CG9-20483.md

identifiantCG9-20483.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1809/03/21 00:00
titreNapoléon à Joseph, roi d’Espagne
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG9</i> - 20483. - </b>À Joseph, roi d’Espagne</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">La Malmaison, 21 mars 1809</h2><p>Mon frère, je reçois votre lettre du 11 mars. Tout ce qui arrive en Galice est la faute du duc d'Elchingen<sup>[^1]</sup>, qui a établi son quartier général à la Corogne au lieu de le placer dans une position plus centrale, à Lugo par exemple, et même plus près de la frontière. La Corogne et le Ferrol n'auraient dû être occupés que par des têtes de colonne<sup>[^2]</sup>.</p><p>Je suppose que, dès que le maréchal duc de Bellune<sup>[^3]</sup> aura commencé son mouvement<sup>[^4]</sup>, vous l'aurez fait appuyer par tout ce que vous avez de disponible. Vous avez à Madrid la division Sebastiani, la division Dessolle et les Polonais. Il faut avoir soin que le duc de Bellune ait ses trois divisions et celle du général Leval toutes entières. Ce maréchal aura besoin en Andalousie de beaucoup de cavalerie ; elle lui sera d'autant plus nécessaire que l'ennemi en aura peu à lui opposer, et que, si les Anglais y ont quelque infanterie, ils ne peuvent y avoir de cavalerie.</p><p>Toutes mes troupes sont en Allemagne : le duc d'Auerstaedt<sup>[^5]</sup> est à Wurtzbourg avec l'armée du Rhin ; le prince de Pontecorvo<sup>[^6]</sup> est à Dresde ; le maréchal duc de Rivoli<sup>[^7]</sup> est à Ulm avec l'armée d'observation du Rhin ; le général Oudinot est avec son corps<sup>[^8]</sup> sur le Lech ; les Bavarois occupent l'Inn ; mon armée d'Italie est réunie sur le Tagliamento. Une fureur guerrière inconcevable s'est emparée de l'Autriche ; ils ont touché les subsides de l'Angleterre, et, au milieu de ces préparatifs de guerre, les communications des deux cabinets continuent sur un pied pacifique, et l'on nous croirait les meilleurs amis du monde<sup>[^9]</sup>. La Russie prend fait et cause pour moi<sup>[^10]</sup>. Mais la cour de Vienne se trouve hors de ses mesures, et, comme celle d'Aranjuez<sup>[^11]</sup>, elle est entraînée par une faction plus puissante qu'elle-même<sup>[^12]</sup>. </p><p>Mes équipages sont partis, et cependant je n'ai pas encore le projet déterminé de partir. Il a fallu que je remonte mes équipages d'artillerie, mes transports militaires, une partie de ma cavalerie, pour combler le déficit que les affaires d'Espagne m'ont causé. Tout cela me jette dans des dépenses énormes.</p><p>Menez un peu vivement vos affaires, car les chaleurs vont bientôt commencer. Les fortifications de Madrid doivent bientôt être en état : ainsi, au pis-aller, 2 000 hommes doivent bientôt n'avoir rien à craindre à Madrid.<sup>[^13]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Napoléon</i></h3><p><br/> </p> [^1]: Ney, qui commande en Galice. [^2]: Par cette lettre du 11 mars, Joseph informait son frère de la difficile progression du maréchal Soult en direction du Portugal. [^3]: Le maréchal Victor. [^4]: Il avait été chargé de franchir le Tage et de se porter en Andalousie. [^5]: Davout. [^6]: Bernadotte commandait le corps d’armée des villes hanséatiques. Il avait reçu l’ordre de se porter sur Dresde. [^7]: Masséna. [^8]: Le Corps de réserve de l’armée du Rhin. [^9]: Ce n’était pas tout-à-fait exact : voir le compte rendu de l’entretien Champagny/Metternich du 2 mars (CG9-20209) et le texte de la note adressée le 10 mars par Champagny à Metternich (CG9-20162). [^10]: Voir, CG9-20472. [^11]: Allusion à la famille royale espagnole, à la veille de sa chute. [^12]: <span></span> La minute (minute, Archives nationales, AF IV 879, mars 1809, n° 271) publiée par la <i>Correspondance</i> porte en plus « elle a cela de commun avec les autres ». [^13]: Expédition, Archives nationales, 400 AP 11. [C 14936]</body>