se rend à Strasbourg avec les officiers du génie qu'on pourra se procurer en France. Établissez votre correspondance avec les généraux Tousard, Chambarlhiac, Andréossy et Lazowski<sup>[^2]</sup>, et préparez des mesures pour que, sans délai et sans compter sur les ressources de l'Espagne, vous ayez quarante-huit caissons attelés de six chevaux, 200 hommes du train et 30 000 outils, indépendamment de 12 000 outils pour Augsbourg et Passau. Il faut que demain mon décret soit pris et le service organisé. Je dois avoir à l'armée d'Allemagne…<sup>[^3]</sup> compagnies de mineurs et quinze compagnies de sapeurs. Je crois avoir donné des ordres pour que toutes les compagnies de sapeurs qui étaient à Dantzig, Stralsund<sup>[^4]</sup> et dans toutes les places de l'Oder, se repliassent sur Bamberg<sup>[^5]</sup>. Voyez cela chez le major général<sup>[^6]</sup> et chez le ministre de la Guerre<sup>[^7]</sup>, afin que ces ordres soient donnés sur-le-champ, s'ils ne l'avaient pas été. Ces quinze compagnies doivent être toutes disponibles pour l'armée active.<sup>[^8]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3><h4 style=""><br/> <br/> </h4> [^1]: Il vient d’être nommé chef d’état-major du génie en Allemagne. Voir, CG9-20457. [^2]: Les généraux Chambarlhiac, Lazowski et Tousard commandaient respectivement le génie dans les corps Oudinot, Masséna et Davout. Andréossy venait de rentrer de Vienne, où il était ambassadeur, et il allait rejoindre l’armée en Allemagne. [^3]: Le nombre de ces compagnies de mineurs est resté en blanc sur l’original. [^4]: Capitale de la Poméranie suédoise. [^5]: Où se trouve le gros de l’armée du Rhin (Davout). [^6]: Berthier. [^7]: Clarke. [^8]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 14942, d’après l’expédition communiquée par le général Henry Bertrand (minute, Archives nationales, AF IV 879, mars 1809, n° 291).</body>