CG9-20370.md

identifiantCG9-20370.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1809/03/14 00:00
titreNapoléon à Maximilien Ier Joseph, roi de Bavière
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG9</i> - 20370. - </b>À Maximilien Ier Joseph, roi de Bavière</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Rambouillet, 14 mars 1809</h2><p>Monsieur mon frère, je reçois la lettre de Votre Majesté du 4 mars. Votre Majesté aura reçu, depuis, la mienne, qui lui aura fait connaître les positions que je désirais que prissent ses troupes<sup>[^1]</sup>. Je dois lui parler franchement. Si la guerre a lieu, ses troupes doivent agir sérieusement. Le Prince Royal, quelque privilégié qu'il puisse être de la nature, n'a jamais appris ni fait la guerre, il ne peut la savoir<sup>[^2]</sup>. Ce serait donc me priver de l'utilité que j'attends de vos 40 000 hommes que de ne pas mettre à leur tête un homme sûr et ferme. J'ai nommé pour les commander le maréchal duc de Dantzig<sup>[^3]</sup>, qui est un vieux soldat. Les troupes bavaroises sont aujourd'hui trop nombreuses et les circonstances sont trop graves pour que je dissimule ma pensée à Votre Majesté. Quand le Prince Royal aura fait six ou sept campagnes dans tous les grades, il pourra les commander. Du reste, il est facile de se tirer de là : le Prince Royal pourra venir avec moi<sup>[^4]</sup> ! J'ai ordonné qu'une estafette fût établie de Paris à Munich, afin d'être instruit le plus promptement possible. J'ai fait connaître à Votre Majesté les dernières dispositions que j’ai arrêtées : Bamberg, Wurtzbourg, Bayreuth, Augsbourg sont les points de réunion de mes troupes. Du 20 au 30 mars, mes armées seront concentrées ; toutes les troupes de la Confédération seront également réunies et prêtes à recevoir les Autrichiens, s'ils se présentent. Le maréchal duc de Rivoli<sup>[^5]</sup> sera rendu pour la même époque à Ulm. Les nouvelles de Russie sont toujours les mêmes. L'empereur de Russie<sup>[^6]</sup> est indigné de la conduite de l'Autriche et fait marcher des troupes<sup>[^7]</sup>. Le colonel Gorgoly, aide de camp de ce prince, qui arrive à l'instant, m'apporte de nouvelles assurances de ces dispositions.<sup>[^8]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Napolé</i></h3> [^1]: Voir, CG9-20227. [^2]: <span></span> Maximilien-Joseph voulait donner le commandement du contingent bavarois à son fils âgé de 24 ans, le prince Louis-Charles-Auguste (le futur Louis I<sup>er</sup> de Bavière, de 1825 à 1848). Connu pour ses opinions antirévolutionnaires et antifrançaises, il passait pour le chef de file, à Munich, d’un parti austrophile minoritaire. [^3]: Le maréchal Lefebvre. [^4]: Le maréchal Lefebvre lui confia le commandement d’une division et n’eut qu’à se féliciter de son choix. Napoléon lui-même lui écrivit pour le remercier de ses services dans la campagne de 1809 (voir ci-dessous, lettre du 21 novembre 1809 à Louis-Charles-Auguste, prince royal de Bavière). [^5]: Masséna. [^6]: <span></span> Alexandre I<sup>er</sup>. [^7]: Napoléon assurait qu’elles se dirigeaient vers la frontière hongroise (voir, CG9-20260). Alexandre, en réalité, était beaucoup plus circonspect que Napoléon ne l’affirmait et ne voulait le croire. [^8]: Expédition, Staatliche Archive Bayerns, BayHSTA, MA 14, fol. 16. [C 14901]</body>